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DUBUC'S BLOG - Page 5

  • Une semaine ordinaire en 2015

    L'année avait commencé dans une normalité absolue, une fois digérés saumon et foie gras, le tout arrosé de quelques bulles. La semaine avait commencé, tranquille, par l'un de ces petits matins de janvier, froids, humides et moches. Janvier, quoi. Les sapins déplumés sur les trottoirs. La reprise, les voeux, les Bonnannéemachinetsurtoutlasanté... Le scooter filait dans les rues de Paname. Sols luisants, petits matins. Réouverture des emails, reprise des activités, business as usual. Une semaine de janvier déjà brutalisée par quelque mauvaise nouvelle. Business not as usual, quand même. 

    Plongée dans le flux de tweets à la recherche de choses futiles, et des mots en vrac, Charlie, fusillade, morts. Des chiffres qui tombent. On n'y croit pas. Depuis quand doit-on croire tout ce qui se murmure, se gazouille, se colporte, circule, buzze sur les  Internets? Le bruit devient info. Gravé dans le marbre. Sûr, vérifié, glaçant, implacable. La grosse baffe, le coup de matraque, l'impact dans le plexus qui coupe le souffle. Sans image. Irréel.

    Le temps se suspend, s'étire. Le monde est flou. Juste strié de mauvaises fulgurances, de ces dépêches qui tombent. Faits avérés. 

    Je me souviens avoir conférencé cet après-midi là. Parlé d'un leader, d'un gourou, d'un presque Dieu, Steve Jobs. D'avoir tenté d'intéresser un auditoire absent, alors que tombaient dans les fils d'info des noms familiers, des noms qui évoquaient l'adolescence, le fun, la légèreté, le rire... Des noms qu'il devenait impossible de prononcer sans que la voix ne se brise. Fin de conférence en roue libre devant public en roue libre. Les esprits ailleurs, absents.

    La télé calée sur les chaînes d'info en continu, qui mettent en images les mots lus et relus depuis la fin de la matinée. Il fait nuit, il fait froid, l'hiver est encore plus moche que d'habitude. Assis, sidéré, tétanisé. Hypnotisé par les images. 

    Sale nuit.

    Sale semaine qui se poursuit, dans un petit coin de campagne à 100 kilomètres de Paris. Une église. Le froid. La boue. La flotte. L'adieu à un ami. Rien à voir avec Charlie, juste les circonstances. La nuit tombe vite, la route vers la capitale est encombrée. France Info parle de traque. Il flotte toujours. Nuit. Re-nuit. On se met au chaud, on rallume la télé, mauvaise idée. On tourne en rond. On ressasse. On flippe.  On repense aux sirènes sur le périph, on tweete, on est en vrac. 

    Le jour finit par se lever. Toujours cette sensation étrange d'être en apnée. Les news tombent. Les première images. Des plans fixes, interminables. Du non-cinéma. Un mauvais film d'art et essai. Et les assauts, filmés au zoom, de très loin. On est hypnotisés une fois de plus, un oeil sur l'écran du mobile, l'autre sur celui de la télé. Clap de fin. 

    Fin de semaine, dimanche ensoleillé. 2 heures pour faire 400 m à pieds, pour tenter de rejoindre République. Métros blindés. Traversée de Paris à pieds au retour, avec pote de 30 ans. Dernières photos. 

    On laisse du temps au temps. On laisse la mémoire s'éroder tranquillement. 

    Jusqu'à cette fin de semaine de novembre. Novembre, autre mois moche, gris, humide et froid.

     

     

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  • Lemmy

    Motörhead est aujourd'hui patrimonial. Et pour être franc, je suis venu à Motörhead un peu sur le tard. Ou j'y suis revenu. Ou j'ai été prisonnier de certains carcans mentaux de l'adolescence qui m'ont fait négliger le metal, à l'époque. Parce qu'on ne pouvait pas écouter du punk et du hard rock, Parce que ça n'était juste pas possible. Parce qu'on devait être Rock&Folk ou Best. Parce ce que YouTube n'existait pas. Parce que la musique n'était souvent que papier, au travers des récits de Garnier, Manoeuvre et compagnie. 

    Mais No Sleep Till Hammersmith, Ace of Spades, Saint Valentine's Day Massacre, l'EP avec les moches de Girlschool, sont tant d'images qui restent gravées dans des pans de mémoire d'adolescence.

    Quelques années plus tard, Napster, Kazaa, les bit torrents ont permis des sessions de rattrapage, intensives. YouTube a comblé les vides, mis des images sur les sons. 

    Le temps a passé. Les gloires éphémères se sont volatilisées. Les modes aussi. Nos rockers, ceux qui ont passé l'âge fatidique de 27 ans, se sont tranquillement embourgeoisés. Jusqu'à parfois l'absurde. Vacances, santé, plans de carrière, sécurité. On fait du rock comme un job ordinaire, quelques tatouages en plus. Les vieux rockers se produisent sur scène, sortent des albums. Remplissent les stades. On se demande parfois, s'il ne faudrait pas vendre un rein pour assister à ces shows parfaits aux effets spéciaux surgonflés, dans ces arènes où la moindre bouteille d'eau se voit délestée de son bouchon et où la législation anti-tabac expose tout un chacun aux effluves sui generis de son prochain. Bref, on s'emmerde au prix fort pour aller écouter U2, Coldplay ou Beyoncé. Voire Deep Purple.

    Une idée de rébellion qu'incarnait le rock est morte et enterrée. Même si le 13 novembre a tragiquement réveillé la flamme. Paradoxe, Motörhead devait jouer à Paris le 15, concert annulé. Mais Lemmy ne jouera plus à Paname. Cette fois-ci c'est définitif. Le crabe l'a eu. Foudroyé. Crac. En 3 jours à peine. Une mort presque normale. Pas de "longue et douloureuse maladie", un truc rapide, comme l'avion de Buddy Holly, le camion de Duane Allman. Pas de Mark Chapman, pas de coups de flingue. Killed by Death, comme il le chantait. La Mort a fini par l'avoir. Au bout de 70 ans. 

    Quand on réécoute Motörhead, à donf comme il se doit, il y a le bruit et la fureur, sans artifices. Guitare, basse, batterie, attitude. L'essence du rock'n'roll. L'alpha et l'omega. Le Yin et le Yang. Et le sentiment d'urgence permanente. 

    Les t-shirts Motörhead vont resurgir sur les torses siliconés de fashonistas. Tout comme hier elles portaient les couleurs des Ramones. 

    Pendant ce temps, on va ressortir la bière, on va boire du lourd, on mettra le son sur 11. Et on braillera Ace of Spades d'une voix éraillée. 

    Et ça sera juste et bon. Et on fera cela en mémoire de lui. 

    A la tienne, Lemmy.

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  • Merci pour ces moments

    Comme promis dans le post précédent, en vrac sans hiérarchie, de mémoire (enfin presque)... mes beaux moments de 2015: 

    Interstellar, revu deux fois de suite. Emotion, prise de tête, beau.

    Fauve, nouvel album, Olympia, Rcok en Sein et clap de fin au Bataclan.

    Fuzz, grosse baffe dans la tronche, Route du Rock et Rock en Seine, du gros rock, du gros son, et cadeau de Noël.

    Savages, Route du Rock, en noir et blanc, ferveur chamanique, sensualité envoutante.

    Star Wars VII, retour aux sources, retour à l'esprit des origines de l'épisode IV, j'ai à nouveau 14 ans.

    Aarto Paasilinna et son humour ravageur, belles heures de lecture, Le Fils du Dieu de l'Orage, entre autres.

    Mad Max Fury Road, grosse claque visuelle, reboot complet de la saga. Bruit et fureur.

    Je suis Pilgrim, le thriller qui tue, 900 pages trépidantes.

    Shaun le mouton, Wallace et Gromit, l'univers magique du Studio Aardman aux Arts Ludiques.

    Father John Misty, crooner morrisonien, Route du Rock, l'attitude, les mélodies, le charisme.

    Pete et Carl, bordéliques et imparfaits, Rock en Seine.

    Le retour du Chat du Rabbin, et la magie intacte de Joann Sfar,

    Millenium 4, malgré la hype, malgré le sacrilège commis en l'absence de Sieg Larsson retenu dans l'au-delà.

    Springsteen, The ties that bind, The River, I come from down in the valley... Le Boss, encore et toujours.

    Le retour des Cowboys Fringants, plus en forme que jamais, Octobre.

    Republik, le retour de Frank Darcel, Rock in Rennes.

    Daho à Rock en Seine et des classiques revisités avec fièvre.

    FFS, Franz Ferdinand, Sparks, magie autant sur scène que sur album.

    Jeanne Added, interprétant Bowie dans le spectacle de Decouflé, ou les titres de son propre premier album.

    Comme un avion, le cinéma simple et frais de Bruno Podalydès.

    Homeland, saison 5.

    Game of Thrones, saison 5.

    Sicario, Good Kill, des flingues, des narcos, des drones, des jihadistes. Du ciné glaçant et efficace. 

    Les Fauvettes, y revoir Blade Runner et Alien sur grand écran.

    Les Tontons Flingueurs en salle sur grand éccran, moment culte.

    Flavia Coelho, live à Rabat. Magique.

    Traverser Paris en roller, quand il n'y a encore personne dans les rues.

    Entendre El Mariachi dans un rade mexicain au fin fond du Morelos.

    Ecouter de la salsa à Santa Cruz de la Sierra.

    Le retour de la vengeance du blog de Yoda, version papier. Joie.

    Le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas, deuxième édition.

    ...

    J'en oublie. Probablement. La mémoire est traitresse. 

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  • Fin d'année

    Quelle année... Qui commence dans le sang alors qu'on ne demandait rien à personne. Qui se termine dans le sang. Ou presque. Enfin c'était il y a presque 6 semaines. C'est déjà presque loin, ça commence tout doucement à s'estomper. Tout comme Charlie. Quoique. Janvier et ses courtes journée, janvier et son petit froid, sa pluie. Janvier et ses journées glauques. Janvier. Et ce soir de novembre, où Twitter t'apprend que ça tire dans Paname. Et... La suite est connue. Les impressions du moment et de  l'après, je les garde. 

    Faire un bilan, faire le tri. Ne garder que les jolies choses. Les choses fortes. Réconfortantes. Les concerts, les festivals, les films, les livres, les séries, les rencontres, les bonnes choses, un paysage, une image, un rire, un instant de plaisir. Se remémorer tout ça, ne garder que ça. 

    Voila le programme.

    Pour repartir tout fringant vers 2016. La truffe humide, l'oeil vif, la queue frétillante (métaphore canine que les choses soient claires). 

    A part ça, que retenir, sans tenter le best of à la con, meilleur album, meilleur concert, meilleur film, meilleur livre... 

    Juste une liste en vrac de moments... Pour le prochain billet. #flemme (prononcer "hashtag flemme" en faisant le signe avec les doigts croisés...)

    A+

    Mr Dubuc

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  • Rock'n'roll attitude

    Musique avant tout. Musique à fond. Partout, tout le temps. Depuis longtemps. Faire du bruit. Mettre tous les curseurs sur 11. Coller tous les niveaux dans le rouge. Danser comme un fou devant la scène. Ivre de sons, ivre de bière. Pogoter sur 3 accords. Jouer de l'air guitar les yeux fermés. Tenter de chanter plus fort que les Marshall. Se faire péter les cordes vocales en braillant Highway to Hell ou Stairway to Heaven. Secouer la tête à s'en déboîter les cervicales. Rester debout des heures. Sauter en l'air. Tendre le majeur vers le ciel. Lever le poing. Index et auriculaires tendus. Onduler avec ses frères et soeurs de concert juste quelques heures. Etres ébloui par les projecteurs. Sous la pluie. En plein soleil. Dans un stade, une arène, un champ, un parc, un club, un bar. Moments inoubliables. Moments de folie pure. Moments de communion. Moments d'émotion. Moment de délire. Moments juste beaux. 

    La folie avinée des Pogues. La folie pétique d'Higelin. Les harmonies des Fleet Foxes. Les riffs d'Angus Young. Les rythmes martiaux de Rammstein. La furie électrique de Neil Young et Crazy Horse. Le gigantisme de Pink Floyd à Versailles. Le Mur de Roger Waters. Le mur de son des Queens of the Stone Age. La déglingue d'Iggy et des Stooges. La voix incertaine de Rodriguez. Les nuits Fauve au Bataclan. Le jeu de guitare de Willie Nelson. L'épure d'Eyeless in Gaza. Le picking de Mark Knopfler. Les Shiny Happy People de REM. Le Karma Police de Radiohead. Les trois heures de Springsteen qu'on aimerait voir durer encore et encore. Le bordel des Libertines. L'araignée de Robert Smith. La voix de Siouxsie. Les mélodies des Bewitched Hands. Le délire communicatif de Didier Wampas. Le weekend à Rome de Daho. Les harangues de Jello Biafra. Le blues crade de Seasick Steve. Les cheveux d'Alison Mosshart. La magie des Sparks. Les yeux d'Anna Calvi. Quelques souvenirs en vrac. Il y en a tant d'autres.

    On fait quoi maintenant? On y retourne. On y retournera. Pour le fun. Pour la joie. Pour être ensemble. Parce que c'est léger. Parce qu'on a besoin de cette légèreté dans un monde qui part en vrille. 

    Mais on gardera inscrit quelque part, gravé dans la chair, imprimé dans la mémoire, ce putain de 13 novembre 2015. On chialera en silence. On pleurera notre innocence définitivement perdue. On se regardera. On regardera l'autre, on ne sait jamais. On aura ce petit pincement quelque part. Et si... Difficile d'évacuer. Les salles de concert, les festivals. Tous les lieux que ces crevards frustrés, aux cerveaux abominablement lavés aux croyances moyen-âgeuses, rêvent de voir effacés. Au nom de quoi? Au nom de qui? Dieu, Yahvé, Allah s'en battent les cojones. Ils ont créé l'Homme libre. Pour qu'icelui ait la latitude de ne pas croire en eux, les gars. What else? What the fuck?

    En attendant, messieurs-mesdames les talibans, Hey Hey, My My, Rock'n'Roll Will Never Die.

     

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  • #np Hinds "Garden"

    Hinds, découvertes elles aussi à la Route du Rock, un groupe frais, un peu approximatif mais attachant. Impression confirmée par ce nouveau titre, un peu lo-fi, un peu garage. Sympa et qui met de bonne humeur.


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  • #np Savages "The Answer"

    En prélude du nouvel album qui sortira en janvier 2016, un nouveau titre de Savages, à jouer TRES fort. Toujours sous le charme du show intense de la Route du Rock. 

    Enjoy!


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  • -M-, son labo, ses rêves

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  • The Libertines dans le Grand Journal

    J'y étais... Un titre Gunga Din, une interview avec question surréaliste d'Augustin Trappenard (à qui il faudrait proposer l'équivalent des Dédéfis, ce petit jeu entre les Garriberts et Dédé Manoukian lors de la Nouvelle Star, histoire de pousser plus loin le délire de name dropping, emploi de mots savants et concepts improbables). Applaudissements. Poésie, Melun, drogue... Réponses en vrac. Poli et bordélique. Et c'est fini. Re-applaudissements. Générique de fin. Et cadeau, un deuxième titre. What Katie did. Pas vraiment calé, à peu près accordé. Libertines, quoi. 

    [A part ça, frustration du blogueur quand il apprend que smartphones, machins électroniques de toutes sortes sont interdits de séjour sur le plateau... Pas de tweets, pas d'Instagram, pas de Vine... Coupé du mooooonde!]

     

     
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  • Buzz, argent du buzz et showbiz

    Le showbiz est un monde impitoyable. La musique est un monde impitoyable. Les médias sont un monde impitoyable. Que faire pour attirer l’attention? Aller sur les Internets? Mais les Internets sont peuplés d’individus qui recherchent le buzz. Attention whores prêts à tout. Tout faire pour exister. Même de la télé réalité. Même tuer des chatons ou des pandas roux. Même dire que la France est un pays de blancs. Même dire qu’on aime Youssoupha. Même inviter les penseurs de l’impensable sur un plateau télé pour mettre des mots sur ce qui ne se dit pas. Un discours de Vérité, quoi. Bref, le buzz buzze. Même chez les décérébrés tout en seins, tatouages et muscles, chtis et marseillais aux 40 mots de vocabulaire. Bref ça buzze. Et Morandini rebuzze. Et Trierweiler change de look. Et Kim Kardashian kardashiane, faute de mieux. Et les foules sentimentales, qui n’ont plus trop soif d’idéal n’en déplaise à Souchy et Voulzon, zappent d’un buzz à l’autre sans transition. Trankill, OKLM

    Dans le bordel ambiant, comment faire savoir qu’on est là? Comment avoir son 1/4 d’heure warholien quand tout le monde le recherche en même temps?

    J’ai reçu il y quelques mois un mail. Belza me sollicitait pour diffuser son clip. J’aurais pu ne pas voir le mail. Il aurait pu atterrir dans la boîte à spam. Le message était marrant. La vidéo marrante elle aussi. Et tellement paradoxale. Une chanson sur le buzz et l’abus du buzz, et le buzz pour le buzz, et une fille qui demande le buzz et l’argent du buzz. Tout en voulant faire le buzz. Idée amusante. D’autant plus que dans la conversation, Belza cite Barthes, Brel et Piaf. Alors jouons le jeu.  


     

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