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  • Je me souviens du rock (30 ans d'addiction) - N°5

    Je me souviens du concert de Bruce Springsteen à La Courneuve en 1985. Ca avait duré 4 heures avec un entr'acte de 30 minutes... Tous les standards du Boss, et une reprise de Presley, I can't help falling in love with you... Je me souviens de la voix éraillée du Boss qui donnait un relief étrange à la ballade du King.

    Je me souviens d'un concert des Red Hot Chili Peppers à Bercy à la fin du siècle dernier où il ne s'était rien passé. Et d'un concert de ZZ Top au même endroit, qui m'avait laissé la même impression. Je me souviens de shows tellement professionnels que l'émotion était tuée dans l'oeuf.

    Je me souviens avoir trouvé que 200 F pour aller voir U2 à Bercy à la fin des années 80, c'était cher pour un ticket de concert... Je me souviens qu'aujourd'hui pour le même prix tu vas voir Carbon/Silicon au Trabendo...

    Je me souviens avoir vu BB King en ouverture de ce même concert de U2, et avoir trouvé que la première partie déchirait plus que le groupe principal!

    Je me souviens avoir vu The Cure en 85 et avoir trouvé le show fabuleux. J'étais il est vrai derrière un groupe de fumeurs de joints...

    Je me souviens avoir vu The Cure en 89 et m'être ennuyé à mourir...

    Je me souviens des Shop Assistants, de Green on Red, de Camper Van Beethoven...

    Je me souviens avoir vu This is Spinal Tap et avoir adoré l'histoire des amplis avec les potards qui vont jusqu'à 11...

    Je me souviens de Tommy et de la scène où Ann-Margret se vautre dans les baked beans... Je me souviens avoir trouvé ça très troublant...

    Je me souviens avoir mémorisé l'ensemble des lyrics de The Wall...

    Je me souviens d'un concert de Nina Hagen où elle faisait des medleys hallucinés de Carmen, My Fair Lady, Ave Maria...

    Je me souviens de Big Country et de ses guitares au son de cornemuse. Je me souviens qu'un des membres du groupes avait fini par se suicider, ne supportant pas s'être retombé dans l'anonymat...

    Je me souviens avoir été touché par la mort de Joe Strummer en 2002...  Je me souviens avoir été fier de travailler au Monde ce jour-là, le journal ayant publié sa nécro dans le carnet du jour. Je me souviens avoir ressenti la même chose le jour de l'annonce de la mort de Joey Ramone...

    Je me souviens avoir acheté London Calling pour 5 £ à Perth pendant un séjour linguistique en Ecosse. Je me souviens avoir eu le projet d'aller assister à un concert de The Damned à Dundee, avec les autres Frenchies du séjour... Je me souviens que nos familles d'accueil n'avaient pas trouvé ça drôle...

    Je me souviens des heures passées dans les magasins de disques à fouiner...

    Je me souviens avoir toujours passé des heures chez les disquaires, à Londres, San Francisco, Tokyo ou Hong Kong, pendant mes voyages professionnels... je me souviens avoir cherché à capter le son local et faire des découvertes...

    Je me souviens de Faye Wong, star à Hong Kong, dont j'ai acheté tous les CD... Je me souviens que des membres de Cocteau Twins avaient produit un de ses albums. Je me souviens de Glay, groupe de J-pop, découvert à Tokyo...

    Je me souviens avoir mis un certain temps à comprendre le mode de classement des artistes étrangers dans les magasins de disques asiatiques... Je me souviens qu'Eric Clapton était à la lettre E...

    Je me souviens avoir entendu un reportage sur le concert des Ramones au Palace en 80 qui aurait fissuré les murs... J'ai toujours pensé que le journaliste avait exagéré...

    Je me souviens avoir considéré les fans de hard rock comme des abrutis bas du front pendant des années, jusqu'à ce que je me rende compte que le punk bourré ne valait pas mieux...

    Je me souviens de Headbangers Ball sur MTV et de sa présentatrice au look invraisemblable...

    Je me souviens de l'album Unplugged de Dylan, où l'on ne reconnaissait aucun morceau, tellement le Zimm les avait déstructurés et revisités...

    Je me souviens de Madonna au Parc de Sceaux et des sifflets quand elle avait mentionné le nom de Jacques Chirac...

    Je me souviens de Rouen, des Dogs, de Dominique Laboubée, de Too Much Class for the Neighborhood...

    Je me souviens de l'Exo7 à Rouen, où j'avais découvert ce qu'était l'essence de l'esprit rock...

    Je me souviens avoir organisé avec quelques comparses un concert d'Eyeless in Gaza à l'Exo7... et du déficit de 8 000 F en résultant...

    Je me rappelle avoir découvert ce jour-là que les musicos végétariens considèrent la bière comme un légume dont il faut user et abuser... Je me souviens avoir été surpris par la capacité d'absorbtion du duo et de son manager...

    Je me souviens de Laurent L, étudiant à Rouen, comme moi, qui encensait des groupes obscurs un jour et considérait qu'ils  devenaient commerciaux à partir du moment où dix personnes commençaient à en parler...

    Je me souviens avoir été surpris le jour, où il débarqua sur le campus de notre école de commerce avec une coupe iroquoise...

    Je me souviens d'un concert des Sugarcubes à l'Elysée Montmartre... et de Björk déjà insupportable...

    Je me souviens avoir découvert La Mano Negra sur la Voix du Lézard...

    Je me souviens avoir vu Lloyd Cole & The Commotions et Big Audio Dynamite le même soir... Je me souviens que celle qui quelques années plus tard est devenue mon épouse, s'est endormie pendant le concert...

    Je me souviens avoir vu Green Day à Madrid avec mon représentant commercial local... et avoir vu le groupe détruire tout son matériel en fin de concert...

    Je me souviens d'un bar dans la banlieue de Rouen dont le taulier aimait Blurt... Je me souviens avoir trouvé qu'avec le free jazz, c'était le truc le plus insupportable que j'avais jamais entendu, et n'avoir pas changé d'avis depuis...

    Je me souviens qu'il s'est passé 29 ans entre le moment où j'ai entendu parler de Manifesto et celui où j'ai écouté cet album de Roxy Music...

    Je me souviens du MiniDisc et du Walkman...

    Je me souviens avoir acheté un Walkman enregistreur avec mon premier salaire lors de mon premier stage dans une banque... Je me souviens avoir acheté Combat Rock (The Clash), Precious Time (Pat Benatar) et la BO de Furyo...

    Enjoy!

     

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  • Bloc-note Express N°35

    Lundi matin, Le Monde... Quelle sera la réaction des salariés du groupe une fois l'annonce par Eric Fottorino et David Guiraud du plan de redressement? L'ambiance promet d'être muy caliente... Grève ou pas grève? Premières réactions recueillies hier par Libé, qui est déjà passé par là et pour qui un plan de redressement drastique est déjà de l'histoire presqu'ancienne, à lire icitte. Un Monde cruel, titre de l'article. Il est vrai qu'au travers des années de crise structurelle, assaisonné d'un peu de conjoncturel, le monde de la presse, dans son ensemble, n'a plus la philosophie placide et débonnaire de celui des Bisounours... Nous verrons si Nietzsche a raison... Ce qui ne te tue pas, etc...
     
    1241824830.jpgPropaganda... Un livre fondamental d'Edward Bernays, écrit en 1928 et qui garde toute son actualité. Edward Bernays fait partie des inventeurs des relations publiques... Le sous-titre du livre est évocateur: "Comment manipuler l'opinion en démocratie"... Rien que ça... Normand Baillargeon, universitaire canadien écrit dans la préface de la réédition (en 2007) de l'ouvrage, que Josef Goebbels s'est inspiré des travaux de Bernays... Oooops! Néanmoins, l'approche théorique est passionnante. Bernays fut un des premiers à s'intéresser au fonctionnement du corps social en utilisant la psychanalyse, les sciences sociales... Il était par ailleurs neveu du grand Sigmund F... Une citation: "La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays"... Nous y sommes, d'un côté les masses, qui développent une conscience sociale. De l'autre le gouvernement invisible qui ne pouvant agir par la contrainte pour respecter le fonctionnement de la démocratie, et usent de mécanismes plus subtils, pour amener la majorité à partir en guerre dans la joie ou acheter du savon Lux, etc, etc...
     
    Lost in Translation J-5... Samedi prochain au petit matin, départ pour Roissy. Embarquement pour Seoul. Deux ans493687027.jpg que je n'ai pas visté le pays du kimchi et d'OhMyNews... Et le mercredi suivant, Tokyo. Les cerisiers sont en fleurs, c'est Cherry Blossom. La renaissance. 
     
    1922312040.jpgThe Rhythm, c'est parti. Comité éditorial avec mon acolyte tous les weekends. Ce qui est passsionnant dans la démarche est de comprendre et dévoiler si besoin est, la mécanique qui permet l'élaboration d'une playlist. Pourquoi tel morceau va coller avec tel autre, etc... Pourquoi James Brown après Fela? Et Oscar D'Leon, on le case où? L'industrie musicale est en ruine, mais semble se resaisir si l'on en croit cet article publié sur Le Monde.fr... Les pontes des majors auraient enfin compris que tenter d'arrêter un torrent avec leurs petites mains et leurs petits doigts était illusoire. Qu'il fallait s'adapter pour sauver ce qui peut encore l'être et inventer quelque chose de nouveau. En attendant, The Rhythm va apporter sa pierre à l'édifice, visitez le site, rejoignez le groupe sur Facebook. Stay tuned!
     
    1570622240.jpgAutre article passionnant sur Le Monde.fr... une interview de Vinton Cerf, aka God! Un des créateurs de l'Internet. A déguster icitte. Un verbatim: "Je pense plutôt qu'Internet se transforme selon un phénomène de coévolution: il interagit avec tout ce qui l'entoure, et s'adapte. Les nouvelles applications poussent le Réseau jusqu'à ses limites et contraignent à créer de nouvelles solutions techniques." Internet, et le modèle de la fourmilière. Deux fourmis prises isolément n'ont aucun intérêt, mais si on considère l'ensemble des fourmis, on a la vision d'un écosystème à part entière. Wow!
     
    Dernier point... Une anecote concernant Facebook... Les djeunz d'aujourd'hui investissent massivement le machin, ils y créent des groupes, s'expriment, se lâchent. Quelques annés avant pendant leurs années collège ils avaient des blogs sur Skyblog. Avec une orthographe apporximative et beaucoup de bonne volonté, ils s'exprimaient, se lâchaient. Où s'arrête la liberté d'expression? Où commence la diffamation? Quelles sont les parades pour les profs ou les institutions qui se voient caricaturés? Les gamins de 12 ans, les djeunz de 15 sont toujours persuadés que le web est un vaste journal intime... qui ne sera lu que par leur premier cercle... Quand le périmètre du cercle pète, quand les informations sont lues par ceux qui ne devraient pas y avoir accès, les adultes... Le clash des générations est brutal. Après l'affaire Note to be, après l'affaire Fuzz (dans un autre registre, même si il y est aussi question d'atteinte à la vie privée des personnes), il va falloir faire preuve de pédagogie auprès des jeunes utilisateurs d'Internet pour qu'ils modèrent les contenus...
     
    Enjoy! 
     
     

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  • Requiem pour CD évaporés

    L'iPod a changé ma vie. Il y a déjà plus d'une dizaine d'années. Finies les valises de K7. Finis les pochettes bourrées à blocs de CD, extraits de leurs boîtes, le temps d'un voyage ou des vacances. L'iPod, puis l'iPhone, l'iPad, l'ordi ont permis de se balader partout avec du son. Avec une collection complète. Sacré Steve, je te dois une fière chandelle! J'en ai passé des nuits à numériser ma collection de CD. Des heures à ripper. A classer. A laisser Gracenote rechercher les références. Puis j'ai acheté moins de CD. j'ai téléchargé. Mea culpa. Mea maxima culpa. Désolé Lars, j'ai aimé Napster, puis Kaazaa, puis les torrents. J'ai rempli des disques durs. J'ai mis mes CD de côté. D'abord sur des étagères. Ils y ont pris la poussière. Puis un jour dans des cartons. Dans une cave.

    Cinq années ont passé. 

    Et l'envie m'a pris de me revisiter la collection. Pour y retrouver des sons oubliés, des notes de pochettes, des raretés un peu oubliées. Pour le plaisir tactile de manipuler l'objet. Et là, tout à coup, le drame... CD disparus. Evaporés. 

    Il ne restait qu'un vague carton... Celui avec la musique classique. Le plus maigre. Avec un peu de jazz, un tout petit peu de rock. Mais l'essentiel, des années d'accumulation, d'achats d'impulsion, avec du bon, du moins bon, rien de totalement inavouable, mais souvent des galettes liées à un moment précis... Perdus. Volatilisés. 

    Etrange sensation d'impuissance. Les souvenirs remontent. On fouille à la fois la mémoire et les tiroirs. mais l'essentiel est parti. J'ai longtemps adoré trainer dans les magasins de disques. Quelque soit l'endroit. A commencer par les longues errances dans les rayons de la Fnac, à l'heure du déjeuner. j'ai toujours aimé avoir une Fnac à proximité du bureau. L'occasion, avant YouTube, avant Spotify, avant le "tout disponible à tout moment", de découvrir des sons nouveaux, de mettre une musique sur un nom découvert dans Libé, les Inrocks ou Rock & Folk. Et il y a eu les voyages. Toujours aller chez le disquaire. Toujours essayer de trouver LE truc local, le truc du moment. Toujours curieux. 

    New York, avril 1990, je débarque aux Etats-Unis pour la toute toute première fois... Dans la tête, la BO de Do The Right Thing. J'y ai découvert Public Enemy. Fight the power, get free. Premier achat, deux albums, It takes a Million to hold us back, Fear of a Black Planet. L'association est immédiate. des années plus tard, Public Enemy évoque NYC. 

    J'ai été fan de Garth Brooks. J'ai tous les albums. Enfin, j'avais. je les commandais sur Amazon, directement des Etats-Unis. On ne les trouvais pas en France. 

    J'avais trouvé à Francfort une compil de Spliff, fleuron de la Neue Deutsche Welle. dans sa boîte métallique du meilleur goût. 

    J'avais trouvé à Tokyo un live de Blur. Magnifique. Evaporé. 

    J'avais acheté par curiosité When I Look In Your Eyes, de Diana Krall. Qui se clôt par la sublime Why Should I Care? co-écrite avec Clint Eastwood. Je me rappelle de l'année, du moment. J'ai acheté tout les albums de Diana Krall par la suite.

    Les albums d'Iggy, les albums de Clash. Gainsbourg, Bashung, le premier Air, la BO des Blues Brothers, celle des Ailes du Désir.

    Je ne suis pas fétichiste de l'objet. Mais, cette dépossession brutale m'a collé un petit coup.

    Je regardais un film. J'y entends un classique de Bing Crosby, I'm an old cowhand (from the Rio Grande)... Et je repense à la version de Harry Connick Jr. Dans un album de 1992, 25. Gros kif à l'époque.

    Je me rappelle de ma redécouverte de Springsteen, dont j'avais décroché. Human Touch et Lucky Town. Pas les meilleurs. The Ghost Of Tom Joad, puis le retour du E-Street Band. The Rising, commandé dès sa sortie.

    Neil Young. Harvest Moon.

    Bowie. Stage.

    Joe Jackson. Big World.

    Nougaro. Nougayork.

    Rita Mitsouko. Marc et Robert.

    Violent Femmes. Hallowed Ground.

    J'en oublie.

    Aujourd'hui ma collection de mp3 est largement plus étendue que ce que je pouvais posséder en version physique. Certes. Mais c'est autre chose.

    Bref, je n'ai plus que quelques dizaines de CD. En vrac. Avec des vides. Des pans béants.

    Voila. Une pointe de nostalgie. 

    Il me reste quand même mon Nightfly de Donald Fagen. Mon Nevermind de Nirvana. Des bribes. J'ai quand même, ô symbole, retrouvé le tout premier CD que j'ai jamais eu en ma possession. Strong Persuader de Robert Cray. C'est déjà ça...

    That's all.

    Les sons évoqués dans cette note sont ici: 

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  • J’ai survécu au Hellfest

    HellfestQuelques années de macérations, quelques années d’hésitations. J’y vais, j’y vais pas. Et - sous l’amicale pression de quelques potes de festivals, craquage de slip, cassage de cochon-tirelire, et décision rapide, un soir d’octobre 2017. Message express de l’ami Tom, les pass 3 jours sont en vente, et ça part TRÈS vite. Achat en ligne, entre deux bières. Sachant que bière, festival et metal sont consubstantiels. C’est raccord, y’a pas photo. La programmation n’est même pas annoncée. Surprise, surprise. Bon en général y’a du lourd. Mais le groupe de metal mythique, ça commence à dater... Déjà que je ne vais pas voir les Stones. Alors vendre un rein pour aller voir des septuagénaires cachant leur calvitie sous des bandanas le bide moulé dans un fute en skaï, que nenni...

    Et puis le metal... Non mais sérieusement. Quand j’avais quinze ans j’avais choisi mon camp. Punk, new wave, post-punk. On écoutait AC/DC à la rigueur, mais Iron Maiden, Judas Priest, Saxon & co, NO WAY !!! Il fallait se balader le regard sombre, l’air lugubre, en écoutant Cure ou Sisters of Mercy. Un peu blafard, en trainant son spleen d’adolescent.

    Avec les années, soit les chakras s’ouvrent, soit le goût s’altère, soit la sénilité guette...

    Et c’est comme ça qu’on se retrouve un vendredi de fin juin en plein cagnard, un pichet de bière d’une main, un gobelet en plastique de l’autre, bouchons d’oreilles dans les esgourdes pour s’éviter les acouphènes et séquelles auditives possibles, à naviguer de scène en scène sur le site du Hellfest. A Clisson, Loire-Atlantique.

     

    HellfestLe décor, métal rouillé, ambiance Mad Max. Le public, t-shirts noirs, tatouages, pour l’essentiel, j’y reviendrai. Le son est puissant. A la convergence de certaines scènes, dans des espaces vastes, les sons de death metal, metal tout court et hardcore se mélangent joyeusement. Tu t’installes et tu vibres. Tu te prends des coups. Tu bois ta bière. Au soleil. Tu checkes le programme. Tu sais déjà ce que tu veux voir, mais tu es ouvert. Un coup de sérendipité, ça ne mange pas de pain. D’autant plus qu’on n’est jamais à l’abri d’un coup de cœur, d’une découverte, du son qui te colles au mur. Côté décibels, t’es d’emblée scotché…

    Mais reprenons, jour 1, arrivée sur zone. Premier test, le parking. Pas de champ comme à la Route du Rock. Au Hellfest on se gare où on peut. A l’arrache. Le moins loin possible. En fonction de l’horaire d’arrivée, la notion de « moins loin » devient très relative. En créneau, en épi, en perpendiculaire, dans le fossé, au milieu de la route, sur un terre-plein, penché à la limité du décrochage (histoire vécue), en mode « jusque-là ça va, on verra bien ». Et tu marches jusqu’au site. Sous le soleil exactement. Tu as déjà soif. c’est le dernier moment où, premier jour oblige, tu penses à boire de l’eau. Fatale erreur. La suite n’en sera que plus pénible à gérer. Au moins le lendemain matin…

    Arrivée sur le site. Le dress code est donc plutôt noir, t-shirt avec pentagramme, tête de bouc, logo de groupe présent ou non cette année, collectors des années passées. Plus bermuda ample, plus baskets ou Doc. Et tatouages. Plus ou moins étendus, plus ou moins artistiques. Évidemment, un groupe de gusses non tatoués (voir document accablant ci-dessus) avec des chemises hawaïennes ça se remarque. Ou pas. Car c’est le lieu où objectivement, se balader nu avec une plume d’autruche dans le cul, ne surprend personne ! Tu es gras du vide, tu veux te promener pendant 3 jours dans le maillot de bain vert de Borat, bienvenue au Club ! Tu as un costume de Pikachu, no problemo. Le premier jour, j’ai croisé la Reine des Neiges, et sa sœur, libérées, délivrées, la barbe au vent. Blanche Neige, barbue elle aussi, avec des boobs surdimensionnés n’avait pas l’air d’avoir peu des chasseurs… Le Hellfest, c’est la décontraction vestimentaire, c’est la fête des fous. Et ça fait du bien. Surprise, il y a un accessoire inattendu qu’on croise en général assez peu en festival, le fauteuil de camping, pliant, avec le porte gobelet intégré. C’est marrant. Ça se porte manifestement plié accroché au sac à dos. Et ça fait mal dans le moshpit… Mais à part ça RAS.

    Premier pichet de bière pour mise en condition. Rock et bière, bière et rock. On frise le pléonasme.

    HellfestEt on attaque avec Joan Jett. La soixantaine fringante. Et on braille le refrain de Cherry Bomb, I love Rock’n’roll, Crimson & Clover, Don You Wanna Touch. Patrimonial. Bonne entrée en matière. Le soleil brille. La couenne crame.

    Direction la Warzone, Uncommonmenfrommars, punk rock débridé. Retour Mainstage pour Hollywood Vampires. Johnny Depp est sympathique, mais n’est objectivement pas un grand chanteur. C’est amusant, parfois un peu anecdotique. Alice Cooper chante I’m eighteen. Fait un rappel sur School’s out. Le Coop est énorme. Comme une envie de se jeter au sol en clamant « I’m not worthy, I’m not worthy ! » (Pour les non-fans de Wayne’s World, vanne incompréhensible. Au même titre que le frontispice à l’entrée du Hellfest, ampli avec tous les potards calés sur 11. Toute personne n’ayant jamais vu Spinal Tap, passera à côté du sel de la vanne).

    Mais revenons à nos métallos. Pause bière. On ne compte plus les pichets. La Grim coule à flots. Ceci est juste et bon. On sort le bandana pour se protéger les naseaux de la poussière qui monte inexorablement dans l’air chaud dans les chemins menant aux différentes scènes. Devant les scènes, des zones pavées, moins confortables en cas d’atterrissage brutal, mais moins poussiéreuses en cas de stampede…

    HellfestLa nuit tombe tranquillement et l’on s’achemine tranquillement vers la Warzone pour le set de Bad Religion. Plus des gamins, mais de bons punks sans crête, sauvages à souhait. Du bon gros son qui secoue. En attendant le show de Judas Priest, avec cuir, clous, métal et Harley. Et l’organe strident de Rob Halford. On braille Breaking The Law. Rob Halford, c'est la Madonna du metal. On ne compte plus les changements de costume pendant  la durée du set... Dernière gorgée de bière. Un coup de Rise Against en guise de digestif. Fin des hostilités, recherche du véhicule. On ze road again. Retour au bercail.

    Jour 2, arrivée sur zone à 12h15. On ne rigole plus, on est des gens sérieux. On a pu constater de manière scientifique que s’il y a de l’eau dans la bière, il n’y a pas que ça. Et que boire de l’eau a des vertus. Au moins une, faite que l’on ne se couche pas avec une barre de fer dans la tête et se réveille avec la même barre. Pas de rireHellfest. L’hydratation, impératif catégorique. La sieste aussi. En vrac, posé à même le sol. Jour 2, arrivée 12h15, départ pour retour bercail 00h30. Le Hellfest, c’est l’héroïsme au quotidien. Et encore, en s’épargnant moshpits et circle pits. Ok, je sais, c’est pas glorieux. Mais, comme disait Maître Bashung, « Faut se préserver, si on veut durer, rester toujours numéro un » ... Donc avant, le Yé n’en pé plou... gestion de la course au cordeau. On ne rigole pas, c’est scientifique, baby.

    13h35, Mainstage, L7. Riot grrrrrlz + batteur. 75% de L7. Ça envoie, malgré un son approximatif en début de set. Gros plans caméra. Les ans et leur outrage. C’est sexiste comme remarque ? Probable. Quoique. On est de la même génération, Donita, Suzi, Jennifer et moi. Elles pourraient aussi me faire remarquer que côté crinière, un Régécolor m’irait à ravir, et que je devrais me mettre sérieusement aux légumes verts arrosés d’un grand verre de Contrex, contrat minceur, tout ça. En attendant, pichet de bière en pogne, on se translate vers la seconde Mainstage pour Rise Of The North Star. La plongée dans l’inconnu. Scénographie japonisante, ninjas, TRÈS GROS son. Crowdsurfing et moshpit au programme. Ça sent la beuh, la bière et l’aisselle. Que dire de plus. Nada. Mise en appétit, déplacement Warzone, pour ravitaillement et un zeste de Turnstile. HellfestDéplacement sous tente, dans la Valley, pour les énormisssimes Ho99o9. Vais-je être autant soufflé que la toute première fois (Afropunk 2017, remember) ? Revus aux Inrocks, 2ème grosse mandale. Pan dans la gueule. Jamais 2 sans 3, baby. On verra. Rappel pour les nouveaux venus. Ho99o9, deux MC, un batteur, des amplis Marshall. Des samples de punk hardcore. C’est une expérience cosmique au-delà du réel, le truc le plus brutal qui soit. Pur groupe de live (sur album, la sensation est moins forte). Ils attaquent. C’est purement monstrueux. Bonus versus les précédentes éditions, des basses ronflantes, encore plus puissantes que dans un set de Massive Attack. Le genre de basses qui te secouent de l’intérieur. Tu sens ton processus de digestion s’accélérer. La boyasse est essorée. Tu es assommé. C’est plus que puissant. Prêt pour une 4ème fois.

    Petit tour du côté du Temple, quelques notes des étranges Heilung, leurs masques en ossements, leurs étranges mélopées. Le genre que si tu les croises de nuit dans une forêt scandinave, tu préfères t’enfuir à toutes jambes. Bizarre. Björk sous Xanax et champis hallucinogènes.

    Bière.

    Eau.

    Pipi.

    L’ambiance n’est pas aux toilettes sèches, comme à We Love Green. Au Hellfest, pour les mâles, c’est la pissotière qui ressemble à un grand abreuvoir à bestiaux. C’est pas le tout d’ingérer, il faut é-li-mi-ner. Les lois de la physiologie et de la physique sont immuables. On sue. Mais pas assez.

    HellfestWarzone. Terror. Pur punk hardcore. Scott Vogel s’époumone. Ça décoiffe. Je ne connais pas un seul morceau. Je ressors du concert en un seul morceau. Fin de set, ravitaillement, on grignote un truc veggie, pas par goût ni idéalisme, juste parce qu’il y a moins de monde dans la queue. Constat, le steak (?) ou le stick de soja... c’est fade. Ça doit sûrement valoir son pesant d’apport protéinique. Mais gustativement, lampée de bière pour faire glisser.

    Sieste, trou noir.

    HellfestCar arrive l’un des moments attendus de cette deuxième journée... IceT, Body Count. Moshpit dès le second morceau, autant dire qu’on est un peu surpris, repli rapide au prix du sacrifice d’un verre de bière, lâchement versé sur le sol pour éviter l’aspersion. Que dire de Body Count, sinon qu’IceT se déplace en famille, fiston sur scène, sa fille de deux ans faisant une incursion… sans oublier, le final avec Mme IceT, la charmante Coco, dont les formes généreuses raviront les sens des festivaliers imbibés… Que dire d’autre sinon que le son est bordélique, que c’est musclé/burné comme il faut. Mais qu’objectivement on a vu mieux. Ernie C, nous la joue Hendrix qui aurait un peu trop fréquenté Eddie Van Halen, sauf que deux-trois plans tapping répétés ad lib, ça fatigue. C’est un tantinet old school. Et il y a eu Tom Morello entre temps.

    Pause.

    Nuit.

    Limp Bizkit.

    Dont objectivement je n’attendais RIEN. Et qui s’avère plutôt plaisant. Pas folichon. Mais plaisant, sérieux, carré. Qui s’offre même le luxe d’une reprise testostérone de RATM. La fashion police pourrait clairement interpeller Fred Durst pour des choix vestimentaires inadmissibles. Un look qui devrait cartonner du côté de Fort Mahon Plage. Wes Borland, visage peint en noir et blanc, se jette dans la foule, guitare en main. Pure démonstration de courage. Fin du game. Avenged Sevenfold enchaîne. Que dire? Que faire ?

    Considérer qu’après 12 heures sur place, il est temps de tenter un repli stratégique, tenter de retrouver la voiture. Et s’adonner au sommeil. Quel luxe !

    Fondu au noir.

    Jour 3. Petit déjeuner Pantagruélique. Sucres lents, café. Gras.

    On zone. On traine. Les organismes sont fatigués.

    On ne sera pas sur zone avant… Bref, on prend notre temps. Sachant, que plus on arrive tard, plus on sera garés loin. Mais qu’importe. Le soleil brille.

    Arrivée sur site vers 15h00, tranquilles. Petite bière de mise en jambes.

    Un petit tour chez Nebula, combo psyché, un peu trop clean pour les lieux, look pas vraiment en noir. Ils ne dépareraient pas à Rock en Seine.

    Sympathique. Sans plus.

    HellfestLe premier gros morceau, en toute subjectivité, c’est Les Shériff, du côté de la Warzone. Rappel, pour mémoire, la Warzone, c’est punk/hardcore. Le coin où tu croises d’authentiques punks à crêtes. Quant aux Shériff, c’est un grand moment de punk à l’ancienne. dans l’esprit Wampas. Olivier Téna, avec son accent de Montpellier, met l’ambiance. Ici, même un mec en fauteuil roulant est porté par la foule. Ça dépote en mode déconne, personne ne se prend au sérieux. Et braille des refrains simples taillés pour le live. Genre « A coup de batte de base-ball » ou 3, 2, 1, zéro… Basique, et efficace. Un peu de bière pour faire glisser, le kif est total. L’essence du punk, guitares, basse, batterie. Sans effets superfétatoires.

    Traversée de la foule, dense. Pour l’un des moments de bizarrerie… Pour lequel il FAUT être positionné près de la scène. Arch Enemy. Du death metal. Tranquille. En attendant, il faut passer par la case Accept. Comment dire? Comment décrire, le metal teuton, d’un groupe qui affiche, selon les archives impitoyables des Internets, 50 années de bons et loyaux services au compteur. On passera sur les multiples changements de personnel. Le guitar hero rend hommage à Ludwig Van B, son compatriote en exécutant sur une Flying V (de mémoire, je ne suis plus trop sûr, mais je trouve la vision plaisante), Finger in der Nase (les doigts dan sle nez en allemand, NDLR), La Lettre à Elise… Beethoven était sourd. On se demandera toujours si c’était avant ou après le concert ? A une époque où le limiteur de bruit n’était pas considéré comme l’accessoire indispensable d’un taulier de salle de concert. O tempura, comme on dit à Tokyo.

    HellfestParlons d’Arch Enemy.

    Car le cas vaut analyse poussée.

    4 mecs et Alissa. Retirez Alissa White-Glutz, bombe aux cheveux bleus, remplacez-la par un chevelu. Arch Enemy n’est qu’un simple groupe de death metal. Ni meilleur, ni moins bon qu’un autre groupe de death metal. Jeu de batterie hyperrapide. Guitares virtuoses. Et grunt. Ce chant de gorge, guttural, sinistre. Hyper technique, selon les experts et Wikipedia. Donc death metal basique. sauf quand c’est une fille aux cheveux bleus, gabarit Beyoncé, qui grunte. Ça change tout. Le mâle dans le public est aux anges. La machine à fantasmes tourne à plein régime. Arch Enemy est un groupe paradoxal. A la fois extrême dans son approche musicale, et très marketé.

    Megadeth suit. Dave Mustaine, quinqua renfrogné et atrabilaire. Moins sexy. Mais légende dans son genre. Qui attaque son set… sans son. Étonnant. Il doit avoir quelque chose dans les retours, car le groupe ne se rend compte de rien. Sur scène et sur les écrans des mecs s’agitent en grattant des guitares sur fond du seul son presque étouffé de la batterie. Le public s’énerve, manifeste des signes de franche exaspération. Le son, énorme, déboule… enfin. Mais bof… Décevant. On traine. On file. On sandwiche. On bière.

    On jette une oreille distraite à Alice In Chains. Ennui. J’aimais pas, j’aime toujours pas. Petit coup de flip, en passant du côté du temple où joue Septicflesh, death metal hellénique… Le chanteur leader a la tête que dans mes rêves les plus fous j’attribuais à Attila. Côté ambiance, c’est délicieusement glauque, avec chant guttural et projection d’images sinistres. Pas ma came. C’est fort, c’est plus que puissant. Mais l’heure de Maiden se rapproche, il faut se positionner au bon endroit pour vivre l’expérience. Premier groupe annoncé, monument dans son genre. Le public est dense. Les plus seniors se sont placés assis dans leurs fauteuils de camping, t-shirt 666/Eddie bien en vue sur leurs bides aux abdos relâchés.

    IMG_3728.JPGIl ne fait pas encore nuit. Mais on hurle quand Dickinson, Harris et le gang débarquent sur scène. 3 guitaristes, un hurleur, un bassiste virtuose, une rythmique qui tue.

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