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DUBUC'S BLOG - Page 3

  • 13 novembre 2015

    C'est parti pour la grande catharsis mémorielle... chacun va y aller de son 13 novembre, de son Bataclan, sur le mode "j'y étais pas mais j'aurais pu y être". A tel point qu'en les rassemblant tous on pourra remplir le Stade de France. Mouais. Je me trouve sévère en écrivant ces mots. Peut-être est-ce nécessaire, de se rappeler (memento mori) que la vie est fragile, que c'est la guerre, que c'est la merde, qu'on est mal partis, que nos enfants vont hériter d'un monde à feu et à sang alors que nous avons pu bénéficier des belles années où, malgré la Guerre Froide, nous vivions en paix avec l'espoir de lendemains qui chantent. Le futur est incertain, le monde vibrionne, les bombes pètent, les extrémistes de tous poils et plumes s'écharpent pour savoir si le Grand Ordonnateur dort avec la barbe au dessus ou en dessous de la couette, si on a le droit de lui tirer le portrait, si on peut acheter un nain braillard pour le confier à deux papas, bref, ça se crispe dans tous les sens, ça se radicalise, ça braille, ça kalache aussi. Pendant ce temps (à Vera Cruz) ça campe Quechua dans les quartiers Nord de Paname. D'aucun préfèrent le sans-abri Made in France, par principe, avec la même indifférence, si ce n'est qu'il mange du jambon (périmé) et boit de la 8.6. Du bon pauvre bien de chez nous, élevé dans nos terroirs, qui est un peu tombé de l'ascenseur social mais qui permet de se rassurer sur son propre confort de petit blanc. Ca c'est le contexte général.

    Evidemment, in antiquis temporibus (souvenirs de lointains cours de latin, ça doit être un ablatif absolu ou un truc du même genre), on pouvait aller au concert décontracté, à la cool, Altamont et un vague concert des Who de la fin des années 70 restaient les expériences les plus mortifères de la chose rocknrollienne. Et encore, on n'en avait que le récit a posteriori. Qui venait nourrir la noire légende de la musique du diable. Côté drames, c'était plutôt dans les stades de foot que le tragique survenait. Et encore sans facteurs exogènes. Mouvements de foule, effondrement de tribunes. Fatum sportivum... La ceinture d'explosif restait un accessoire exotique réservé au Moyen-Orient, une spécialité locale comme le thé à la menthe ou l'hoummous... [Je tiens à préciser, afin de lever toute ambiguïté, que les phrases précédentes contiennent du second degré. Il est toujours bon de le rappeler, par les temps qui courent. L'humour desprogiens, l'humour tout court étant devenu une denrée périssable et rare, remplacé par la flatulence hanounesque quotidienne. A ce propos, à chacun son sale goût, comme on dit.]

    Donc le 13 novembre 2015...

    Je ne suis pas au Bataclan. Et je n'aurais pas pu y être. Aucune chance. Les Eagles Of Death Metal m'indiffèrent. Ce n'est pas faute de les avoir vus sur scène une fois à Rock en Seine en 2009. C'est un groupe de rock, ni plus mauvais, ni meilleur que les autres. Fin 2015, je ne sais même pas qu'ils sont à Paris. Et puis si j'avais dû sortir ce soir-là, j'aurais été au Festival des Inrocks. Peut-être au concert de Arc (avec Dan Auerbach des Black Keys). Ouaip. Mais ce soir précis, je légume dans mon canapé. Autour de moi, mes bagages. Je me lève tôt le 14 novembre, je m'envole pour le Sénégal. Pour le taf. Alors, pas de concert, de coucher à pas d'heure. Déjà que faire les bagages, en n'oubliant ni les répulsifs anti-moustique, ni les médocs divers, ni les fringues, les batteries, les chargeurs, tout le bordel indispensable du voyageur-aventurier... Une mission. Une purge!

    A la télé, le match France-Allemagne. Que je regarde d'un oeil distrait. Un oeil sur Twitter. Important Twitter. C'est là que je vois passer les premiers messages évoquant des fusillades dans Paris. J'y crois sans y croire. Il y a tellement de fausses nouvelles. Mais ça se répète. Etrange. Et il y a la mention d'une explosion au Stade de France. Je me tétanise. L'une de mes filles est au Stade de France. Sms. Elle me rassure. Elle est à l'abri. Elle a entendu l'explosion. Elle n'était pas loin. Twitter encore. Fusillades. Prises d'otage. Bataclan. Morts. Rumeurs. C'est le bordel. J'ai perdu le fil du temps. Je ne me rappelle plus de la chronologie. J'appelle un client. On annule toutes les opés en cours, dont les messages apparaitraient comme obscènes dans ce contexte de mort dont on ne connait pas encore le bilan ni les protagonistes. Le téléphone sonne. Les proches qui connaissent mon goût immodéré pour le rock et qui s'inquiètent. "Tu n'es pas au Bataclan?". Non, pas ce soir. Les sms tombent aussi. Facebook fait son safety check. On compte les siens. On appelle, on balance des sms pour savoir. Les chaînes d'info tournent en boucle. On ne sait pas grand chose. Les experts commencent à expertiser. Les heures passent. Le clan est rassemblé. Il est 2h00 du matin. Ma fille rentre enfin. Elle a trouvé un moyen de s'éloigner du Stade de France. Tout le monde va se coucher. Etrangeté du moment. Comme dans un ralenti.

    Le radio-réveil s'allume. Trop tôt.
    Coup de fil des organisateurs du voyage. "Tout va bien? Tu pars?". Oui, je pars. Que faire d'autre?

    Roissy. La brume des petits matins moches et gris de novembre. Glauque.
    Vol sans histoire.

    Dakar. Le centre culturel français est fermé.
    Saint Louis du Sénégal, Richard Toll. J'allume France 24 à chaque moment disponible.
    Pendant toute la semaine, je serai scotché sur ces images. Je vivrais l'aftermath du 13 novembre a distance. Les débats. Les experts. Les déclarations martiales. L'assaut de Saint Denis. Jawad. Je chialerai en entendant la Marseillaise entonnée par le public anglais du match France-Angleterre. J'accueillerai les mots de réconfort d'inconnus sénégalais. Et je rentrerai à Paris avec quelques images réconfortante d'un autre monde. Quelques jours hors du temps.

    J'ai fait un détour, un matin de la semaine suivante. Par le Bataclan. Il y avait les fleurs, les hommages. J'y ai ressenti une infinie tristesse. Quelque chose de sombre. Je me souviens avoir ressenti la même chose à proximité de Ground Zero en novembre 2001.

    Voila.

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  • Orouni, la pop délicate

    Ourouni, c'est de la pop raffinée. A tel point que Technikart évoque une cousinade avec le britishissime Neil Hannon et sa Divine Comedy. Musicalité, raffinement. J'ajouterai la discrétion et l'élégance. La classe quoi. Orouni est un voyageur qui cisèle des mélodies inspirées de ses voyages. Un type cool, avec qui il est agréable de discuter autour d'un verre, dans le confort d'un bar parisien. Bref, Orouni, il faut écouter, il faut découvrir, il faut se laisser embarquer. Pour un voyage au long cours. 

    Un nouvel album est en préparation, quelques dates de concert sont d'ores et déjà programmées. 

    - le 18 novembre chez le disquaire La Passerelle.2 

    - le 11 janvier aux Trois Baudets

    Enjoy!

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  • Bloc-note express N°220

    Il y a eu ce concert de la délicieuse Haley Bonar à l'Espace B. J'aime les filles chantait Dutronc. J'aime les filles qui font du rock. Un peu dans l'esprit de Liz Phair. Il faut s'intéresser à Haley Bonar. Pour s'en convaincre, il faut écouter: 

    Que dire du Festival Pitchfork? Côté public, des jeunes gens chics, parisiens, barbe bien taillée, la raie sur le côté pour les mecs. La mini, les Stan Smith, le chic parisien pour les filles. Beaucoup de gens hors de la salle pendant les concerts. Il est vrai que Bat For Lashes a livré un show loin de déclencher l'enthousiasme que j'avais ressenti la première fois que je l'ai vue au Festival des Inrocks il y a quelques années. Où est passée la dimension chamanique de Natacha Khan? A croire qu'elle n'a retenu que les pires tics névrotiques de Björk... Argh. Explosions in the Sky, c'est comme Sigur Ros. Soit on est totalement inconditionnel. Auquel cas on frôle l'orgasme. Soit on ne connait pas bien et au bout du 4ème morceau on se dit que c'est une musique de chambre qu'on écouterait bien au casque, ou assis confortablement à Pleyel. Entre guitares cristallines et bruit blanc. Tout ça pour en venir au gros kif de la soirée, Flavien Berger. LA synthèse absolue entre la chanson chic façon Dominique A, l'electro à la française, Kraftwerk. C'est cool. Flavien est pince sans rire, perché sur son piédestal entre ses machines. Silhouette en contrejour. Le héros du jour. Dont le nouvel album est à écouter ici-même. 

    A part ça, relecture des deux tomes du magnifique Quartier Lointain de Jiro Taniguchi. Ce n'est pas nouveau, mais Taniguchi, c'est du grand art.

    Et ciné, Moi, Daniel Blake de Ken Loach. Fallait-il le palmer à Cannes? Je ne suis pas exégète de l'oeuvre loachienne. Un film d'une grande humanité, avec un peu de pathos, un peu d'humour, un accent geordie à couper au couteau, le constat accablant d'un monde qui change pas forcément pour le meilleur. A voir.

    Enjoy!

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  • Jazz loves Disney

    Le grand Walt aimait le jazz. Il avait plein d'autres qualités. Et plein de défauts aussi. Qui n'ont rien à voir avec le jazz ni avec la musique. 

    La musique est indissociable des films Disney. Il en faut peu pour être heureux, non? Cruelle diablesse, cruelle diablesse! Ce rêve bleeeeeeuuuuuuuuu! Et j'en passe. Quoique. Tout le monde veut de venir un cat parce que le chat quand il est cat retombe sur ses pattes. Hakuna matata, mec! Pas de souci. C'est le côté transgénérationnel de Disney. On en mange petit. On en mange avec ses enfants. On en est parfois obsédé. Une journée à Disneyland, et hop, It's a small world vous trotte dans la tête pendant des jours (ne me remerciez pas, c'est cadeau!). Impossible d'être... libéréééééééé, délivrééééééééééééé! 

    Il y a des années, j'étais tombé en arrêt à l'écoute de Stay Awake, une compilation de standards Disney interprétés par Michael Stipe, Natalie Merchant, Tom Waits, Ringo Starr, James Taylor et même Sinead O'Connor. Un projet réjouissant. Tant de standards, le goût de l'enfance. Le passage à l'âge adulte. 

    C'est donc avec une méga délectation que je me jette sur ce projet, Jazz Loves Disney. Au fil des ans l'univers musical de Disney continué à s'enrichir de nouveaux titres dont certains sont devenus des standards. Le casting de l'album est parfait, Jamie Cullum, Gregory Porter, Melody Gardot, Stacy Kent. Les standards sont au rendez-vous, The bare necessities, I wanna be like you, Everybody wants to be a cat... Let it go... Il y a cette ambiance feutrée des clubs de jazz. On ne rêve que d'une soirée au Club des Lombards ou au Blue Note Café, un verre de vieux single malt à la main, quelques toons virevoltant ça et là. Un pied dans l'enfance idéalisée, dégustant cette délicate madeleine proustienne. Cool, quoi. Comme le jazz.

    Jazz Loves Disney (Verve) - sortie le 18 novembre 2016

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  • Cher YouTube, chers Grand Blanc

    Douchette glacée à la réception de ce mail peu sympathique émanant de YouTube... Vidéo supprimée à la demande de... SME (Kicé? Connais pas...) pour atteinte au droit d'auteur. Premier avertissement. Au prochain, attention. Bon... 

    En bon blogueur musical, depuis 10 ans, je partage mes découvertes, mes coups de coeur. Sans monétisation. Juste pour le plaisir. Le mien et celui de mes quelques lecteurs qui n'ont le nez ni dans Rock & Folk, ni dans les Inrocks mais ont l'envie de temps à autres de découvrir de nouveaux sons ou un nouvel artiste. Juste histoire de passer un bon moment hors du temps, hors du monde. Ailleurs. Pouvoir de la musique. 

    Il y a deux ans, probablement en avril 2014, je découvrais Grand Blanc en première partie de Fauve ≠ au Bataclan. Fauve ≠ a toujours eu bon goût dans le choix de ses premières parties, une sorte d'instinct. Fakear, Feu Chatterton, Georgio. Des découvertes. Que j'ai eu envie de faire découvrir. Sans chercher à y gagner quoi que ce soit. Une simple captation de 5 minutes de concert, shootée avec un iPhone. Pas de recherche de cadrage léché, une stabilité d'image parfois aléatoire, un son pas toujours optimal. Bref, du travail d'amateur. Mis en ligne sur YouTube, parfois intégré à un post de blog. Avec, au final, un niveau de visionnage ridiculement bas. Au point de se demander à quoi bon... Bref.

    Cher YouTube, cher Grand Blanc, dans ce cas précis, je m'interroge. A propos de la règle et de l'esprit de la règle. Ai-je porté atteinte au droit d'auteur? C'est possible. Ai-je spolié les ayants droits? J'en doute, ne serait-ce qu'au vu du faiblissime nombre de visionnages de ladite vidéo (inaccessible à ce jour). YouTube a-t-il généré des revenus grâce à cette vidéo? J'en doute aussi. Psy, Lady Gaga, Norman, Cyprien et des hordes de YouTubeurs prépubères font la blague, grand bien leur fasse. 

    Il reste ce petit goût amer... Je ne sais point qui est ce SME qui gère avec une précision d'orfèvre les intérêts de Grand Blanc. Si derrière cet oukase, il y a la main de Grand Blanc, j'en serais déçu. Ne serait-ce que dans ce l'on pourrait considérer comme une forme de désinvolture à l'endroit de fans de rock, de pop, d'electro qui cherchent à soutenir un groupe dont ils apprécient le travail. Un pur truc de fans. Sans intention particulière autre qu'un partage d'impressions, de moments de grâce parfois...

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    [EDIT 29/10/2016 - 13h50 : Grand Blanc n'est pour rien dans cette affaire. Qu'ils en soient remerciés. ]

    grand blanc,youtube,copyright

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    C'est une vraie question sur le travail du blogueur (travail est un bien grand mot pour ce qui n'est par essence que plaisir). A quoi bon?

    Pour finir, quelques notes de Radio Birdman... The Hand of Law. C'est approprié. Sinon, la chanson de Grand Blanc incriminée était "Montparnasse". Un très bon morceau. 

    Love!

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  • Bloc-note express N°219

    Et c'est reparti.

    Côté son, un concert d'Annika & The Forest au Carreau du Temple, un quatuor de filles, electro chargé d'émotion. Chanté en anglais, groove élégant porté par deux batteuses. Et Annika à la basse. Un look un peu typé Jeanne Added (coupe pétard, basse), pour une musique moins âpre. Son EP, "A piece of she", est sorti le 23 septembre. Cool et recommandé.

    Un extrait pour se faire plaisir

    Côté news du monde de la musique indé, Guillaume Stankiewicz est toujours aussi sympa et prépare quelques scènes. Marie-Flore travaille sur son album en français. Eskimo va se produire à la Dame de Canton en novembre

    Le nouvel album de Wax Tailor est sorti, et il s'écoute ici.

    Côté sortie, un live d'Ibrahim Maalouf dans les bac le 10 novembre. Avec un petit extrait histoire de saliver à l'avance.


    Sinon, que dire de The Get Down, LA série signée Baz Luhrmann, groose production Netflix sur les débuts du hip hop dans un Bronx dévasté de la fin des 70s. C'est baroque, parfois surjoué. Toujours attachant. La bande-son est un pur régal. Une série moins segmentante, plus consensuelle que Vinyl (moins de flingues, moins de coke, moins de mafieux italiens). Dont elle s'inscrit dans la continuité temporelle. 

    Côté littérature... Dylan... Nan, je rigole ;)

    Allez, c'est tout.

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  • Dylan is Dylan, Wight is Wight, Nobel is Nobel

    La bonne idée de la semaine, décerner le prix Nobel de Littérature à Bob Dylan! Une tellement bonne idée qu'elle fait grincer des dents. Et tant mieux! 

    Sur le fond, le Nobel, on s'en fout. Ca en touche une sans faire bouger l'autre. Ca n'a pas l'effet vendeur du Goncourt. Si tant est que le Goncourt signifie quelque chose. C'est quoi le prix Nobel sur le fond? Une babiole? Une consécration? Un simple objet médiatique? Une reconnaissance? Une muséification? Un embaumement à vif? Mouais, c'est suédois, comme Saab, Abba et Ikea. Un gage de qualité. De simplicité. De grands blonds aux yeux bleus et de guerrières farouches qui boivent de l'aquavit dans des cornes d'auroch... A peu près. Des gens qui ont inventé les sagas. Par Thor, par Odin, par Billy, par Borg, par Zlatan! Mamma Mia! 

    La littérature (litteratur, en suédois) aurait pris un coup fatal avec cette attribution du Nobelpriset (en suédois dans le texte) au barde de Duluth (Minnesota). Des z'auteurs en auraient été contraints de gober des cachets de Xanax arrosés de lampées de Maalox pour digérer les honneurs décernés au Zim. Je me gausse. Que les critiques littéraires, écrivains probablement un tantinet frustrés, en fassent un ulcère, c'est en soi réjouissant. Ca leur rappelle le temps où ils ont tenté de massacrer Jeux Interdits lors de leurs camps scouts autour du feu. Et ont collé la guitare au feu parce que c'était top de boulot. Par la suite ils ont écouté Hugues Auffray, tenté d'écouter la réponse dans le vent, cherché à pécho la fille du nord... Au final, ils n'aiment pas Pierre Delanoé. Qui a écrit aussi pour Joe Dassin. C'est pas de la littérature, c'est populaiiiiiire (à prononcer avec une petite moue de dégout). 

    Pendant ce temps, le Zim, lui s'en foutait comme de sa première paire de Wayfarer. Jamais là où on l'attendait, jamais nulle part. Toujours un coup d'avance. Poète, c'est un fait. Rocker. Militant des droits civiques à l'insu de son plein gré. Bohème. Un jour juif, un autre chrétien. Bluesman. Hipster avant l'heure dans les bois de Woodstock. Je est un autre, la touche rimbaldienne de Dylan. Le poète. Que je n'ai pas lu de façon exhaustive. Pas plus que je ne me suis collé à la lecture de l'intégrale de Modiano, Le Clézio ou Hemingway. 

    Qui est un jour allé dans une librairie avec la ferme intention de s'acheter un Nobel comme on s'achète un Goncourt? les faux culs se trémoussent, s'étranglent. Irving Welsh écrit même que le choix du jury Nobel est une sorte d'éjaculation tardive de vieux hippies (je résume, interprète, traduis... en mode traduttore/tradittore). Ca râle, ça grince. Bien sûr, ça leur fait mal aux rageux, aux jaloux. Jamais l'expression de Gainsbourg n'a été aussi appropriée à la situation. Il parlait de la chanson comme d'un art mineur qui enculait un art majeur. Merveilleuse trivialité. Les tenant de la marmoréenne chose littéraire apprécieront. Ou pas.

    Il faut se réjouir de ce prix. C'est une reconnaissance. La pop culture se voit consacrée. Pas la pop, pas le rock. Pas la contreculture. Juste une culture populaire, qui a su traverser les générations, animée par un artiste unique. Et encore actif. 

    Une petite pique quand même, pour ne pas sombrer dans l'hagiographie du grand homme. Inscrire Dylan en littérature, c'est le meilleur service qu'on puisse lui rendre. C'est un fait incontestable. Parce que Dylan, ça devrait se lire, plus que s'écouter, du moins en live. Les albums mythiques (et pas uniquement The Freewheelin' et Highway 61 revisited) ont permis à chacun de construire l'image mentale de son Dylan. Mais Dylan sur scène aujourd'hui - je vais me fâcher avec les dylanophiles hardcore - c'est compliqué (pour reprendre une confortable métaphore de journaliste sportif). Entre déconstruction des morceaux jusqu'à les rendre impossible à identifier et chant parfois carrément atonal, Dylan sur scène peut être une épreuve aussi Nietzschéenne que l'IronMan ou un concerto pour marteau-piqueur et meuleuse à béton de Karl-Heinz Stockhausen... Si ça ne tue pas, ça doit rendre plus fort. Tout dépend des jours. 

    Un détail pour conclure, mais non des moindre. Le seul qui ne se soit pas prononcé sur le sujet, c'est Dylan lui-même. 

    C'est ironique. C'est grandiose.

    (Crédit illustration : (c) Malika Favre)

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  • Bloc-note - le retour du retour

    Bon, j'avais laissé la chose en plan depuis... des mois. Manque de temps, manque de tout. Et puis, je me suis rendu compte que j'avais des choses à partager, sans pour autant rédiger une longue chronique. Des impressions glanées ça et là. Un film, un livre, un concert. Juste des flashs, des instantanés, à l'instar de ce qu'on poste sur Instagram, ou Twitter. Donc, le bloc-note express revient. 

    En vrac, les choses vues.

    L'expo Hergé au Grand Palais. Un must pour Tintinophiles de 7 à 77 ans. Hergé dans toute sa complexité.

    Les 7 mercenaires, décent. Mais une semaine plus tard, il n'en reste pas grand chose. Un peu comme ces vins avec une belle attaque en bouche. Mais qui ne te laissent aucune impression durable.

    Dogs, thriller roumain. Brutal. Intéressant. 

    Côté choses lues, la bio de Bruuuuuuce, Born To Run. Le Boss est grand. on le sait. Il est l'ultime working class hero. Il se livre, pudique et proche. Il se raconte. Comme un pote. Comme le pote que tu as envie d'avoir. Solide. Fiable. Le chapitre évoquant la mort de Big Man m'a secoué. A lire. 

    Côté concerts, Chinese Robots dans un bar rock de Paname. Très gros son. Très électrique. Papooz, en showcase chez Sony, de la pop lumineuse, dansante, fraîche comme un cocktail d'été.

    C'est tout.

    A plus. 

    On fera plus long la prochaine fois.

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  • Requiem pour CD évaporés

    L'iPod a changé ma vie. Il y a déjà plus d'une dizaine d'années. Finies les valises de K7. Finis les pochettes bourrées à blocs de CD, extraits de leurs boîtes, le temps d'un voyage ou des vacances. L'iPod, puis l'iPhone, l'iPad, l'ordi ont permis de se balader partout avec du son. Avec une collection complète. Sacré Steve, je te dois une fière chandelle! J'en ai passé des nuits à numériser ma collection de CD. Des heures à ripper. A classer. A laisser Gracenote rechercher les références. Puis j'ai acheté moins de CD. j'ai téléchargé. Mea culpa. Mea maxima culpa. Désolé Lars, j'ai aimé Napster, puis Kaazaa, puis les torrents. J'ai rempli des disques durs. J'ai mis mes CD de côté. D'abord sur des étagères. Ils y ont pris la poussière. Puis un jour dans des cartons. Dans une cave.

    Cinq années ont passé. 

    Et l'envie m'a pris de me revisiter la collection. Pour y retrouver des sons oubliés, des notes de pochettes, des raretés un peu oubliées. Pour le plaisir tactile de manipuler l'objet. Et là, tout à coup, le drame... CD disparus. Evaporés. 

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