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Rechercher : tokyo

  • Absence

    Note d'hommage. A un ami, un poto, un confrère. Qui a eu le mauvais goût ou l'élégance suprême, qui sait, de décider de nous fausser compagnie, définitivement. Fatalement. Appelons-le JB, JiBi, JayBee, on n'est pas loin de la vérité. Appelons-le Oliver Niven, son double. Disons que c'était un pro de l'international. De la pub internationale. Nous faisions le même job, dans la vie vraie. Dans des titres concurrents. Et complémentaires. Dans nos métiers, loin de la blogosphère, nous sommes peu nombreux, sur la place de Paris. Dans les médias français. A commercialiser l'espace publicitaire de nos titres de presse auprès de marques internationales. Nous sommes peu nombreux. A la limite de la secte... Un groupuscule qui parcours la planète. Qui aime l'odeur de kérosène des aéroports, le goût du saké bu à Tokyo, les bas-fonds de Hong Kong, les retards de l'Eurostar, les programmes de fidélité des compagnies aériennes... Un réseau social à part entière. Quelque chose de réel. D'humain aussi.
    Parlons du double, d'Oliver Niven, fils spirituel de l'acteur dandy britannique. Journaliste pour Senso, Série Limitée. Passionné de belles choses. Esthète. Avec qui, chaque déjeuner était un happening permanent... Où l'on cause publicité, quelques minutes, puis où l'on compare les qualités des interprétations des chansons de Burt Baccharach, de Dusty Springfield à Elvis Costello... Des choses essentielles... Des moments où l'interessé d'une voix de stentor réinterprétait le scat de Michel Legrand, entre un verre de sancerre rouge et le café gourmand... Inoubliables instants.
    So long, man.
     

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  • Bloc-note express N°179

    Le weekend dernier fut belge. Bruxellois pour être précis. La précision est importante. Bruxellois ET culturel. Objectif: éviter les trucs touristiques, le Manneken Pis par exemple. Se dire qu'on va visiter le musée de la BD. Et ne pas le visiter. Se focaliser sur la Villa Empain, qui abrite la Fondation Boghossian, laquelle a organisé une belle exposition sur les femmes. Moins militante que l'expo Elles du Centre Georges Pompidou. Plus fine. Des femmes sous le regard des femmes, et de quelques hommes. Sublime et épurée.

    La Centrale Electrique, un lieu entre Palais de Tokyo, Fondation Cartier et Tate Modern miniature... Jane Alexander met en scène son Afrique du Sud, avec d'étranges créatures hybrides, des gants de caoutchouc rouge, quelque chose d'obscur, même dans l'explication de l'artiste...

    Bozar, lieu consacré aux bozars... Plusieurs expos, un choix, celui de se consacrer aux phtographes belges. Etonnantes natures mortes, bunkers renversés, vies de familles...

    Plus loin, Louvain la Neuve, et son Musée Hergé. Je craignais le pire, malgré tout. Essentiellement de découvrir une sorte de Disneyland purement marchand. Le résultat est étonnant, une pure plongée dans l'univers de Tintin, de la ligne claire. Fascination devant les planches originales, devant le coup de crayon, la technique unique et le travail d'équipe incroyable qu'était devenue l'élaboration d'un album de Tintin.

    Mention spéciale, et envie de péter les genoux, voire pire, à l'abruti qui a fracassé la vitre avant de la voiture pour piquer, le minable, un sac posé certes un peu trop en évidence. La prise de contact avec la police belge a été agréable.

    Un point important: toujours partir en voyage avec un copain ayant été chef déco dans le cinéma. C'est fou comment avec un bout de carton et un rouleau de gaffer, il t'improvise une solution de remplacement à ton prpblème de vitre brisée. Avoir avec soi aussi un copain équipé d'un Laguiole, bricoleur de surcroit. Résultat: un ersatz de vitre avant qui protège du vent...

    Voila, quoi. Et on écoute de la new wave belge des années 80. Et quelques raretés, dénichées chez un disquaire local.

    Retour à Paris sans histoires...

    Enjoy!


    Envoyé de mon iPad

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  • La Magnifique Society, parenthèse utopique pour monde en folie

    Notre monde en folie nous donne des envies de devenir goûteur de cigüe... Ou de tenter des combinaisons improbables comme le mojito au Xanax. Ou de la jouer façon Elvis, de sortir un flingue et tirer sur des écrans de télé. A minima de devenir troll professionnel sur les résosocios... Où est le positif? Où sont les belles choses? On se le demande. On cherche. Où sont les moments de légèreté? Les moments de lâcher prise? Les instants précieux où l'on va s'extraire de la grande déprime générale. Un autre monde, l'espace de quelques jours? Possible. C'est ce que propose La Magnifique Society. Nom bizarre. Pour joli concept. Un peu à l'est de Paris, sur les terres de Champagne. A Reims.

    la magnifique society, reims, festivalReims, cela fait des années que je n'y ai pas mis les pieds, j'y ai vécu un temps, je me rappelle d'une ville bourgeoisement calme. Entre cathédrale et biscuits roses. La vile s'est effacée petit à petit de ma mémoire. Malgré les heures passées dans les cafés de la place Drouet d'Erlon. J'y retourne bientôt, pour cette parenthèse enchantée. La Magnifique Society, un festival, mais aussi la promesse d'une expérience collective, artistique, créative. Une rupture avec le quotidien autour de l'art, un monde urbain et bucolique. J'aime l'idée. L'affiche est belle: les élégants Air, la classieuse Agnes Obel, l'énergisant Jamie Cullum, pour ne citer que ceux que j'aurais impérativement envie d'écouter. Juliette Armanet, Fishbach pour la nouvelle vague de la chanson française, Talisco et sa pop chaleureuse. Lescop, Her, Paradis... 3 jours de paix et d'amour, comme on disait il y a très très longtemps. 

    la magnifique society, tokyo space odd, reims, festivalIl y a un truc plus que cooooool à signaler impérativement! Un espace dédié au Japon contemporain et à la culture pop japonaise, inspiré de Shibuya et d'Akihabara. Une expérience unique, le Tokyo Space Odd. J'adore la culture japonaise, l'occasion de m'y replonger (avant un nouveau trip tokyoïte)!

    La Magnifique Society, c'est aussi, en préambule, 3 jours d'expériences et de créations sonores au coeur de la ville. Et 3 jours du musique. Et c'est du 16 au 21 mai!

    Impatient!

    Enjoy!

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  • Kitano vs Rodriguez - Outrage vs Machete

    Deux films, deux réalisateurs que rien ne rapproche sinon le goût exacerbé pour la violence.

    Outrage-p2.jpgKitano Takeshi, japonais, connu aussi sous le nom de scène de Beat Takeshi. Le kid d'Asakusa, quartier populaire de Tokyo. Outrage, son dernier opus, plein de Yakuzas, de froide brutalité, de coups de feus, de morts violentes, filmées de façon presque glaciale, dépassionnée. La critique n'a pas aimé. Trop clinique, gratuit parfois. Une violence qui rappelle celle des films de Scorsese, celle qui vous met dans l'inconfortable position du voyeur impuissant. Outrage est un film âpre. Pas le meilleur de Kitano a-t-on pu lire ça et là. Peut-être s'est-on trompé sur Kitano depuis des années. Du moins en Europe. En France où il est adulé par la presse spécialisée. Elle y a vu un peut-être héritier d'un certain cinéma de qualité - la même presse qui a dénoncé Clint Eastwood comme un infâme faciste avant de le réhabiliter et de l'étouffer sous fleurs et hommages. Chez Kitano cohabitent le bouffon, animateur de jeux télévisés bas du front, et l'auteur. Ses films poétiques ne sont pas les plus intéressants. Dolls exhalait un certain ennui. Hana-bi et Sonatine, détonnaient par l'alternance de poussées de fièvre et de moment de poésie ou de farce. Outrage ne montre qu'une face de Kitano, la brutale. Peut-être la plus proche d'une réalité japonaise qui s'efface tout en influant sur le fonctionnement de la société, avec cette cohabitation permanente entre traditions séculaires et modernité. Peut-être Outrage, avec ses Yakuzas vieillissant, est-il finalement un film sur la perte des repères?

    Machete-Wallpaper-machete-14695551-1680-1050.jpgRobert Rodriguez, mexicain. Proche de Tarantino, avec cette commune passion pour le cinéma de pur divertissement. A ce titre, Machete est un pur produit à déguster sur le pouce en sachant qu'on n'y trouvera pas de réflexion profonde sur le pourquoi du comment, sur les racines du Mal ou que sais-je encore. L'approche est outrancière, filmée nerveusement. La violence est gore, mais un gore réjouissant, car ne se prenant jamais au sérieux. Pas de critique sociale, même si on la sent poindre, le film pourrait être "la revanche des Wetbacks", tant la culture chicano est citée, et exprimée comme presque consubstantielle à la culture des états du Sud des Etats-Unis partageant frontière commune avec le Mexique. Machete est un film d'hommes, et un film féministe. Les femmes manient le flingue, le couteau, féminité exacerbée, sensualité, leadership, elles ne sont pas la récompense du mâle pour le repos du guerrier. Elles règlent leurs comptes, leur vie à tombeaux ouverts, à donf'. Brutales comme des mecs. La vision des mecs chez Rodriguez est binaire, good guys vs bad guys. Le Good Guy, Danny Trejo, dans le rôle-titre a une tête de tueur. Les Bad Guys ont des bonnes têtes d'All American Boys, un peu bourrins, tellement vus dans les films et séries qu'il est réjouissant de les savoir du mauvais côté. Et que tôt ou tard dans le film, leur destin sera contrarié à coup de lames, de lattes, de battes ou de balles... Réjouissant.

    Au final, match nul, avec une petite préférence pour le film de Rodriguez, moment de détente jubilatoire.

    Enjoy!

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  • -M-, son labo, ses rêves

    Je n'ai jamais vraiment été un grand fan de -M-, c'est comme ça. Ca ne s'explique pas. Je n'étais pas fan de Noir Désir non plus. Ca n'a rien n'à voir, cela dit. Je ne suis pas plus fan du retour de Téléphone, pas plus que de Jean-Louis Aubert. Un peu de Renaud (au siècle dernier), un peu de Thiéfaine. Beaucoup d'Higelin. On pourrait y passer des heures. A tenter de lister ce qui dans la pop française m'a marqué à un moment. Même parler de Bénabar ou d'Oldelaf. Mais là je m'égare. Je pourrais évoquer Trénet. Mais on me ferait valoir que l'âge ne fait rien à l'affaire. De Gaëtan Roussel, tiens. Peut-être. De Dominique A. C'est chic, mais ça distille un zeste d'ennui. De Lalanne... euh. Restons sérieux. Pourquoi pas Cali ou Yannick Noah. De Gainsbourg, toujours. De Daniel Darc. Je ne suis pas braqué.

    Mais revenons à Matthieu Chédid. Et à ce projet expérimental qu'il m'a été permis de découvrir pas plus tard qu'hier dans les sous-sols du Palais de Tokyo, confortablement installé dans de moelleux fauteuils de velours rouge, en sirotant quelques gorgées d'une boisson au gingembre pimentée. #M_LAB02M, le nom de code sur les Internets, ou de façon plus claire, la B.-M-, le labo de -M-, une expérience en 3 V, 3 visions du même rêve. Ca c'est le teaser. L'invitation à découvrir quelque chose de nouveau. Dans le noir, écouter une impro musicale accompagnant un texte onirique, poétique. Un rêve. Premier constat, sacré guitariste. Guitar hero. On me l'avait dit, les copains fans. Constat, respect, chapeau bas. 

    On refait l'expérience avec cette fois les images. Le graphisme de Matthias Picard, traits blancs, roses, rouge, or sur fond noir est élégant. Raffiné. Classieux. (Je me rends compte que je l'ai appelé Mathieu Ricard sur Instagram, me mélangeant avec le lama favori des médias).

    Lumière. Découverte des dessins originaux, du livre. Une autre façon d'aborder l'univers singulier de Mathieu Chédid. Que je croise à la sortie. Sympa. Soucieux de savoir si on a aimé, si le son était bon. On échange quelques mots. Et je me dis que je réécouterais volontiers ce voyage musical. 

    [La B.-M-, sortie le 13 novembre aux Editions 2024]

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