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Musiques - Page 72

  • Bowie

    J'insère la K7 dans mon vieux magnétophone. The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars. Achetée un peu par hasard, en solde. L'album a déjà une dizaine d'année. Je ne connais de Ziggy Stardust que la reprise qu'en a fait Bauhaus. Je suis scotché.

    Il y a eu Scary Monsters quelques aannées plus tôt, et ce single Ashes to Ashes. Mais je ne sais pas qui est le Major Tom.

    Bernard Lenoir passe les premières pistes de Let's dance. Et le monde devient Bowie. Entre temps j'ai fait des sessions de rattrapage. Et j'ai tout pris en vrac, en bloc, de Space Oddity à Warszawa en passant par Rebel Rebel, Changes, les classiques.

    Bowie, mèche blonde, face à Ryuichi Sakamoto chez Oshima. Furyo.  Le monde est Bowie. Les clips, China Girl, Modern Love.

    Modern Love chez Carax... J'avais oublié ce travelling d'un Denis Lavant courant sur fond de Bowie dans Mauvais sang. Bowie partout dans les années 80.

    J'ai décroché de Bowie dans les années 90, du moins de ses albums de l'époque, que je serais incapable de citer. Retour aux fondamentaux, aux classiques. Et toujours Ziggy Stardust, ne serait-ce que pour Five Years, Moonage Daydream et Rock'n'roll suicide. J'ai zappé Tin Machine, probablement influencé par une critique peu tendre.

    Années 2000, retour en grâce. Heathen, écouté, apprécié, oublié. YouTube permettra de découvrir Bowie en images, faute de l'avoir vu sur scène. J'ai écouté Arcade Fire en duo avec le Maître. J'ai écouté ses titres chantés par Seu Jorge, en portugais, dans le délicieux et déconnant Life Aquatic de Wes Anderson. 

    Heroes à toutes les sauces, y compris chanté par Jakob Dylan dans la BO du calamiteux Godzilla de Roland Emmerich. 

    The Next Day, écouté, apprécié, réécouté, oublié. 

    Bowie exposé, muséifié. Une nouvelle dimension. Je n'ai pas vu l'expo. Bowie chez Decouflé, interprété par Jeanne Added, Sophie Hunger et Jehnny Beth à la Philharmonie; et l'intense plaisir d'écouter des titres devenus des classiques.

    Janvier 2016, découvrir le clip de Lazarus et écouter dans la foulée Blackstar, se dire que l'album est bon, qu'il est suffisament sophistiqué et subtil pour mériter une écoute pllus qu'attentive, des réécoutes. Jusqu'à cette matinée où un journaliste de France Inter manifestement ébranlé t'apprend la sale nouvelle. 

    Who's next? C'est le titre d'un album classique des Who. C'est la question qu'on va se poser chaque jour. Bowie, un nouveau nom biffé sur la liste de ceux qui ont fait notre éducation musicale. 

    Le temps passe. Rebel rebel, you're face is a mess. T'as raison. Le temps passe. 

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • David Bowie - Rock'n'roll suicide

    C'est l'une de mes préférées. "Rock'n'roll suicide", l'un des beaux moments de Ziggy Stardust, s'il faut en choisir un. 

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  • Lemmy

    Motörhead est aujourd'hui patrimonial. Et pour être franc, je suis venu à Motörhead un peu sur le tard. Ou j'y suis revenu. Ou j'ai été prisonnier de certains carcans mentaux de l'adolescence qui m'ont fait négliger le metal, à l'époque. Parce qu'on ne pouvait pas écouter du punk et du hard rock, Parce que ça n'était juste pas possible. Parce qu'on devait être Rock&Folk ou Best. Parce ce que YouTube n'existait pas. Parce que la musique n'était souvent que papier, au travers des récits de Garnier, Manoeuvre et compagnie. 

    Mais No Sleep Till Hammersmith, Ace of Spades, Saint Valentine's Day Massacre, l'EP avec les moches de Girlschool, sont tant d'images qui restent gravées dans des pans de mémoire d'adolescence.

    Quelques années plus tard, Napster, Kazaa, les bit torrents ont permis des sessions de rattrapage, intensives. YouTube a comblé les vides, mis des images sur les sons. 

    Le temps a passé. Les gloires éphémères se sont volatilisées. Les modes aussi. Nos rockers, ceux qui ont passé l'âge fatidique de 27 ans, se sont tranquillement embourgeoisés. Jusqu'à parfois l'absurde. Vacances, santé, plans de carrière, sécurité. On fait du rock comme un job ordinaire, quelques tatouages en plus. Les vieux rockers se produisent sur scène, sortent des albums. Remplissent les stades. On se demande parfois, s'il ne faudrait pas vendre un rein pour assister à ces shows parfaits aux effets spéciaux surgonflés, dans ces arènes où la moindre bouteille d'eau se voit délestée de son bouchon et où la législation anti-tabac expose tout un chacun aux effluves sui generis de son prochain. Bref, on s'emmerde au prix fort pour aller écouter U2, Coldplay ou Beyoncé. Voire Deep Purple.

    Une idée de rébellion qu'incarnait le rock est morte et enterrée. Même si le 13 novembre a tragiquement réveillé la flamme. Paradoxe, Motörhead devait jouer à Paris le 15, concert annulé. Mais Lemmy ne jouera plus à Paname. Cette fois-ci c'est définitif. Le crabe l'a eu. Foudroyé. Crac. En 3 jours à peine. Une mort presque normale. Pas de "longue et douloureuse maladie", un truc rapide, comme l'avion de Buddy Holly, le camion de Duane Allman. Pas de Mark Chapman, pas de coups de flingue. Killed by Death, comme il le chantait. La Mort a fini par l'avoir. Au bout de 70 ans. 

    Quand on réécoute Motörhead, à donf comme il se doit, il y a le bruit et la fureur, sans artifices. Guitare, basse, batterie, attitude. L'essence du rock'n'roll. L'alpha et l'omega. Le Yin et le Yang. Et le sentiment d'urgence permanente. 

    Les t-shirts Motörhead vont resurgir sur les torses siliconés de fashonistas. Tout comme hier elles portaient les couleurs des Ramones. 

    Pendant ce temps, on va ressortir la bière, on va boire du lourd, on mettra le son sur 11. Et on braillera Ace of Spades d'une voix éraillée. 

    Et ça sera juste et bon. Et on fera cela en mémoire de lui. 

    A la tienne, Lemmy.

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  • Merci pour ces moments

    Comme promis dans le post précédent, en vrac sans hiérarchie, de mémoire (enfin presque)... mes beaux moments de 2015: 

    Interstellar, revu deux fois de suite. Emotion, prise de tête, beau.

    Fauve, nouvel album, Olympia, Rcok en Sein et clap de fin au Bataclan.

    Fuzz, grosse baffe dans la tronche, Route du Rock et Rock en Seine, du gros rock, du gros son, et cadeau de Noël.

    Savages, Route du Rock, en noir et blanc, ferveur chamanique, sensualité envoutante.

    Star Wars VII, retour aux sources, retour à l'esprit des origines de l'épisode IV, j'ai à nouveau 14 ans.

    Aarto Paasilinna et son humour ravageur, belles heures de lecture, Le Fils du Dieu de l'Orage, entre autres.

    Mad Max Fury Road, grosse claque visuelle, reboot complet de la saga. Bruit et fureur.

    Je suis Pilgrim, le thriller qui tue, 900 pages trépidantes.

    Shaun le mouton, Wallace et Gromit, l'univers magique du Studio Aardman aux Arts Ludiques.

    Father John Misty, crooner morrisonien, Route du Rock, l'attitude, les mélodies, le charisme.

    Pete et Carl, bordéliques et imparfaits, Rock en Seine.

    Le retour du Chat du Rabbin, et la magie intacte de Joann Sfar,

    Millenium 4, malgré la hype, malgré le sacrilège commis en l'absence de Sieg Larsson retenu dans l'au-delà.

    Springsteen, The ties that bind, The River, I come from down in the valley... Le Boss, encore et toujours.

    Le retour des Cowboys Fringants, plus en forme que jamais, Octobre.

    Republik, le retour de Frank Darcel, Rock in Rennes.

    Daho à Rock en Seine et des classiques revisités avec fièvre.

    FFS, Franz Ferdinand, Sparks, magie autant sur scène que sur album.

    Jeanne Added, interprétant Bowie dans le spectacle de Decouflé, ou les titres de son propre premier album.

    Comme un avion, le cinéma simple et frais de Bruno Podalydès.

    Homeland, saison 5.

    Game of Thrones, saison 5.

    Sicario, Good Kill, des flingues, des narcos, des drones, des jihadistes. Du ciné glaçant et efficace. 

    Les Fauvettes, y revoir Blade Runner et Alien sur grand écran.

    Les Tontons Flingueurs en salle sur grand éccran, moment culte.

    Flavia Coelho, live à Rabat. Magique.

    Traverser Paris en roller, quand il n'y a encore personne dans les rues.

    Entendre El Mariachi dans un rade mexicain au fin fond du Morelos.

    Ecouter de la salsa à Santa Cruz de la Sierra.

    Le retour de la vengeance du blog de Yoda, version papier. Joie.

    Le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas, deuxième édition.

    ...

    J'en oublie. Probablement. La mémoire est traitresse. 

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