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Rock en Seine 2015 - Jour 2

Un festival c'est physique. Il faut s'attendre à marcher, d'une scène à l'autre. Il faut s'attendre à rester debout pendant quelques heures. On hésite à chiller, tant la programmation peut être dense. Le genre de plan qui pousserait à s'allonger dans l'herbe au soleil bercé par la musique, les beats martiaux, le grondement des basses... On ne le fait pas. Enfin, moi je... C'est un choix. 2ème jour de Rock en Seine, et plein de choix sous un soleil de lomb, rythmé par l'ingestion de liquides houblonnés, selon un vieux principe de consubstantialité: bière et rock font partie d'une même cosmogonie. Comme me le rappelait un pote en rock'n'roll, la bière, la bière, qu'a-t-elle fait de toi la bière... Bon, pas de quoi se déguiser en licorne, en Totoro ou en banane (choses vues)... Résumé des affaires en cours...

Soleil de plomb pour le concert de Forever Pavot. En des temps plus anciens, où nous étions lycéens, jeunes et radicaux dans nos jugements, nous aurions qualifié les musiciens du groupe de gentils babas cool... Le show de Forever Pavot nous envoie quelques années en arrière, pop psyché... Un trip cosmique pêchu. Ils ont même sorti la flute traversière, le fantome de Ian Anderson hante les lieux... C'est français, c'est cool. C'est à suivre. Comme Temples ou Jacco Gardner.

Une Grimbergen plus tard, c'est parti pour le show des Belges de Balthazar... De la très belle pop, soutenue par une rythmique implacable (cliché, mais je n'ai pas mieux à l'instant), avec des pointes de dEUS, un zeste d'Arcade Fire. C'est beau. Ils sont manifestement flamands, vu leur réticence à parler français... La Flandre qui nous a donné Arno, nos donne Balthazar, je dois en oublier plein d'autres. Dommage que la Wallonie n'évoque spontanément pour moi que Lara Fabian et Jean-Philippe Smet... (Et les Honeymoon Killers, encore que je n'en sois pas sûr...). 

Petite incursion du côté du set de DBFC, electro, dansant, avec des vrais instruments, guitare, basse, pas uniquement deux mecs qui s'échinent derrière leurs machines, un bras levé, la main sur le casque... C'est pêchu, c'est enthousiasmant. A réécouter au repos. Translation vers la scène où se produisent Mini Mansions, 3 gusses très lookés qui... Mouais... En fait non. En fait, j'aimerais bien aimer, mais j'ai comme une vague impression d'avoir déjà entendu ça quelque part. Bref, je lâche vite l'affaire pour me glisser dans le public juvénile de Young Thug. J'avais gardé un souvenir mémorable du concert des tueurs de Cypress Hill, un autre détestable des branleurs défoncés d'Odd Future... Ce faisant, je zappe Stereophonics, déjà vus ici-même sans que je n'en garde aucune impression particulière... Déboule Young Thug, dreads blondes d'un mauvais goût absolu sur la tête, suivi à la trace sur scène par sa nounou, genre videur/gros bébé, toujours prêt à lui tendre un verre de liquide (nos experts n'ont pu identifier la substance contenue dans le godet...). La température monte, la foule est dense, secoue son corps, lève les bras, portée par les beats hypnotiques (énorme cliché). Bonne odeur de weed, de clope, de sueur. Un type survolté allume une torche. Young Thug déroule le show. Rien de génial dans le flow, ni dans la présence scénique minimaliste (euphémisme), ni dans l'enfilage de clichés de concert de rap (jump, jump, make some noise, etc.). Mais, étonnament, ça marche. Et on en ressort rincé...

Séchage rapide, plongée dans le public pour le concert de Daho, Etienne. Jamais vu auparavant, jamais une priorité. Pas fan de ses dernières oeuvres, pas fan de sa quasi-sanctification. Et là, mec, je te le dis, je me prends un truc dans le plexus, un retour d'adolescence, un retour de mes vingt ans en pleine gueule. Paf. Défoncé, démonté. les larmes aux yeux. Salaud! Tombé pour la France, Boomerang, enchaînés. Weekend à Rome. Bleu comme toi... En mode gros son avec grosse guitares, loin de la finesse des débuts. Yargl... Non seulement je chante, mais je retrouve mes réflexes de gamin en mode dancin' with myself, comme dans les soirées d'un temps révolu. Secoué. Quelque chose de subtil. Merci M'sieur Daho. Voyage dans le temps compris, incursion rapide dans un monde parallèle où je dois encore être étudiant en école de commerce. Ca fait du bien. Etrangement.

Kebab à la main, il est temps de s'intéresser au cas Interpol. Que je n'écoute plus depuis quelques temps, mais qui m'a toujours séduit par ses sonorités sombres, dans l'esprit d'une réincarnation de Joy Division... a long long long time ago... C'est un show parfait. Parfait au point d'en être lisse. Impeccable. Propre. Professionnel. Et au final ennuyeux. La suite? Détente, vaticinations diverses. Pause, sous la tente, devant la scène Ile de France pour écouter une découverte, La Mverte. Electro. Soit...

L'essentiel est ailleurs... The Libertines. LE gros concert de la journée. Alors, on se positionne, le plus près possible de la Grande Scène. On se vautre dans ce qui ressemblait encore la veille à de l'herbe et n'est plus qu'un amas compact de boue séchée. On attend Pete et Carl. On se demande secrètement si les deux compères ne sont pas capables de nous la jouer Gallagher Brothers. Et de refaire un psychodrame "à la Rock en Seine"... Et si Pete ne se pointait pas? Et si...

23h00, levée des couleurs. En fond de scène, le logo des Libertines. Vera Lynn chante We'll meet again en fond sonore. We'll meet once again. On retient son souffle... Apparitions. Le quatuor est là. Chair et os. Carl, façon lonesome cowboy, Pete façon... Il a un peu pris... Effet secondaire post-désintox? Et c'est parti. A donf'. Un peu bordélique, un peu approximatif, ça monte en puissance. On réalise pourquoi Mick Jones a produit ce jeune groupe à ses débuts. La meilleure réincarnation du Clash. Oui, je maintiens. Duo et duels de guitares. Le duo Doherty-Barat à nouveau réuni, en quasi-osmose. Comme Strummer-Jones. C'est touchant. On y croit. Ca cause entre deux morceaux. Ca chante joue contre joue. Les nouveaux titres se fondent dans la setlist. C'est magique. Et, répétons-le, toujours un peu foutraque, pas toujours accordé, pas toujours bien enchaîné. mais il y a là l'essence du rock'n'roll, loin des shows millimétrés suintant l'ennui. Pas de décorum, juste deux vieux potes, qui se retrouvent, et pas, ou du moins le cachent ils de mieux en mieux, juste pour le cash. Le batteur, Gary Powell tient la boutique, imposant une rythmique impériale. Comme Topper aux meilleures heures de Clash. John Hassall à la basse fait le boulot. Imperturbable. Statique comme un Horse Guard devant Buckingham Palace. Peut-être pas le concert du siècle, mais un grand concert d'un groupe qu'on croyait définitivement perdu. Gros kif de fin de journée.

Et retour au bercail en sifflottant What Katie did...

Et pour les photos, c'est là: www.mrdubuc.com ou sur Instagram

Lien permanent Catégories : Festivals, Musiques 0 commentaire

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