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DUBUC'S BLOG

  • De la culture avant toute chose

    Je me suis surpris à me mettre à écouter France Culture. Pas depuis des siècles, non plus. D’abord par curiosité, parce qu'un peu lassé des matinales d'info. Après des années de France Inter, des années de France Info, des années à tenter d’échapper au tunnel de pub tonitruante. Quand il fait encore un peu nuit, autour de 7h00, quand les yeux ne sont pas encore totalement ouverts, quand l'esprit est en train de regagner son enveloppe terrestre, pas d’envie de se prendre dans la tête dès le réveil la laideur du monde. Un petit shoot de FranceCul le matin ne peut nuire. Ou un peu de Rage Against The Machine. C’est tout aussi segmentant… mais moins apprécié des adeptes des réveils en douceur.

    Aaaaaaaah, la culture. Ce petit détail qui change tout. Cet éclairage de l'âme. Cette petite chose qui nous rend plus humains. Et plus à même de tenter de comprendre le monde, devenu si complexe. Ce monde que d'aucuns tentent de nous enjoindre de ne voir que d'une seule façon, version monochrome, rouge sang ou brun-feldgrau. Noir ou blanc, choisis ton camp camarade. 0 ou 1. Vision binaire. Qui n'est pas avec nous est contre nous, nous vaincrons car nous sommes les plus forts, Dieu avec nous. Pauvre Dieu, mis à toutes les sauces. Il doit se gratter l'arrière de son majestueux occiput se demandant si vraiment, toute cette affaire de Création ça valait le coup. En même temps, 6 jours, c'était peut-être un peu ambitieux. Il aurait peut-être dû bosser le dimanche, histoire de passer au contrôle qualité. Quoique... Plaisanter à propos de l'Eternel, par les temps qui courent devient un exercice délicat. Mais pour bien rire de tout, il faut un substrat culturel minimal. 

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  • Niki Niki, pop synthétique aérienne

    Résumé en mode gonzo du concert de NIKI NIKI au Pop up du Label... Un nom de lieu improbable. je me fais à chaque fois la même réflexion, il faudra qu'on m'explique. On gèle dehors, la traversée de Paname en scooter - lequel porte la vignette de la bonne couleur certifiant que son pilote a obtenu moyennant le prix d'un demi le droit de contribuer à la pollution ambiante. Mais je l'égare et m'éloigne de mon sujet initial - la traversée de Paname via une rive droite embouteillée à mort comme il se doit, est une petite épreuve, les extrémités perdent le sens du toucher, se raidissent, bref encore quelques minutes et on sort la lame chauffée à blanc pour amputer... Le moindre interstice entre deux vêtements laisse passer un petit filet d'air froid fort déplaisant. Il y a aussi des mecs qui dorment dans la rue. Et dont on se rappelle l'existence une fois par an. Avec une mauvaise conscience vite effacée. Mais de quoi on cause? J'étais parti pour parler d'un concert et je me découvre à gloser sur le froid, avec ma conscience slacktiviste... Tsss, tsss, Mr Dubuc, il faut te resaisir! Tout ça pour dire que tu t'es pelé pendant 30 minutes et que tu vas te mettre au chaud dans un bar. Une pinte de Grolsch pour ouvrir les chakras et les portes de la perception. Une deuxième, peut-être. Pour s'engourdir. Et se laisser porter par le son, la vibe, le beat...

    Ca c'est l'intro, la mise en condition, la contextualisation. Hunter, t'aurais fait quoi? 

    Les vidéos de NIKI NIKI sur grand écran. Juste avant le show sur la mini scène. Le trio, sapé classe, Agnès B. Pierre, Jacques, Mélodie. Il y a le look. Le style. Il y aura la musique. NIKI NIKI, c'est un mélange de sons synthétique, de lignes de basse rondes, et de sons de guitare pleins de réverb. On se ballade du côté de London Grammar, pour la partie contemporaine. Une touche de M83 aussi. On est aussi chez Cocteau Twins et This Mortal Coil. NIKI NIKI est un groupe fondamentalement moderne, sans nostalgie pop d'un monde passé. C'est un groupe actuel, un son actuel. Et pourtant, il y a dans son univers des ingrédients qui évoquent des souvenirs agréables. La voix de Mélodie envoute. Le show est minimaliste, la taille de la scène l'impose. NIKI NIKI est la révélation d'un univers dans lequel on envie de se plonger. Pour échapper à l'hiver glacé. 

    Place au son :

    NIKI NIKI 1er EP "Glorious Dayz" chez tous les bons disquaires, plateformes de streaming, etc.

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  • Enfin, l'album de l'excellent Guillaume Stankiewicz

    Guillaume Stankiewicz est un orfèvre. Un pur artisan qui aime les chose belles et bien faites avec un goût inné pour la précision et la beauté des mots. Cet album est à son image. Apaisé. Chic dans sa sobriété. Il ne fait pas de bruit. Il s'immisce dans nos têtes avec son sens de la mélodie. Et son amour de l'écriture. Il faut se laisser emporter par sa poésie. C'est impératif. Ca change des rimes pauvres, des clichés, du prêt à porter, de la musique d'ascenseur ou de supermarchés. Il y a tant de musique partout qu'on ne l'entend plus. Alors tant qu'à faire, autant essayer autre chose. Revenir à l'essentiel, à la parole, aux mots, simples. Guillaume Stankiewicz, est un artiste exigeant, même s'il se laisse aller de temps à autres à une reprise de Magnolias For Ever. Qu'il dépouille, qu'il dénude. Un peu comme lorsque Kurt Cobain, laissait entrevoir lors d'un unplugged de légende la sensibilité que camouflaient guitares saturées et voix au bord de la rupture qui étaient la marque de fabrique de Nirvana. L'époque est sale. La vulgarité est assumée au grand jour, l'outrance, le mensonge ou la post-vérité. Essayons de nous concentrer sur ce qui reste d'authentique. 

    Guillaume Stankiewicz "Les Années" - (La Souterraine)

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  • Le retour du vinyl

    Je pose la galette noire brillante sur la platine. Je saisis précautionneusement le bras entre le pouce et l'index et dépose délicatement le saphir sur le bord extérieur du disque. Des craquements délicieusement familiers envahissent l'espace pendant quelques instants. Bruits de bottes. Premier riff. Je viens de me lancer dans l'écoute de Never Mind The Bollocks, Here's The Sex Pistols. Dans sa version 33T. Que je viens d'acheter. Presque 40 ans après sa sortie dans les bacs. Un album que je n'ai eu qu'en K7, un album déterminant, un album fondamental dans mon panthéon musical personnel. Un album, un groupe, pierre angulaire de ma passion pour la chose rocknrollienne. Et pourtant, quand je l'ai écouté pour la première fois, le groupe avait splitté depuis déjà un an. Les bases du mythe étaient posées. Revenons à 2017. Le rayon disques vinyls de la Fnac commence a occuper de l'espace. Il réoccupe l'espace perdu. Celui des CD s'étiole. Qui achète encore des CD? J'ai perdu presque tous les miens (Histoire racontée ici-même il  a quelques mois. Histoire d'un désarroi). J'ai ressorti ma platine. J'ai exhumé de la cave mes disques. J'ai repris goût à la manipulation des pochettes, ces grands formats aux graphismes travaillés. Sur lesquels il n'était même pas utile de se tuer les yeux pour déchiffrer des paroles souvent cryptiques... Je me rappelle parfaitement des deux derniers disques que j'avais acheté, avant de basculer dans le tout CD. 1988, Peepshow de Siouxsie & the Banshees, Rattle & Hum de U2. Deux albums tout à fait décents. Tout à fait écoutables, même 28 ans plus tard. Et réécoutés. 

    28 ans entre deux achats d'un même produit. Etonnant, non? Sans parler des recherches effectuées dans les bacs des brocanteurs, des disquaires spécialisés. Avec la petite jouissance de la redécouverte. Bien sûr, tous ces albums mythiques, j'en possède déjà les versions numérique. Il y a eu le basculement radical vers le CD qui était l'innovation absolue de la fin des 80s. Plus besoin de se lever, de retourner le disque. On pouvait zapper l'inévitable morceau qu'on aimait pas sur un album. Le CD on le baladait partout, c'était simple. Le mp3 a tout balayé. Avec l'iPod, j'ai TOUT numérisé, j'ai téléchargé. Je les ai tous testés, les Napster, Kaazaa, eMule, j'en oublie. Il y a eu les torrents et le téléchargement frénétique, les intégrales. Il y avait toujours un grand malade pour mettre en ligne un répertoire avec 40 albums de Neil Young, des dizaines d'heures de live de Springsteen. Des raretés, aussi. Bref, le grand supermarché. L'accumulation de matos au coeur des disques durs. Des centaines de Go de musique. Au hasard d'une lecture en mode aléatoires, on redécouvrait une pépite oubliée. Tiens j'avais ça... j'avais oublié. 

    Mais revenons au vinyl. Etrange idée. La grande galette noire. Avec sa pochette cartonnée. Le plaisir de se replonger dans les lyrics, de retrouver des sensations anciennes. J'ai déniché chez un disquaire le premier album des Pretenders. Quelques titres mémorables, Stop Your Sobbing, Brass In Pocket. La frange de Chrissie Hynde, le Perfecto rouge, les mitaines de dentelle noire... J'ai dégoté sur eBay le New Gold Dream de Simple Minds, un album qui m'avait marqué à sa sortie. Pas mal diffusé par Bernard Lenoir. Des titres mémorables qui ont hanté les nuits des années 80, Someone Somewhere in Summertime... J'ai réécouté l'envoutant 17 Seconds de Cure. A Forest et son climat lugubre et aérien. J'ai flippé en réécoutant Subway Song, avec ce hurlement glaçant qui clôt le morceau, cette histoire sinistre... She dare not turn around... J'ai réécouté London Calling. Album d'époque, acheté 5£ outre-Manche. Je vois bien le moment où je vais progressivement racheter tous les albums punk - new wave des mes 15 ans... Une obsession comme une autre. Je vais me mettre en quête du premier Marquis de Sade, du premier Taxi Girl, de quelques Jam, Costello, Jackson, Joy Division, PIL, Stranglers... J'en frémis à l'avance. Pas de collectionnite, pas de recherche - pour l'instant de machins rarissimes numérotés... Même si un Metal Box d'origine me tenterait...

    Affaire à suivre.  

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  • Playlist de fin d'année

    De tout et de rien, avec un minimum de cohérence, quoique... Rien n'est moins sûr. Une playlist avec les trucs qui m'ont marqué cette année Ceux que je réécoute avec plaisir. Ceux qui m'ont mis en vrac. Ceux pour lesquels il y a eu gros kif, ceux qui ont été vus en concert, ceux dont je me souviens après quelques mois. Je passerai sur les classiques même si le So Long Marianne n'est pas très neuf. Mais je l'avoue, je ne suis pas un inconditionnel hardcore de feu Leonard Cohen. Bowie a été le choc du début d'année. L'album superbe, la mauvaise nouvelle ensuite. Les festivals ont eu leur lot de révélations, découvertes. Etrangement j'aime bien écouter Kevin Morby, même si ses prestations scéniques m'ont laissé assez froid. Lost Under Heaven, Julia Holter. Deux univers à part. Eskimo, à suivre impérativement. Flavien Berger, quelque chose d'unique. La Femme, ses rimes bancales, sa folie scénique. Le très gros son de FIDLAR, de Royal Republic, de Slaves. Le punk a encore de beaux jours devant lui. La puissance de Savages. L'étrangeté de Let's Eat Grandma. Les copains de Fauve ≠ qui ont tiré leur révérence avec élégance et ont livré un live entre reportage et testament. L'electro monstrueusement efficace de Soulwax. La vulgarité assumée de Peaches. Et Iggy. Immense et touchant. Capable de sortir un album essentiel en début d'année et de faire un best of testamentaire sur scène. Aux antipodes, la délicatesse d'un Guillaume Stankiewicz ou la virtuosité (et le charme) jazz de Kandace Springs. Et pour finir, le blues séminal des Stones en parallèle de la fureur retrouvée de Metallica.

    Bref. On règle tous les niveaux sur 11.

    Play it loud!

    Enjoy!

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  • Let's talk about sex...

    Cyryel m'envoie quelques mots. Je ne la connais pas. Elle chante. Elle a sorti un EP. Soit. Je suis en train d'écouter la dernière livraison des Stones. Je suis en plein dans le blues intemporel. En plein dans le retour aux sources des vieux briscards. Pause. Image en noir et blanc. Gros plan. Un clic. Un site. Quelques morceaux. Electro pop discrète. Et cette chanson, "Entre toi et moi", qui participe à la bande-son idéale pour ces temps sombres de repli sur soi et de retour au "c'était quand même tellement mieux avant", où d'aucun grimpent dans les tours pour d'éphémères histoires de représentation de la chose (ah, le mot et la chose, si bien évoqués par l'Abbé de Lattaignant)...

    Avant qu'on recommence à brûler les sorcières en Place de Grève et écorcher les apostats, rions encore un peu. Jouissons sans entraves, comme on disait en un temps que les moins de vingt ans ne connaitront jamais. Une chanson qui chatouille les oreilles, comme en firent Boris Vian et Magali Noel en remontant le temps. Sans oublier Gainsbourg et Bardot. Un zeste de Juliette Gréco pour faire bonne mesure. Un truc un peu explicite. Très rock. Comme quand les Stones proposaient qu'on passe la nuit ensemble. Plus sensuel que Gogol Premier et sa Horde ou WASP... Pas moins salace qu'Elmer Food Beat. Plus délicat, plus direct. Pas de litote, le propos est délicieusement amoral, ça va faire frissonner les faux dévots de toutes obédiences. Et rien que pour ça...


     

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  • Ma bande-son du moment

    Dans mon iPhone, iPad, ordi, lecteur de CD, en plein ride à vélo le dimanche matin sur les pistes cyclables du nord de Paname, ou en pleine rédaction de... plein de trucs. Dans une salle aussi, devant un bon live... plein de sons, de nouveautés et pas que...

    Let's Eat Grandma, découvertes pendant le Festival des Inrocks, étranges quasi-jumelles anglaises d'à peine 17 ans. Aussi dérangeantes que les jumelles de Shining... Electro, flute à bec. Bizarre et envoutant... "I, Gemini" (Trangressive)

    Lost Under Heaven, découvert à la Route du Rock 2016, revus aux Inrocks, la voix incroyable d'Ellery James "Wu Lyf" Roberts et de sa compagne Ebony Hoorn. "Spiritual Songs For Lovers To Sing" (Mute)

    Merchandise, découverte via Beggars, un groupe US (qui a malheureusement annulé son concert parisien) qui rappelle étrangement le Depeche Mode des débuts avec un zeste de Sisters Of Mercy... "A Corpse Wired For Sound" (4ad)

    Flavien Berger, son electro classieuse et intelligente... "Léviathan" (Pan European)

    Ratboy, découverts aux Inrocks, énergie punk, quelque chose de The Streets, un peu de Beatie Boys, gentiment bordéliques sur scène. "Wading in the Balance" (Not Your Daddy's Records)

    The Lemon Twigs, avec la palme du non-look, l'attitude entre Kinks et Who... Un guitar hero qui reproduit la gestuelle folle de Pete Townshend. A voir dans la durée... Feu de paille ? "Do Hollywood" (4ad)

    Wax Tailor, bel album et très bon live (au Trianon il y a peu)... Electro, des instruments, des MCs, des chanteuses. Bien, quoi. "By Any Beats Necessary" (Lab'oratoire)

    Metallica, un album presque 100% réussi (un peu de gras quand même, 20 bonnes minutes de trop), mais quelques fulgurances réjouissantes. "Hardwired... To Self-Destruct" (Mercury)

    Et les Stones... bah oui. Les Stones dont je n'espérais RIEN. Mais qui ont finalement bien fait de revenir à leurs racines. Au blues. Joliment produit, bien léché. A écouter en boucle. "Blue & Lonesome" (Mercury)

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  • Magistral M83

    Bon alors, M83 ça donne quoi en live? Je m'auto-interrogeais. Ouais, c'est vrai ça donne quoi? Il y avait eu ce petit séisme de Hurry up, we're dreaming. Il y a déjà 5 ans. Avant, je ne sais pas trop. Il y avait eu la BO d'Oblivion. Des climats planants, un sens de la dramaturgie, l'accompagnement idéal d'un film de SF quand Hans Zimmer est en vacances et John Williams a la grippe. Je dé-co-nne! Bon, mais M83, c'est quoi précisément? De l'electro? Trop simple. C'en est, mais pas que. Anthony Gonzalez ne se colle pas en haut d'un petit volcan derrière ses machines comme qui vous savez, il ne passe pas son concert les deux mains en l'air, un demi casque sur l'esgourde, comme qui vous savez aussi... Ca c'est pour la séquence bashing.

    M83, c'est dance, c'est rock, c'est ambient, c'est puissant. Un TRES gros son, avec des basses énormes, du genre qui te secouent la tripaille, et provoquent une sorte de mouvement brownien de tous les morceaux de ton enveloppe corporelle. Pour peu on se retrouverait dispersé façon puzzle, et avec le sourire. Ce qui ne gâche rien. Ajoutons une rythmique monstrueuse. Un guitar hero. Qui nous la joue à l'ancienne, totalement premier degré. Sans faire semblant comme qui vous savez aussi. Des voix. Un light show. Une forte intensité d'un bout à l'autre du set. Mini-bémol, Anthony Gonzalez n'est pas du genre causant, minimum syndical en mode "Pariiiiiiis!". Minimaliste et déclinable à l'infini... 

    Au final, un grand show. Qui te mets de très bonne humeur.

    Dehors, il doit faire 3 degrés. 

    Pour le plaisir, un petit bout de la BO d'Oblivion. C'est pas neuf, mais j'aime.

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  • Rock & Folk et moi

    Tout a commencé en septembre 1979. N°153, Blondie en couverture. A l'affiche, Led Zep, Leonard Cohen, Véronique Sanson, les Stones, Boston. Mis à part Boston, tout ce petit monde continue à faire l'actu. Voire à sortir des disques. Voire à être arraché à l'affection des siens. En ayant sorti un ultime skeud. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je suis retombé dessus un peu par hasard un jour, il y a deux-trois ans, aux Puces de Saint Ouen. Et je suis tombé en arrêt, comme le chien du même nom, comme le couteau à cran éponyme. Catalepsie. Catatonie. Holy shit! Holy fucking Jesus! Gabba gabba hey! One two three four! LE numéro de Roquéfloque qui a TOUT déclenché. 

    Je l'avais acheté un peu en loucedé. Pink Floyd et les Beatles étaient tolérés à la casa. Mon père aimait Brel, période Abbé Brel. Il avait quelque chose de rock, mon père. Un peu comme ces fans des Stones qui t'affirment que depuis le trépas de Brian Jones, les Stones, bof... Ou que Pink Floyd sans Syd Barrett, c'est plus vraiment ça... Il aimait le jazz. Le Count, le Duke, les émissions et les bouquins d'André Francis. Mais le rock... Je suis passé d'Okapi/Phosphore à Rock & Folk. Tranquille. De quoi alimenter les conversations avec les potes. Au lycée. Les clivages étaient forts. Si tu aimais le hard, tu ne pouvais pas écouter du punk ou de la new wave. Si tu écoutais Supertramp, tu n'écoutais pas Clash. Point barre. Et à Versailles, on préférait Téléphone qui se mariait mieux avec les mocassins américains, les mèches et les pulls négligemment jetés sur les épaules. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je le connaissais par coeur. Il fut ma Pierre de Rosette, mon Petit Livre Rouge, mon catéchisme. Je tombais raide dingue de Chrissie Hynde. Ses mitaines en dentelle noire, sa frange, cuir noir et Perfecto rouge. Dwight Twilley m'intrigua, je n'en entendis plus parler. Je me plongeais dans la scène rennaise. Et découvris Marquis de Sade. Et Hunter S Thompson. Dont le Las Vegas parano venait d'être réédité. Je découvris le gonzo journalisme chroniqué par Manoeuvre. 

    PhilMan... Certains revendiquent des parentèles littéraires directement puisées dans le Lagarde & Michard ou dans la Pléiade. Des z'influences prestigieusement académiques, avec grand uniforme, palmes, pompes et circonstances, passages sur France Cul et tout le toutim. Mon maître ès-écriture fut PhilMan. Le PhilMan des années 80. Tout en délire, déconne, emballements, et mauvaise foi absolue. Il y en avait d'autres, bien sûr, le cryptique Garnier (qui n'avait pas aimé Apocalypse Now, va comprendre...). Jean-Eric Perrin et son Frenchy But Chic. Blanc-Francard. Je n'écrivais pas une ligne. J'ai écrit plus tard. Après avoir lu les oeuvres de HST. 

    La suite... J'ai acheté religieusement Rock & Folk chaque mois. J'ai décroché au milieu des années 80. Presque 10 ans de break. J'y suis revenu. vers 94 ou 95, je ne sais plus. Une couv avec un Polnareff annonçant l'un de ses premiers retours. 

    On reste marqué par la musique de ses quinze ans. J'y pensais encore en voyant Republik et Kas Product sur scène, il y a quelques semaines. Une soirée Frenchy But Chic, organisée par Jean-Eric Perrin. On ne se débarrasse jamais de son adolescence. Le monde du rock devient une grande nécro. Mais de jeunes branleurs comme Lemon Twigs viennent donner un petit coup de frais. Combien de temps dureront-ils? L'espace d'un album, d'un engouement. Ils succèderont à tous ceux qui nous collent la gaule, le frisson rock'n'rollien. Et qui nous permettront de rester éternellement jeunes.

    Solid as a rock. 

    Bon anniv Rock & Folk!

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  • Jour Polaire

    Imagine ce moment de l'année près du Cercle Polaire, ce moment où le soleil ne se couche pas. Pas de nuit. La lumière intense. Le dérèglement des sens. L'absence de sommeil. L'alcool et la folie. Jour Polaire, c'est cette enquête sur des meurtres monstrueusement orchestrés, avec ce qu'il faut de flics à fractures personnelles. Avec des suédois, dont Peter Stormare - vu chez les Frères Coen dans des rôles mythiques et déjantés - et Leila Bekhti, qui jongle entre le français et l'anglais avec dextérité. 

    Je ne gloserais pas sur le sens profond et l'imaginaire rafraichissant des séries nordiques - que je n'ai pas vues. je pourrais le faire, genre "je suis allé pomper un truc sur Wikipedia pour en parler doctement"... Je ne le ferai pas. Question d'éthique. Question de flemme aussi. Nous partirons du principe que l'exotisme du nord de l'Europe, que nous fréquentons en général au détour d'une visite chez Ikea (Sköl, Sven, Billy!) en écoutant Mamma Mia, c'est familier. Enfin presque. Le truc qui tue (je n'ai vu qu'un seul épisode, je tiens à le préciser), c'est ce jour permanent. Un point de départ déjà expérimenté dans le puissant Insomnia de Christopher Nolan, où l'on voit un Al Pacino, dur à cuire, se décomposer littéralement sous l'effet du manque de sommeil. Insomnia, l'Alaska. Jour Polaire, Kiruna, au nord du nord de la Suède. Les meurtres sont gore à souhait. Leila Bekhti retrouve un rôle de femme flic, fragile - au sens qu'elle n'a pas la carrure de Dwayne Johnson, donc côté baston, j'attends de voir si elle devra se battre à main nues contre un bucheron viking local, mais cette remarque sera peut-être interprétée comme une vision sexiste, donc que dire, que faire? - Bref. Fragile, mais pour comme les flics selon le standard Pagan-Marchal (cheveu gras/mal rasé, veste en cuir, Gamma-GT au max, roulant en Porsche Cayenne armés jusqu'au dents avec une somme de fracture personnelles telles qu'on s'étonne que l'Inspection du Travail n'ai pas émis une alerte RPS au niveau Defcon Red et collé tout le monde en arrêt de travail doublé d'un séjour en HP avec fermeture de la boutique... Re-bref. Bref, Jour Polaire c'est prometteur. Et ça commence lundi.

    Et c'est pas sur Netflix. Va falloir que je trouve un moyen d'accéder à Canal.

    Mais vais-je aller chez Ikea ce weekend pour m'acheter du glög et des bonbons Daim pour rester dans l'ambiance?

    [Jour Polaire, série en 8 épisodes de 52 minutes, diffusée sur Canal+ à partir du lundi 28 novembre]

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