En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
Tu as envie de péter les plombs? Tu es au bout du rouleau? Tu comptes les feuilles de tes rouleaux de PQ? Lâche-toi! Pousse un cri primal Jdanovien et lance-toi dans un pogo pour suer eau (d'abord) et sang (ensuite, une fois que tu te seras explosé quelques orteils sur l'angle de la table basse et pris une étagère Billy chargée de tonnes d'objets culturels et néanmoins anguleux sur le corps. Je te fournis la bande-son : Mata Hari, des punks énervés du Sud.
Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, en ces temps de confinement, nous avons du temps pour l'introspection. Du temps pour la réflexion. Comme disait un grand homme du passé, il faut laisser du temps au temps. Y'a pas à dire, mais côté temps, nous aurons eu l'occasion, et pour je ne sais combien de temps encore, de prendre la mesure du temps qui passe, connaître par coeur chaque détail du plancher, chaque anfractuosité du mur d'en face. Le temps de voir les feuilles pousser sur les arbres, le temps comme le chantait Brel (Les Bonbons 68) d'écouter pousser nos cheveux.
Le temps, entre deux sessions de télétravail d'écouter de la musique, de découvrir de nouveaux sons. J'ai donc compilé cette playlist à partir de découvertes. Quelques noms connus, quels retours vers le futur, de l'electro, de l'ambiant, de l'abrasif, du gros rock à guitares, du punk, de la pop. Un peu de Hinds, un peu de Jehnny Beth, un peu de Black Bones, un peu de Magenta. La pop de Dimitri Von Büren. Les classieux Niki Niki, juste parce que j'aime bien un morceau sorti il y a deux ans. Des petits nouveaux, comme Deleo, bientôt en interview express ici-même. Et des sons apaisants, comme Romann, Alain Dorra ou Glass Museum. Le son abrasif de Dantec. Des guitares et du gros son, avec Lonely Old Boy, ToyBloïd ou les punks anglais de Smiling Assassin. Et pour conclure, l'electro swing de Lyre Le Temps. Bref, une vingtaine de titres, un peu en vrac (comme moi au bout d'un mois de confinement).
"De la musique avant toute chose" disait Verlaine. "Music was my first love" chantait John Miles.
Il fut un temps où des étudiants en écoles de commerce pouvaient organiser des concerts à l'arrache avec Orchestre Rouge en première partie d'Alan Vega (période Juke Box Baby). Et voir Alan Vega quitter la scène après quelques minutes de concert, suite à une mauvaise blague, digne d'un titre de Philippe Katerine... Et je coupe le son... Et Orchestre Rouge de faire la seconde partie de sa première partie. Theo Hakola me raconte cette histoire dans un bar de Paris. Un jour de janvier. Son nouvel album est sur le point de sortir. On fait le point sur son parcours. J'éprouve toujours un peu de jalousie à posteriori quand il me dit avoir vu The Clash au moins 8 fois. Et papoté avec Joe Strummer. Sans la ramener. Ce n'est pas le genre de Theo. Mais quand même, un mec qui a vu Hendrix, Vanilla Fudge, et Soft Machine sur scène le même jour quand il avait 12 ans, là bas du côté de Spokane. Ou Sly and the Family Stone à 13 ans. Hendrix comme tout premier concert, même sans connaître à l'avance le destin du Voodoo Chile. Are You Experienced? Bah, oui. Respect. Y'a pas photo.
Flashback 1982 ou 83, Reims, je suis en classe prépa. Lecteur de Rock & Folk. Plongé en pleine époque new wave/post-punk. Orchestre Rouge, le premier concert rock auquel j'ai assisté. Autant dire que la rencontre en 2020 avec Theo Hakola, en chair et en os, est un petit moment où le temps se suspend. On a déjà réglé les points de détail de l'Interview Express (voir plus loin). On va juste discuter musique, rock, punk, mais aussi littérature, influences, etc.
Endless Voyage, 3ème album du duo portugais, Sunflowers, est un objet étrange. Un album difficile au premier abord, car inclassable. Le groupe qui se range lui-même dans la catégorie psyché-punk-garage embarque l'auditeur dans un trip où cohabitent guitares saturées, incursions electro, nappes de claviers et longues plages répétitives. Quelques paroles ça et là, dans un album contemplatif et mystérieux. Priorité à la musique. Il y a une étrangeté dans ces titres traversés de fulgurances sonores. Il faut prendre son temps pour s'immerger dans ce voyage sans fin, qui s'avère attachant.
"Endless Voyage" (Only Lovers Records), dans les bacs le 7 février 2020