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LE VOLUME SUR 11 - Page 142

  • Diane Arbus et l'envers de l'Amérique

    diane arbusJe ne connaissais pas Diane Arbus au delà de ses photos les plus connues, portraits en noir et blanc de travestis ou de vieilles dames aux lunettes et chapeaux 60s. L'exposition qui vient d'ouvrir à la Galerie du Jeu de Paume permet de plonger dans l'univers de cette artiste rare (et chère)... Oeuvre rare, car Diane Arbus l'a construite en à peine 20 années. Et encore. 8 ans même si l'on ne prend en compte que son travail à partir de 1963, moment où elle délaisse le 24x36 pour passer au format 6x6 et réaliser ses fameux portraits posés, carrés, à l'intensité incroyable, révélant regards, rides, brillances, détresse, ailleurs... L'oeuvre est un instantané de l'Amérique des années 60, avec ce qu'il faut de tendresse et de cruauté. Car l'Amérique de Diane Arbus n'est pas celle des tableaux idylliques de Norman Rockwell. Plutôt celle d'Edward Hopper avec une touche naturaliste en plus.

    L'Amérique des 60s triomphe, les bagnoles sont chromées, gigantesques, les couleurs éclatent. Diane Arbus photographie les freaks, les exclus, les bizarres... Quand elle arrête son regard sur la bonne société, ce ne sont que portraits de vieilles peaux choucroutées, emperlousées façon arbre de Noël, ou enchapeautées avec petits chiens ridicules en sautoir. Ses modèles sont des nains vieillissants, des travestis démaquillés, des géants, des handicapés, des moches, de gros... Aux antipodes de l'iconographie usuelle de l'Americana. On l'imaginerait presque photographiant le petit joueur de banjo de Deliverance. Diane Arbus se suicide en 1971. Sa dernière série de photos, elle ne la développe pas. Elle sera rendue publique sous le titre Untitled. Sa série préférée selon ses écrits. La plus dérangeante. Prise dans un asile, des tableaux à la Jérome Bosch de handicapés mentaux, déguisés pour Halloween. Regards intenses ou absents, déguisements ridicules, vieux enfants cassés. A croire que Slipknot a trouvé son iconographie dans ce dernier travail de Diane Arbus.

    J'ai discuté avec Violaine Binet, biographe de la photographe à propos du regard que portait Diane Arbus sur ses modèles, et dont j'avais un doute sur la bienveillance. Le regard est ambivalent, tendre avec les exclus qu'elle a suivi sur de longues période et dont elle a gagné la confiance, cruel avec ceux qui ont l'assurance que leur confère la naissance ou la classe sociale.

    Diane Arbus, Galerie du Jeu de Paume, à voir absolument.

    Enjoy!


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  • Bref, j'ai vu Bob Dylan à Bercy

    Bref, donc, Dylan. Le grand, l'immense, le mythique, le monumental Bob Dylan, en concert à Bercy (POPB) lundi dernier. Que les choses soient claires, personne ne m'a forcé à y aller. Je ne l'avais jamais vu sur scène. Mon ami Mossieur Resse, dylanophile averti, avait été convaincant. Dylan is Dylan. Et Wight is Wight d'ailleurs...

    Bien sûr, j'y allais avec un mélange d'excitation et de crainte, tant d'articles ont été écrits sur le côté fantasque de l'artiste, capable du meilleur les bons soirs, comme du pire les mauvais.

    Passons sur la première partie, Mark Knopfler, dont j'adore les albums de sa période Dire Straits d'avant 1985, surtout Communiqué, avant qu'il ne noie son picking sous des batteries et synthés bavards. En ce lundi soir, Knopfler était d'humeur irlandaise, mais sa nonchalance scénique ferait passer les Chieftains pour des punks, et les Pogues pour un groupe de death metal. Il y avait des fans tout de mêmes, qui sont partis à la fin de sa prestation, et qui se sont montrés fort désobligeants à notre endroit, alors que nous nous demandions tout haut si nous n'étions pas le soir de la Saint Patrick ou si Nolwenn Leroy allait débarquer pour un duo celtique...

    Revenons à Dylan. Pour la bonne cause, la setlist est ici. C'est agréable de la voir, afin de savoir enfin ce qui a été joué sur scène. Car Monsieur Dylan est ainsi. D'abord, il déconstruit ses morceaux. Une habitude. Et sa voix a mué... Certes, il n'a jamais été un grand chanteur, c'est un fait. Mais son timbre nasillard s'est mué en croassement. Ce qui ne rend pas l'identification des morceaux facile... On saisit un "It's all over now baby bluuuue", un "Highway sixty ooooone", un "Desolation Roooow" par ci par là. On se sent mieux, on a des repères. mais ils sont rares. Même l'ami Edgar, dylanophilolâtre absolu, se demandait si nous étions sûrs qu'All Along The Watchtower avait été joué... C'est dire. Et pourtant, fierté personnelle, c'est LE titre que j'ai reconnu immédiatement, rien qu'au premiers accords, mêmes interprétés au clavier... Selon les connaisseurs, le Sieur Zimmerman était dans un grand soir. Mossieur Resse, fort d'une première exprience, fut en mesure de me l'annoncer dès le premier titre. Wow. La suite ne fut pas que souffrance, mais si on adhère aux derniers albums du Maître, on a constaté qu'il a adapté son répertoire à ses capacités vocales. Son Christmas album était d'ailleurs plutôt réussi. Son répertoire classique, en revanche supporte plus mal sa tessiture grave et éraillée. Du coup, sans s'en être douté au préalable, l'expérience Dylan est déroutante. Car j'aurais adoré bramer en choeur "Like a complete unknown, with no direction home, like a rolling stone"... Et non.

    Dylan est monté sur scène, a joué, a chanté, n'a pas fait de rappel, n'a pas dit un mot.

    Bref, j'ai vu Bob Dylan.

    Je n'ai pas filmé, mais j'ai trouvé cette vidéo du concert...

    Enjoy!

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  • Dans mon iPod ce weekend... Lana Del Rey

    Lana Del Rey est un pur ovni. Il y a encore deux jours j'avais vu son nom ça et là, sans prendre le temps de l'écouter. Et puis est venu le moment où j'ai cliqué. Un peu par hasard. Et j'ai craqué. Deux morceaux, un simple EP de deux titres, Video Games et Blue Jeans.

    Visuellement parlant, il y a du Anna Calvi chez Lana Del Rey. Brune vs blonde. Vocalement, voix moins grave, mais non moins envoutante (moins quand même). Prometteuse en tout cas. A suivre, le temps que sorte l'album (en mars parait-il).

    Enjoy!

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  • Une nuit au Sex Machine

    C'est dingue! J'ai réussi à entrer au Sex Machine, sans me faire latter par Big Phiphi. Dans la boîte, même Phil Manoeuvre et Jean-Pierre Dionnet avaient aussi franchi le seul de l'établissemet, sans se faire cogner. Faut dire qu'en 30 ans, Phiphi a dû s'assouplir, devenir sentimental. Quelle soirée! D'abord, le lieu, VIP Room avec décor vintage sorti tout droit de nos années d'adolescence. On croise Phil Man sans lunettes pendant 15 secondes. Dionnet, en costar. Gilles Verlant, Olivier Cachin, Valli, Vincent Palmer, Chloé Mons. On descend des vodka-Schweppes en attendant Kid Creole & the Coconuts. Cool quoi. The place to be! Avec une bonne bouffée de ce je ne sais qui qui fait remonter le temps. Les Enfants du Rock. Le mythe des 80s, dernier vestige connu d'une époque où, oui, jeunes gens, il y avait du rock à la télé. Avant le formatage, la perte des illusions et la chute du communisme. Jack Lang était déjà courtisan. Mais il avait du style et Tonton était fringant. Manoeuvre n'était pas encore juré de le Nouvelle Star, et encore proche de ses années Métal Hurlant.

    Coup de frein sur la nostalgie. Kid Creole entre en scène. Nouveau combo, nouvelles Coconuts. Eh oui, les Coconuts d'origine se sont pris 30 ans dans le brushing. Que sont-elles devenues d'ailleurs? Le Kid lui est impeccable. Un peu ridé, une tête à la Edward James Olmos (spécialiste de rôles de flic latino désabusé dans les films US), la zoot suit rose parfaite, le galure de travers. La moustache en moins. C'est Marc Lièvremont qui en a hérité...

    Caroline was a dropout, Endicott, Annie... Que du bon. August Darnell (c'est le blase du Kid, pour ceux qui auraient loupé un épisode) a la pêche. Les nouvelles Coconut sont coquines, trois blondes aux yeux bleus format Paris Hilton aux déhanchements synchrones qui poussent les yeux des mâles hors de leurs orbites. Un show presque trop court, avec la choriste du Sieur Darnell qui lance un My Boy Lollipop (de Millie Small - minute culturelle) d'enfer en attendant que Monsieur revienne sur scène, zoot suit noir à pois blancs, et Coconuts en robes Charleston blanches.

    Pour le bonheur des petits et des grands, preuve vidéo:

    Et au fait, jeunes gens, Sex Machine ressort de DVD!!! Que du bonheur!

    (Merci à mes amis de Sony Music pour cette soirée d'anthologie)

    Enjoy!

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