J'ai zappé. Mea culpa mon Père. Combien de fois? Pfff, ça serait trop long à expliquer. Des Pater et des Ave, autant que vous voulez, je peux même ajouter le cilice qui gratte, et un chouya d'auto-flagellation. Bref, cela fait des semaines que produit pour les autres j'ai. Comme Yoda parler j'aime, parfois, aussi. Pas eu envie de bloguer de façon régulière. J'admire ceux qui ont cette discipline. Mon pote Mossieur Resse qui écrit bien, le bougre, a cette capacité de produire du texte, avec de l'esprit. Du texte long et pertinent. Quel talent. J'ai eu la phase "page blanche". La phase où on n'a pas envie de prendre le temps d'écrire, de décortiquer, de synthétiser. Alors on twitte, plutôt que se taire totalement. Le tweet c'est simple, c'est le bon mot lapidaire, presque oulipien puisque contraint par la limite des 140 caractères. Pérec twitterait-il? Imaginerait-on La Disparition transformée en exercice de style digital? Pourquoi pas.
S'il est une expérience que j'ai envie de raconter, c'est celle de ces 4 mois passés dans la peau d'un usager des transports en commun. Expérience enrichissante probablement, pour écouter de la musique, lire... Expérience pas vraiment extrême, pas de grève, pas d'immobilisation sous un tunnel, pas d'attentat... Quelques incidents voyageurs, pas sur ma ligne, coup de bol. Mais je serais prêt à tenter une corrélation entre la recrudescence des incidents voyageurs et l'éloignement progressif de l'été... Je ne sais pas, je ne veux pas faire de psycho-socio à deux balles. Dans le métro il y a les gens. Il y a des gens, de toutes sortes. Plein de gens. Qui se collent sur les oreilles des casques volumineux, pour s'asséner la bande-son de leur vie souterraine. J'ai fait comme eux. Pour échapper à l'accordéoniste tzigane et ses versions calamiteuses des Yeux Noirs ou de la Valse de Chostakovitch. Pour échapper au monde l'espace de 3/4 d'heures. Dans la chaleur parfois suffocante.
Que s'est-il passé pendant ces semaines sans Bloc-notes? Du Community Management, mains dans le cambouis (façon de parler, le clavier n'est pas bien salissant). De la rédaction de recos, mémoires, synthèses, cours, slides... De la relecture de manuscrit. Des idées à lister pour de futurs projets de livres.
Voila!
Les affaires bloguesques reprennent.
Enjoy!
Envoyé de mon iPhone
LE VOLUME SUR 11 - Page 139
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Bloc-note express... Le retour
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Dans mon iPod ce weekend... Spécial Duane Allman
Il y a 40 ans pile-poil Duane Allman, talentueux guitariste du combo sudiste, The Allman Brothers Band, se mangeait un fatal camion sur sa Harley à l'age de 25 ans. Moche. Son frère Gregg tourne toujours. The Allman Bros aussi sous la houlette avertie de Dereck Trucks. Notons au passage l'ironie de la chose. Duane est tué par un camion, et un de ses successeurs, non moins talentueux s'appelle Trucks...
Deux morceaux au programme: Layla de Derek and the Dominoes, feat. Eric Clapton et Duane Allman, qui en signa le célébrissime riff. Et In Memory of Elizabeth Reed des Allman Brothers.
Enjoy!
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Pensée du jour
Courtesy: Haroldsplanet.comEnjoy!
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Diane Arbus et l'envers de l'Amérique
Je ne connaissais pas Diane Arbus au delà de ses photos les plus connues, portraits en noir et blanc de travestis ou de vieilles dames aux lunettes et chapeaux 60s. L'exposition qui vient d'ouvrir à la Galerie du Jeu de Paume permet de plonger dans l'univers de cette artiste rare (et chère)... Oeuvre rare, car Diane Arbus l'a construite en à peine 20 années. Et encore. 8 ans même si l'on ne prend en compte que son travail à partir de 1963, moment où elle délaisse le 24x36 pour passer au format 6x6 et réaliser ses fameux portraits posés, carrés, à l'intensité incroyable, révélant regards, rides, brillances, détresse, ailleurs... L'oeuvre est un instantané de l'Amérique des années 60, avec ce qu'il faut de tendresse et de cruauté. Car l'Amérique de Diane Arbus n'est pas celle des tableaux idylliques de Norman Rockwell. Plutôt celle d'Edward Hopper avec une touche naturaliste en plus.
L'Amérique des 60s triomphe, les bagnoles sont chromées, gigantesques, les couleurs éclatent. Diane Arbus photographie les freaks, les exclus, les bizarres... Quand elle arrête son regard sur la bonne société, ce ne sont que portraits de vieilles peaux choucroutées, emperlousées façon arbre de Noël, ou enchapeautées avec petits chiens ridicules en sautoir. Ses modèles sont des nains vieillissants, des travestis démaquillés, des géants, des handicapés, des moches, de gros... Aux antipodes de l'iconographie usuelle de l'Americana. On l'imaginerait presque photographiant le petit joueur de banjo de Deliverance. Diane Arbus se suicide en 1971. Sa dernière série de photos, elle ne la développe pas. Elle sera rendue publique sous le titre Untitled. Sa série préférée selon ses écrits. La plus dérangeante. Prise dans un asile, des tableaux à la Jérome Bosch de handicapés mentaux, déguisés pour Halloween. Regards intenses ou absents, déguisements ridicules, vieux enfants cassés. A croire que Slipknot a trouvé son iconographie dans ce dernier travail de Diane Arbus.
J'ai discuté avec Violaine Binet, biographe de la photographe à propos du regard que portait Diane Arbus sur ses modèles, et dont j'avais un doute sur la bienveillance. Le regard est ambivalent, tendre avec les exclus qu'elle a suivi sur de longues période et dont elle a gagné la confiance, cruel avec ceux qui ont l'assurance que leur confère la naissance ou la classe sociale.
Diane Arbus, Galerie du Jeu de Paume, à voir absolument.
Enjoy!
Envoyé de mon iPad