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rock - Page 5

  • Ce que nous rapelle Bowie

    Saleté de Twitter dont la timeline commence à ressembler à une rubrique nécro permanente avec pleurs, grincements de dents et compassion obligatoire pour les chers disparus... Saletés de médias dont la teneur éditoriale commence à ressembler à une nécro permanente, etc... Saleté de gens qui se sentent obligés d'y aller de leur larmichette et de s'émouvoir dès qu'une célébrité est arrachée à l'affection des siens... Bref, pleurs et cris. Mine de rien, il y a un petit côté Corée du Nord dans ces torrents de larmes trop massifs pour être vraiment honnêtes. Quelque chose de finalement ultra conformiste. Un mort, des larmes. Automatisme.

    Certains se sont émus de cette compassion permanente, laissant entendre que tout de même, France Inter (entre autres) n'aurait pas du accorder tant de temps d'antenne à l'évocation de la mort de David Bowie... Certes.

    Mais, et ce faisant je prêche pour ma paroisse, la disparition, la mort d'une icône comme Bowie m'a stupéfié. Le genre de nouvelle qui tombe de façon imprévue au petit matin. Alors que l'artiste vient de sortir un album, dont il faut reconnaître qu'il est, en toute objectivité, plus que décent, car finalement conforme à l'idée qu'un fan de rock puisse se faire des capacités créatives d'un artiste connu pour sa capacité à prendre son public à contrepied. Pour le béotien, pour le novice, pour celui qui se fout du rock ou de la pop, la mort de l'artiste glissera comme l'eau sur les plumes du canard (qui est toujours vivant, vieille blague issue des tréfonds des 60s). Quoi qu'il en soit, le constat est là, l'artiste n'est plus et, là aussi, il faut le reconnaître, il a réussi sa sortie. Album (Blackstar), clip (Lazarus), ultimes photos, pas de cérémonie. Pas d'images de déchéance. L'élégance jusqu'aux derniers instants, une maîtrise absolue de la communication et du timing. Parfait. 

    A ceux qui pensent qu'on en aurait trop fait, on peut opposer l'idée que Bowie représente une carrière de presque 50  années, avec des pics créatifs, des bas, et au final, consistance, densité et une véritable oeuvre, musicale et visuelle. A l'heure de l'éphémère, de la star jetable, on sent poindre dans les esprits une sorte de nostalgie d'un temps où une carrière artistique se construisait dans la durée. Il y a toujours eu des gloires éphémères, des "one hit wonder". Bowie aurait pu en être. Ses biographes racontent que Space Oddity aurait pu n'être qu'un passage fulgurant dans le paysage encombré de la pop anglaise des 60s. Mais l'artiste avait de la ressource. C'est peut-être ça qui a fait la différence, la vision, l'instinct, le génie... Créer, tenter, inventer, explorer, et avoir le sens inné de la communication. S'exposer, disparaître, revenir. Les réincarnations de Bowie sont multiples. A chaque étape, un nouveau public. Jusqu'à devenir culte. Et durer dans le temps. Chacun a son Bowie. Son expérience personnelle. Unique. Ceux qui sont plus Ziggy, ceux qui sont Thin White Duke, ceux qui ont adhéré à Bowie période Let's dance/Prédateurs/Furyo. C'est probablement ça que l'on va pleurer dans cette époque incertaine. Va-t-on pleurer les One Direction dans 50 ans? Une fois que le dernier membre vivant aura tiré sa révérence? J'ai comme un doute. Pleurerai-je Ty Segall? Kurt Vile? Thom Yorke? Pharrell? J'ai un doute aussi. D'abord, je pars d'un postulat absurde, celui d'être encore suffisamment lucide et pas encore assez liquide pour écouter encore du rock à l'âge canonique de 101 ans... La surdité aidant, je plains les voisins de cimetière... On verra.

    J'ai tout de même une conviction un peu étrange que les années qui viennent vont être celles où les baby boomers vont voir leurs héros d'adolescence et ceux qui ont fait la bande-son de leurs années de jeunesse éternelle, tirer leur révérence les uns après les autres. Ceux qui ne sont pas morts à 27 ans d'une OD vont tranquillement mourir du cancer, dans leur lit, normalement. Normalement. Même pas coincés dans leurs toilettes comme le King. Ils vont mourir vieux. Comme nous. C'en est flippant. D'autant plus que ces mêmes stars vieillissantes continuent de remplir les salles et les stades. En mode nostalgie. Comme si le monde du rock n'était finalement plus que le musée Grévin. 

    Alors que faire? Aller dans les petites salles, tenter de déceler les pépites, se faire plaisir, donner leur chance à des inconnus, se foutre de la pérennité, ne pas suivre la masse, écouter, sentir la vibe, et toujours mettre les curseurs sur 11... 

    Et chanter Ziggy Stardust, China Girl, Starman et Heroes sous la douche, ou au volant. 

    Jusqu'au prochain. 

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  • Lemmy

    Motörhead est aujourd'hui patrimonial. Et pour être franc, je suis venu à Motörhead un peu sur le tard. Ou j'y suis revenu. Ou j'ai été prisonnier de certains carcans mentaux de l'adolescence qui m'ont fait négliger le metal, à l'époque. Parce qu'on ne pouvait pas écouter du punk et du hard rock, Parce que ça n'était juste pas possible. Parce qu'on devait être Rock&Folk ou Best. Parce ce que YouTube n'existait pas. Parce que la musique n'était souvent que papier, au travers des récits de Garnier, Manoeuvre et compagnie. 

    Mais No Sleep Till Hammersmith, Ace of Spades, Saint Valentine's Day Massacre, l'EP avec les moches de Girlschool, sont tant d'images qui restent gravées dans des pans de mémoire d'adolescence.

    Quelques années plus tard, Napster, Kazaa, les bit torrents ont permis des sessions de rattrapage, intensives. YouTube a comblé les vides, mis des images sur les sons. 

    Le temps a passé. Les gloires éphémères se sont volatilisées. Les modes aussi. Nos rockers, ceux qui ont passé l'âge fatidique de 27 ans, se sont tranquillement embourgeoisés. Jusqu'à parfois l'absurde. Vacances, santé, plans de carrière, sécurité. On fait du rock comme un job ordinaire, quelques tatouages en plus. Les vieux rockers se produisent sur scène, sortent des albums. Remplissent les stades. On se demande parfois, s'il ne faudrait pas vendre un rein pour assister à ces shows parfaits aux effets spéciaux surgonflés, dans ces arènes où la moindre bouteille d'eau se voit délestée de son bouchon et où la législation anti-tabac expose tout un chacun aux effluves sui generis de son prochain. Bref, on s'emmerde au prix fort pour aller écouter U2, Coldplay ou Beyoncé. Voire Deep Purple.

    Une idée de rébellion qu'incarnait le rock est morte et enterrée. Même si le 13 novembre a tragiquement réveillé la flamme. Paradoxe, Motörhead devait jouer à Paris le 15, concert annulé. Mais Lemmy ne jouera plus à Paname. Cette fois-ci c'est définitif. Le crabe l'a eu. Foudroyé. Crac. En 3 jours à peine. Une mort presque normale. Pas de "longue et douloureuse maladie", un truc rapide, comme l'avion de Buddy Holly, le camion de Duane Allman. Pas de Mark Chapman, pas de coups de flingue. Killed by Death, comme il le chantait. La Mort a fini par l'avoir. Au bout de 70 ans. 

    Quand on réécoute Motörhead, à donf comme il se doit, il y a le bruit et la fureur, sans artifices. Guitare, basse, batterie, attitude. L'essence du rock'n'roll. L'alpha et l'omega. Le Yin et le Yang. Et le sentiment d'urgence permanente. 

    Les t-shirts Motörhead vont resurgir sur les torses siliconés de fashonistas. Tout comme hier elles portaient les couleurs des Ramones. 

    Pendant ce temps, on va ressortir la bière, on va boire du lourd, on mettra le son sur 11. Et on braillera Ace of Spades d'une voix éraillée. 

    Et ça sera juste et bon. Et on fera cela en mémoire de lui. 

    A la tienne, Lemmy.

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  • Merci pour ces moments

    Comme promis dans le post précédent, en vrac sans hiérarchie, de mémoire (enfin presque)... mes beaux moments de 2015: 

    Interstellar, revu deux fois de suite. Emotion, prise de tête, beau.

    Fauve, nouvel album, Olympia, Rcok en Sein et clap de fin au Bataclan.

    Fuzz, grosse baffe dans la tronche, Route du Rock et Rock en Seine, du gros rock, du gros son, et cadeau de Noël.

    Savages, Route du Rock, en noir et blanc, ferveur chamanique, sensualité envoutante.

    Star Wars VII, retour aux sources, retour à l'esprit des origines de l'épisode IV, j'ai à nouveau 14 ans.

    Aarto Paasilinna et son humour ravageur, belles heures de lecture, Le Fils du Dieu de l'Orage, entre autres.

    Mad Max Fury Road, grosse claque visuelle, reboot complet de la saga. Bruit et fureur.

    Je suis Pilgrim, le thriller qui tue, 900 pages trépidantes.

    Shaun le mouton, Wallace et Gromit, l'univers magique du Studio Aardman aux Arts Ludiques.

    Father John Misty, crooner morrisonien, Route du Rock, l'attitude, les mélodies, le charisme.

    Pete et Carl, bordéliques et imparfaits, Rock en Seine.

    Le retour du Chat du Rabbin, et la magie intacte de Joann Sfar,

    Millenium 4, malgré la hype, malgré le sacrilège commis en l'absence de Sieg Larsson retenu dans l'au-delà.

    Springsteen, The ties that bind, The River, I come from down in the valley... Le Boss, encore et toujours.

    Le retour des Cowboys Fringants, plus en forme que jamais, Octobre.

    Republik, le retour de Frank Darcel, Rock in Rennes.

    Daho à Rock en Seine et des classiques revisités avec fièvre.

    FFS, Franz Ferdinand, Sparks, magie autant sur scène que sur album.

    Jeanne Added, interprétant Bowie dans le spectacle de Decouflé, ou les titres de son propre premier album.

    Comme un avion, le cinéma simple et frais de Bruno Podalydès.

    Homeland, saison 5.

    Game of Thrones, saison 5.

    Sicario, Good Kill, des flingues, des narcos, des drones, des jihadistes. Du ciné glaçant et efficace. 

    Les Fauvettes, y revoir Blade Runner et Alien sur grand écran.

    Les Tontons Flingueurs en salle sur grand éccran, moment culte.

    Flavia Coelho, live à Rabat. Magique.

    Traverser Paris en roller, quand il n'y a encore personne dans les rues.

    Entendre El Mariachi dans un rade mexicain au fin fond du Morelos.

    Ecouter de la salsa à Santa Cruz de la Sierra.

    Le retour de la vengeance du blog de Yoda, version papier. Joie.

    Le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas, deuxième édition.

    ...

    J'en oublie. Probablement. La mémoire est traitresse. 

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  • Rock en Seine 2015 - Jour 3

    C'est dimanche. Alleluia. L'Eternel en sa bienveillance a réglé la météo sur beau fixe. On aborde la dernière journée du Rock en Seine avec une forme de sérénité. Wayfarer, Converse... Classique, quoi. Ca c'est un peu le trip blogueuse mode, "mon look spécial festival". Je vous épargne toutefois la photo en mode duckface... On a passé l'âge... Au programme du lourd et du soft. Du gros son qui fait saigner les esgourdes et de quoi faire un tri cosmique... Bref, prometteur. Même si, l'arrière du mollet commence à chauffer. Tout est dans la préparation physique, on ne le répètera jamais assez!

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  • Rock en Seine 2015 - Jour 2

    Un festival c'est physique. Il faut s'attendre à marcher, d'une scène à l'autre. Il faut s'attendre à rester debout pendant quelques heures. On hésite à chiller, tant la programmation peut être dense. Le genre de plan qui pousserait à s'allonger dans l'herbe au soleil bercé par la musique, les beats martiaux, le grondement des basses... On ne le fait pas. Enfin, moi je... C'est un choix. 2ème jour de Rock en Seine, et plein de choix sous un soleil de lomb, rythmé par l'ingestion de liquides houblonnés, selon un vieux principe de consubstantialité: bière et rock font partie d'une même cosmogonie. Comme me le rappelait un pote en rock'n'roll, la bière, la bière, qu'a-t-elle fait de toi la bière... Bon, pas de quoi se déguiser en licorne, en Totoro ou en banane (choses vues)... Résumé des affaires en cours...

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