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LE VOLUME SUR 11 - Page 176

  • Trahi par mon éditeur (Lettre ouverte)

    C'est un éditeur parisien. Appelons le... Non, ne l'appelons pas. Pour faire court. La boîte est sérieuse, spécialisée dans les ouvrages professionnels... Du lourd. Quand nous nous sommes rencontrés, nous étions plein de cet enthousiasme naïf. Surtout moi. Publier un livre, à 46 ans. Moi, un homme du papier converti au digital. J'aimais l'idée de ma main caressant la couverture brillante de l'ouvrage, dont j'espérais qu'il puisse devenir une référence. En toute immodestie. Mon livre, mon premier. Un ouvrage pro consacré à un sujet qui me passionne, l'identité numérique, comment la maîtriser, comment la construire.

    Lettre ouverte à celui qui me plante au milieu du gué, sans encore me l'avoir annoncé officiellement.

    "Cher Monsieur,

    J'ai eu l'occasion de rencontrer, au gré de mes pérégrination professionnelles, dans les médias, dans la publicité, en France comme à l'étranger, des gens sympathiques, d'autres moins. Des gens complexes, des caractériels, des colériques, des politiques, des roublards, des plus ou moins courageux, des manipulateurs... Dans l'ensemble des gens qui avaient malgré tout la capacité de dire non. Parfois en face, parfois par des voies détournées, mais pour l'essentiel dans un délais raisonnable. car le temps est précieux. Nous le savons tous. Time is money, autant ne pas le gaspiller afin de nous consacrer à l'essence de nos activité, de nos passions.

    Aujourd'hui, votre silence éloquent à mes requêtes et demandes d'explications, me fait comprendre que nos chemins se séparent. Que vous n'irez pas jusqu'au bout du processus de publication de l'ouvrage dont je vous ai proposé le texte. POur lequel nous avions signé un contrat. Mais jusqu'au bout, vous m'aurez fait croire que vous étiez déterminé à le faire paraître. Quitte à me l'affirmer en face à face dans votre bureau en ce début janvier. Quitte à me parler édition électronique, plan marketing. Quitte à me donner un échéancier. A m'affirmer que 2011 ne ressemblerait pas à 2010. Jusqu'à ce que, n'ayant pas de nouvelles, n'ayant toujours pas vu la version corrigée de mon texte et vos souhaits de modifications, l'on me laisse entendre que vous n'aviez probablement aucune intention de publier mon livre.

    Une question me taraude: pourquoi, à l'heure des licenciements et ruptures amoureuses par sms, n'avez vous pas interrompu le processus plus tôt? Je vous en avais fourni, sur un plateau un prétexte, un mail au ton très abrupt dans lequel je m'interrogeais sur l'a durée de l'invraisemblable processus éditorial auquel vous vous livriez sur lequel je n'avais aucune visibilité. Rien. Vous me répondites sur ce même ton bonhomme, un peu compassé, caractéristique de vos correspondances. Tout est sous contrôle, laissiez vous entendre. Je vous ai fait confiance, vous étiez l'éditeur. Je n'avais pas la prétention de vous apprendre votre métier. Chacun son savoir-faire.

    Une autre question me taraude: pourquoi nous avez-vous fait perdre notre temps, à moi, et à celui  dont vous aviez validé l'idée de lancer une collection de livres co-brandés? Lui aussi s'est fait rouler dans la farine. Mais lui est un ami, qui avait eu l'amabilité de me proposer de rédiger le premier livre de cette collection. Nous sommes deux à nous sentir floués. A vous avoir fait confiance, et nous sentir aujourd'hui trahis. Il eût été tellement plus simple d'arrêter le processus. De faire preuve de professionnalisme.

    Il est un autre point qui me chagrine. Dans l'élaboration du livre, j'avais sollicité des témoignages destinés à apporter un éclairage à la problématique du personal branding. Ils s'y sont prêtés avec enthousiasme. Je les en remercie. Ils ont joué le jeu, eux. Et je les crois eux aussi consternés du peu de cas que vous faites d'un travail qui m'a pris plusieurs mois.

    Je me remémore un verbatims formulé par un de vos collaborateurs. Vous souhaitiez parait-il un livre "à l'américaine". Je connais bien les Etats-Unis, et me permets de conclure cette missive par un constat: rêver de livres "à l'américaine", c'est sympathique. Encore faudrait-il de votre côté adopter des méthodes "à l'américaine" pour optimiser vos processus de publication. En clair, un seul mot pour résumer: EFFICACITE...

    Voila c'est dit. 

    Je ne vous dis rien de mes intentions, n'ayant pu percer le mystère des vôtres.

    Assez peu cordialement,

    "

     

     

     

     

     

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  • Bloc-note express N°157

    louis-ferdinand-celine-1.jpgCommençons par Louis-Ferdinand Céline. Est-il possible de lâcher la grappe au Docteur Destouches? Ecriture puissante, révolutionnaire, le roi du ... et du !, plombé par ses mauvais choix politiques et son anti-sémitisme radical. Le Voyage au Bout de la Nuit, quel texte! J'ai moins aimé les autres. D'un chateau, L'autre, Mort à Crédit. De là à en faire une affaire d'état... Ce qui m'a surpris sans me surprendre d'ailleurs, est que les textes de ses fameux pamphlets interdits, L'Ecole des Cadavres et  Bagatelle pour un Massacre sont trouvables sans aucune difficulté sur le web. Cela a probablement une vertu pédagogique, à l'heure où on ne doit plus se contenter de la doxa officielle. Vérifier par soi même, plutôt qu'accepter une vérité officielle. Une ambiguïté aussi. Que faire de ces textes et de leur nauséabond contenu? Mais c'est aussi cela la force d'Internet. Qui gêne les pouvoirs. Le fait qu'on ne peut plus rien cacher sous le tapis en espérant que personne n'en saura rien. L'effet Wikileaks.

    salo_br.jpgPassons à Pasolini et Berlusconi. Il y a un lien entre les deux. Qu'à ce jour personne n'a souligné, et pourtant l'évidence saute aux yeux. Salo ou les 120 jours de Sodome est à ce jour la pire expérience cinématographique que j'ai vécu. J'avais 22 ans. Je l'ai pris en pleine face. Film crade, sale, obscène. Certains critiques le décrivaient comme une parabole politique. Qui aurait valu à Pasolini la rancoeur de la classe politique italienne. Pensez, des notables fascistes italiens se réfugient dans la République de Salo, dernier bastion du régime mussolinien sous protection de troupes SS. Ils enlèvent des jeunes gens, filles et garçons, et les soumettent à leurs désirs et fantasmes les plus obscènes. Qu'est-ce qui est reproché à Berlusconi actuellement? Frasques sexuelles avec des mineurs. La Berlusconie est attaquée de partout, l'empire s'écroule. Le parallèle est étonnant.

    hunter-thompson.jpgA part ça, visionnage de Gonzo, le documentaire consacré à un géant de la littérature et du journalisme américain, Hunter S. Thompson. Le gonzo journalisme, ou journalisme subjectif. Du terrain, beaucoup de terrain, et une approche distancée du sujet au travers des yeux du journaliste, qui ne s'efface jamais du premier plan. Chez Thompson, de la dope, de l'alcool, des excès, des flingues. Un personnage fascinant, dont deux des textes sont au sommet de mon Panthéon personnel: Las Vegas Parano et Hell's Angels. La subjectivité, une belle source d'inspiration pour les blogueurs.

    nrj-music-awards-2011.jpgPour finir sur une note légère, mentionnons une soirée de télévision passée devant les NRJ Music Awards, à l'instigation de mes enfants. No comment. La seule présence de Jenyfer, Nikos Aliagas et Line Renaud sur un même plateau suffit à me conforter dans l'idée qu'NRJ est une hybridation terrifiante où le mauvais goût, le kitsch involontaire et la culture de masse se mêlent en un cocktail bizarre. Le tout diffusé sur TF1. La boucle est bouclée. Christophe Mae semble vendre des disques, soit. Mylène Farmer est l'objet d'un culte effreiné, soit. Shakira a un déhanchement d'enfer, soit. En revanche, Stromae c'est plutôt bien. Et encore ne jugé-je que sur un seul morceau, dont quelques notes dissonantes créent la surprise dans un océan de soupe R'n'B prédigérée...

    C'est tout.

    Enjoy!

    Catégories : Bloc-note Lien permanent
  • Dans mon iPod ce weekend... The Black Angels

    Premier contact avec The Black Angels le 3ème jour de Rock en Seine, je ne devais pas être dans le bon mood. Quelques mois plus tard, révision d'un jugement hâtif. Certes, je ne suis pas certain que le group invente quelque chose de neuf, mais certaines envolées sur l'album Phosphene Dream font penser à du Pink Floyd vintage, période Syd Barrett. Par moment, on est chez The Cure, période Pornography. Un bon vieux cauchemard psychédélique.

    The Black Angels "Bad Vibrations"

    Enjoy!

    Catégories : Musiques, Playlists Lien permanent
  • Retour sur TEDx Paris

    tedx_logo_ok.pngCompte tenu de la promesse de TEDx, à propos des Futurs Singuliers, je me suis demandé s'il fallait chroniquer à chaud ou laisser filer le temps et voir au bout de quelques jours s'il en restait quelque chose. C'est beau de penser le futur, de se laisser bercer pendant une après-midi d'hiver par de belles idées, de bon mots, entre gens de goût qui ont envie de penser plus loin que les vérités énoncées par le journal de 20h00.

    Au delà des mots, au delà de l'émotion, au delà de l'emballement. Que reste-t-il de TEDx, une semaine plus tard?

    Verbatims et impressions notés au gré des conférences:

    Eric Brun-Sanglard, designer d'intérieur aveugle: "Fermer les yeux plus souvent pour mieux voir". A mettre en application tout de suite. Ne pas se fier à l'apparence des choses. Grande idée.

    Rafi Haladjian, créateur de lapins communiquants: "Qui connecte un oeuf, connecte un boeuf". A parlé d'innovation radicale, l'invention d'un produit totalement innovant qui n'est pas l'amélioration d'un produit existant. J'aime bien cette idée de rupture.

    Elisabeth Laville, gourou du développement durable. Pas de verbatim en particulier, mais une pêche d'enfer. Rafraîchissante par son dynamisme.

    Francine Leca, ponte ès-chirurgie cardiaque. Elle se décrit avec une modestie dont bon nombre de faux-gourous et fausses valeurs devraient s'inspirer avant de l'ouvrir. Son métier: de l'artisanat, couture et plomberie.

    Jean-François Noubel, qui pense au delà de l'argent. Au delà de l'économie monétaire. Bon, va falloir que je passe un peu de temps sur son site, The Transitioner . On y parle d'intellignece collective. Ca change de la connerie générale...

    Etienne Parizot, astrophysicien. Le type barré comme on les aime. Qui jongle avec les concepts, la 4ème dimension, la vitesse de la lumière, les muons et une boîte en carton pour iullustrer son propos. J'aime les types qui te rendent intelligents sans pontifier.

    Pierre Rabhi, écolo-humaniste. Le retour aux choses simples, la croyance en la beauté des choses. On ne peut qu'aimer écouter un homme qui décrit le désert comme un gouffre horizontal.

    Jean-Louis Servan-Schreiber. Respect pour celui qui fut mon premier big boss quand j'netrais dans la vie professionnelle. Il prône la résistance à l'accélération. Pas con, faire un break, reprendre sa liberté en résistant au temps qui file trop vite.

    Catherine Vidal, neurobiologiste qui nous confirme que le cerveau n'a pas de sexe. Et nous rassure en affirmant que la plasticité cérébrale persiste avec l'âge. Yee-ah!

    Sylvain Ordureau et son voyage dans le corps humain en 3D. Impressionnant, entre Le Voyage Fantastique et L'Aventure Intérieure.

    Etienne Klein et les origines de l'Univers. Qui de la poule, qui de l'oeuf... Un pur cosmic trip!

    Jacky Dupety et ses rameaux... Une bonne idée, écologiquement repsonsable. J'essaierais bien dans mon pot de fleur... Je n'ai pas les doigts verts, c'est un constat.

    Nicole Turbé-Suetens plaide pour le télétravail. Pour le pratiquer de temps à autre, je ne peux qu'abonder dans son sens. Les entreprises centralisatrices préfèrent les silos sous un même toit, au risque que le seul chemin de sortie des silos soit la fenêtre pour les salariés sous pression.

    A part ça...

    Bernard Werber, bof... C'est un peu Igor et Grichka Bogdanoff chez les fourmis, ou Marc Lévy au CNRS... Gentil, modeste, so what? WTF?

    Jacques Dupriez et son violon baryton... Pas compris le pitch... Un petit côté France Musique, confortable et pédago. L'instrument est unique, l'expérience est unique mais ne semble parler qu'au musicien...

    Patrick Chapatte... J'aime beaucoup ses dessins. Pour autant, son approche du journalisme-BD est-elle innovante? Interessante sans aucun doute. Mais Joe Sacco le fait aussi. Et que penser de Guy Delisle?

    Voila... Suis-je un homme meilleurs après TEDx? Qu'ai-je entrevu du futur que je ne sache déjà?

    Bonne question... Je fais fermer les yeux, histoire de voir.

    Enjoy!

     

     

     

     

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