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festival

  • Afropunk festival, expérience inédite

    Je suis encore sous le choc. Aller à l'invitation d'un pote au festival Afropunk, en me disant que pourquoi pas, faut ouvrir ses chakras de temps à autres... J'étais curieux, Afro + punk, mélange étonnant. J'étais prêt à un truc genre sono mondiale, comme à la grande époque de Nova. Et côté chakras, je n'ai pas été déçu. Kifomètre au plus haut.Yeah, man. Etant plutôt fondu de punk, de metal et de gros rock qui tache, chakras ouverts (mais quand même pas prêt à toutes les compromissions. Comme si, un jour je me mettais à chroniquer Kendji Girac ou un concert de Céline Dion. A chacun son sale goût. Qui suis-je pour les juger? Avec ce genre de phrase, on se la joue Pape François, à la cool...)

    Well...

    Afropunk, let's go!

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  • Rock en Seine 2016 - Jour 3

    Tête d'affiche, Iggy Pop. Autrement dit, le Messie. Non, je déconne. Mais pas tant que ça. Iggy a eu 69 ans cette année. Il entre dans la zone dangereuse. Et puis c'est un icone absolue (plus en  forme que son ami/mentor David Bowie) et un survivant (moins aux fraises que Keith Richards, qui titre 3 ans de plus). Bref, c'est LE grand moment du jour, en toute absence d'objectivité.

    Mais n'anticipons pas. 

    Point météo, il fait un rien moins chaud. C'est peut être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup... Moins de poussière peut-être, moins besoin d'étancher une soif tenace à la bière glacée. Au nom du politiquement correct et pour respecter les législations diverses, il ne devrait pas être fait mention de la consommation de boisson alcoolisées, sans préciser que l'abus d'alcool, etc... Et que 5 fruits et légumes par jour c'est mieux. Certes. Mais c'est tuer l'essence même du rock'n'roll. Et la bière est consubstantielle au concept même de festival. Ah, la bière, qu'est-ce qu'elle a fait de toi, mon frère...

    Bref, ces points éclaircis, rien de tel que du bon blues-rock graisseux pour débuter. Avec le camarade Th. (dont nous préserverons pudiquement l'anonymat), nous nous interrogeons sur le budget produits capillaires (shampoing, après-shampoing démêlant et anti-frisottis) d'un groupe comme Blues Pills. Suédois, comme Ikea et Ace of Base avec un guitar hero français (kököriko!). Un peu américains aussi. Elin Larsson (comme Stieg "Millenium", un hasard, je ne crois pas...) est une chanteuse à voix, façon Janis Joplin. Pas le genre à sussurer dans le micro au bord de la défaillance. Bref, ça envoie. Et on en redemande. Et c'est déjà fini. Et c'était trop court!!!!

    Petit arrêt au stand et écoute tranquille de Kevin Morby, qui me fait une impression meilleure que celle ressentie lors de la Route du Rock quinze jours plus tôt. Je vais me repencher sur ce cas. Il y a quelque chose que j'avais loupé. Mea culpa, mea maxima culpa.

    Embarras du choix pour la suite... Editors ou KillASon? Facilité, proximité, ça sera KillASon. Tant pis pour les climats sombres (dans mon souvenir) d'Editors. Et c'est un excellent choix. Un rappeur français, qui balance du très gros son, qui rappe en anglais, yeah mothafucka! Seul sur scène, sur un beat électronique monstrueux, il saute, il danse. Jump, jump. Mains en l'air. Je saute en l'air. 

    Pour la suite, que faire... Tiens Bibi Bourelly. Là, c'est terra incognita. La fille a écrit pour Rihanna, soit. Mais Rihanna, c'est pas trop mon monde, vois-tu? On se laisse tenter quand même. Une voix puissante, des intonations areunbi, des guitares, des gros mots. Ca s'écoute sans déplaisir.

    Trois notes de Gregory Porter. Idéales pour chiller. Mais l'heure est à la régression totale, il faut se positionner pour Sum 41, assez près, tout en s'interrogeant si oui ou non on va faire un petit circle pit... Le terrain est sec.  Et reviennent en mémoire les images d'un concert d'Offspring en ces mêmes lieux où se mêlèrent joyeusement poussière, sueur et bière... Et Sum 41 déroule son pop punk. Efficace. Sans  bavures. Quelques power ballads pour calmer le jeu et un We Will Rock You speedé pour finir. On est content. On jubile. On va réécouter l'intégrale de Green Day pour fêter ça.

    Un peu de Ghinzu, histoire de se faire le constat une fois de plus que la Belgique est une grande nation pop. 

    Mais, puisqu'on parle de pop, l'heure est grave. James Osterberg, aka Iggy Pop, va faire son entrée en scène. On se rapproche. Les agoraphobes prennent sur eux. Les moins d'1m90 se préparent à souffrir. Un Breton exhibe son drapeau. Une question nous vrille l'esprit depuis deux jours, Josh Homme  sera-t-il là? Las, les guitaristes du backing band sont chauves... Pas de Josh, pourtant un plus qu'habitué des lieux? Boude-t-il parce que son crétin de comparse et ses EODM ont été déprogrammés? On oublie vite, dès les premières notes, ce riff, cette note de piano... I wanna be your dog... Je hurle. Je hulule. Je brame. Now I wanna be your dog, now I wanna be your dog. Il enchaîne, premières notes, larmes aux yeux. I am a passenger, and I ride and I ride, I ride through the cities backsides... C'est un best of, le meilleur d'Iggy et des Stooges, un festival de classiques. Iggy est patrimonial, il défend son patrimoine et pas en bon père de famille. Il saute, il prend la pause, il bondit. il est partout. Il a un petit peu grossi. Il a le corps d'un mec de quasiment 70 ans, une énergie intacte. Le groupe est très metal. C'est l'option du jour. On s'attendait à quelques chose d'un peu stoner, on a du très très lourd et agressif. Une seule incursion dans Post Pop Depression, Gardenia. Tout le reste, c'est du Iggy vintage. Il donne tout. Au contact direct du public. Un dernier gag pour finir, il invite une fille sur scène, Anne-Charlotte. Elle s'efface en coulisses (ou presque). Iggy nous la joue jusqu'au bout vieil oncle libidineux. Iggy est grand.

    Que faire ensuite? Se poser sur l'herbe, écouter Cassius. Apprécier le décorum,  deux DJs perchés au sommet d'un petit volcan. C'est plutôt agréable. Ca manque de danger. Ca manque de happening. La surprise viendra de Soulwax. 3 batteurs, une rythmique implacable. C'est parfois abrasif, plein d'aspérités. C'est énorme et séduisant. 

    Final en passant par la dernière scène, la plus proche de la sortie où se produit Peaches. De l'electro brutale, sexuelle et décontractée. En dessous, nichée dans un préservatif géant (ou une bite transparente) elle invite le public à hurler "dick! dick!!!". Two balls, one dick. C'est classieux. On se marre. 

    Point météo, la température a chu. Rock en Seine 2016, c'est fini.

    Il y a eu des  mec déguisés en Pikachu, en licorne, en T-Rex, des bretons, des gens en kilt, des filles tatouées.

    Je me suis baladé sans mon Eastpack. Je n'ai pas croisé Jean-Paul Huchon. J'ai refilé le mediator de Mr Wolmother à un pote. Il y avait de la Kro, de la 1664 blanche et de la Grimbergen. Et des brumisateurs géants. 

    Voila...

     

     

     

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  • Rock en Seine 2016 - Jour 2

    On s'était dit qu'on arriverait tôt. Pour voir tous les groupes avec punk dans le descriptif... Les mesures de sécurité étant ce qu'elles sont. Le filtrage à l'entrée provoque une légère congestion. Sous le cagnard. Du coup, juste le temps de grapiller quelques notes de Kaviar Special, groupe breton plutôt très efficace. A réécouter ultérieurement.

    Rap pour démarrer avec The Underachievers. Rien à signaler. Sympathique, jeune. Un peu underachieved... Grosses basses et corne de brume entre chaque morceau. L'après-midi commence. On cherche l'ombre. Petit coup de brumisateur, ça peut pas nuire. Faut s'hydrater...

    Les choses très sérieuses commencent avec Wolfmother. Empilement d'amplis Marshall, guitares à double manche, Flying V, Monsieur Wolfmother est un bon client de la maison Gibson. Il nous la joue à l'ancienne, comme au bon vieux temps des potards sur 11, à fond. Trio infernal, guitare, basse, batterie. Avec un orgue démoniaque. Le soleil cogne dur. Wolfmother, c'est du bon gros son, du bon gros rock qui tache. 

    Passons sur les gentils Casseurs Flowters, qui séduisent le public et sur lesquels je suis un peu... bloqué... (Vanne. Rires. Sous vos applaudissements). Mais j'aime bien Orelsan et Gringe. Mais je ne suis pas dans la cible. 

    Puis vient Grand Blanc. J'aime bien Grand Blanc. Je ne me lasse pas de ce groupe qui pratique une cold wave intemporelle. Un peu froid parfois. Mais exigeant. Et aux antipodes des festifs La Femme, déjà vus cet été à La Route du Rock. Foule dense, où l'on réalise ce que peut représenter concrètement le concept de "chaleur humaine". L'être humain dégage de la chaleur. Un groupe d'êtres humains sous le soleil, ce sont des litres de sueur qui suintent au travers de millions de pores... C'est à se moment que la notion de bain de foule trouve son sens... Pendant ce temps, La Femme fait le job. Efficaces, lookés en mode n'importe quoi, d'une bonne humeur communicative, un pur groupe de scène. Plaisir total, fun décomplexé. Crocodile et tortue gonflables surfent sur la foule. 

    Un zeste de L7, écouté d'un peu loin assis sur l'herbe. Efficace, carré. La nuit tombe tranquillement. 

    Ballade islandaise avec Sigur Ros. Enchantement avec une pointe d'ennui sur la durée. C'est le groupe qu'on aime écouter chez soi. Indéniablement beau. Il ne manque qu'une aurore boréale et 40 degrés de moins pour que le bonheur soit total... Une superbe préparation psychologique pour le plat principal de la soirée, Massive Attack.

    Massive Attack, déjà vus à plusieurs reprises. Avec chaque fois une expérience différente. Question de mood du moment, question d'envie de prendre des infrabasses dans les parties molles. J'hésitais à les zapper complètement pour aller écouter les excitants Naive New Beaters... Mais j'ai entendu comme une vague rumeur que Tricky serait sur scène avec Massive Attack. J'avais lu quelque part que des concerts étaient prévus outre-Manche, mais Rock en Seine est connu pour ses happenings... Très gros son, scénographie parfaite, messages sérieux diffusés sur les écrans - dont un magnifique "nous sommes tous sur le même bateau", flashs d'actualité, un zeste de burkini... Rien de très nouveau, sinon la forme des écrans... Le son est impeccable. Horace Andy chante. Point de Tricky. Un show un peu froid où l'on constate que Massive Attack n'a pas vraiment  le sens des enchaînements; on passe outre. Tricky se pointe, pour un petit featuring, il reste dans l'ombre, aucun projecteur sur lui, rien de mémorable, pas très placé. Petit non-événement. Final. Je suis Charlie, Nice, Bagdad, Kaboul, etc. s'affiche sur l'écran. 

    Un nuage de poussière nimbe le site. On crachera du noir pendant quelques jours. 

     

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  • La Route du Rock 2016 - Jour 3

    Les muscles des jambes tirent un peu. La station debout pendant des heures commence à se faire sentir. Il est 18h00, le site vient d'ouvrir et se remplit lentement. Toujours pas une goutte de pluie, soleil de plomb. Yeah, baby!!!

    morgan delt, la route du rock, psycheMorgan Delt monte sur scène avec ses acolytes. Son guitariste arbore une jolie coupe de cheveux bleu vert à la Kurt Cobain, assortie, comble du chic, à sa chemise et sa guitare. La fashion police peut valider. Côté musique, on est dans un trip psyché avec la réverb qui va bien, mais des chansons aussi, ce qui ne gâte rien et laisse une impression favorable. Quelques incursions dans un très gros son quasi-stoner. Wow! On peut fermer les yeux et se laisser porter. Côté communication, c'est pas vraiment ça, l'artiste fait son taf, marmonne un vague thank you à la fin de chaque morceau. On ne sent pas qu'on va s'en faire un pote... A réécouter tout de même. 

    Bière pour fêter cette entrée en matière. 

    julia holter, la route du rockEt Julia Holter entra en scène. Un contrebassiste, une alto, un batteur. Une formule simple. Et belle pour une musique unique, apaisante, mélodique, un moment où une fois de plus le temps se suspend. Je note au passage que côté métaphore, j'ai déjà employé cette formule. Est-ce une métaphore d'ailleurs? Mr Dubuc se secoue les méninges. Euh. non, une impression. Mais il est sous le charme de Julia Holter, et est prêt à commettre l'irréparable, faire une infidélité à Anna Calvi. Car il y a une similitude entre les deux artistes. Même si Miss Holter n'est pas guitariste. Et m'apparaît comme un mélange étrange entre Björk (en moins nordique, moins "je revendique à donf mon côté arty" et moins prise de tête...) et Joni Mitchell, par certaines intonations vocales. Bref, c'est beau. 

    LUSH, La Route du RockLUSH enchaîne. La combinaison parfaite entre très gros son de guitares et voix pures et éthérées. Un show accrocheur et sympa, Miki Berenyi tout sourire, qui profite de l'occasion de s'excuser pour le Brexit. Je dois avouer avoir fait l'impasse sur Lush dans les années 90. Je m'étais fait la même réflexion les années précédentes pendant les shows de Ride ou de Slowdive. Je n'en avais que pour Nirvana et les Smashing Pumpkins. Plus US que UK. Ou j'avais oublié Lush. Je ne sais plus. C'est une redécouverte. Une nouvelle rencontre. Parfois, les reformations ont du bon, quand elles ne se contentent pas de jouer sur la nostalgie d'une période bénie. Lush est dans l'époque. La cinquantaine heureuse.

     

    FIDLAR, la route du rock

    Le volume est monté avec Lush, l'explosion va se  produire avec FIDLAR. Certes, il n'est plus trop de bon goût d'utiliser des images guerrières en cette période un tantinet agitée (un peu d'understatement ne peut pas nuire). Mr Dubuc se colle à la scène, pas au centre, plutôt en mode ailier gauche. Il entend les responsables de la sécurité, au pied de la scène se préparer à un show où ça va slammer. Et là, on passe des sages quinquas de Lush aux gamins, affreux, sales et méchants mais souriants et détendus du skate de FIDLAR. Qui entrent dans leurs sujets à fond, immédiatement et sans préliminaires. Jubilation. Extase. Du bon gros punk qui défonce les tympans, qui te brise les cervicales à coup de headbanging furieux. Ca slamme dans tous les sens. Le bruit et la fureur. Jubilation cathartique totale. Il y a des groupes qui s'écoutent au casque, un verre de Diplomatico à la main (c'est du rhum vénézuelien aux accents de vanille - citation gratuite et non-sponsorisée), il y en a d'autres qu'il faut vivre dans sa chair. Dans le bordel total. 

    fat white family, la route du rockFat White Family enchaîne. Et on sait d'emblée que ça va être très chaud. Très bordélique. Le public est chauffé à blanc. J'ai quand même un problème avec FTWF. Il y a deux ans, j'ai pas accroché. J'ai réécouté, à tête reposée. J'ai bien aimé. Je retente. Ils sont sur la scène du Fort. La grande scène. Noir salle. Si l'on peut dire... Allah Akhbar... Une mélopée sort des enceinte. Le chant du muezzin. Et FTWF entre en scène. Les rois du non-look. Ca démarre fort, je n'accroche toujours pas. Etrange. Pourtant Télérama me les a vendus comme "tissant la bande-son d'un monde en décomposition"... Peut-être ne souhaité-je pas voir. C'est sauvage comme il faut, indéfinissable. J''y reviens quand même. Va falloir faire une séance de rattrapage. 

    savages, la route du rockLa foule se disperse à la fin du show, j'en profite pour me glisser jusqu'au premier rang pour revoir Savages. découverte de la Route du Rock 2015 avec un concert shamanique, brutal, magnifique. Revues à la Cigale, devant un public plus confiné, plus sage, plus froid. Question du soir, comment Jehnny Beth et sa bande vont se renouveler pour ne pas donner l'impression de balancer le même show qu'un an plus tôt. Et puis, soyons clair, je VEUX voir Jehnny Beth de près, voir ce moment où elle est portée par la foule. où elle est au contact d'un public porté à l'incandescence. Et c'est parti, love is the answer motherfuckers!!! L'attitude, la voix, la gestuelle précise, les mouvements de corps de grande prêtresse vaudou, les incantation entre Patti Smith et Siouxsie. Perchée sur des Louboutin. Le public devient fou. Gemma balance les riffs. Fay matraque les fûts avec une puissance qu'on croyait réservée à des colosses comme John Bonham. Ayse envoie le groove. C'ets proprement diabolique, démoniaque. Headbanging à se démonter le cou. Yeah, baaaaaaby! Jehnny descend dans la fosse, escalade la barrière. Un classique Savages. Moment de pure folie. Qu'ajouter, sinon le moment aérien, la reprise hommage  à Alan Vega, le sublime Dream Baby Dream. Et Adore, repris en choeur, I adoooooooooore life. Et le final fou sur Fuckers. On en redemande. On voudrait que ça ne s'arrête pas. 

    Je fais l'impasse sur Sleaford Mods et Jagwar Ma, pour des raisons déjà  évoquées précédemment. Et j'ai de la route. Et c'est difficile d'envisager un autre concert après l'incandescence des Savages. Voila. 

    Retour au parking, la voiture couverte de poussière. 

    On se dit que c'est déjà fini. du moins pour cette année. On triera les photos plus tard. on fera le bilan des meilleurs concerts. On va voir ce qu'on va réécouter.

    Un peu de Savages pour la route, à donf histoire de ne pas redescendre trop vite. 

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  • La Route du Rock 2016 - Jour 2

    Le soleil est au zénith, je ressuscite. Converse aux pieds, Eastpack sur l'épaule, à la limite de la parodie, faut pas déconner non plus, on ne va pas se mettre au tote bag et aux je ne sais quoi de branchouille. Déjà que je n'ai pas mon t-shirt Ramones fétiche... Sachant que le noir, certes amincit, et que le t-shirt noir, comme la petite robe de même couleur, c'est le basique qui va avec tout mais ça absorbe la chaleur. Et déclenche la consommation effrénée de bière, la perte de contrôle, le mosh pit, le crowd surfing et la gueule de bois... Bref, la cata. Mais je m'égare dans mes pensées en ce deuxième jour de festival alors que je longe l'expo photo de Renaud Monfourny et qu'Anna Calvi me fait un clin d'oeil. L'armée veille. Treillis, fusils d'assaut. Il s'est passé un truc depuis le 13 novembre. La manifestation ludique est empreinte de gravité. La chicane de blocs de béton à l'entrée du site en témoigne, le monde a changé. Le rock est toujours vivant, le fun, la joie. La bièèèèèère!

    L'occasion d'acheter le livre de Jean-Marie Pottier, ci-devant rédac-chef de Slate, et auteur d'un livre sur la musique et le 11 septembre. Ground Zero. Notre monde est parti en vrille le 11 septembre 2001. On ne l'a pas vu venir. Le bordel général a suivi... L'angle du bouquin est intéressant en tout cas.

    Mais revenons au rock, au bruit qui fait saigner les esgourdes, et concentrons nous sur le groupe qui ouvre le feu en cette seconde journée, mes bien chers frères et soeurs, amen, en vérité je vous le dis, ça va faire mal. Enfin, ça devrait.

    la route du rock,festival,ulrika spacekUlrika Spacek n'est pas une blonde suédoise généreuse mais un groupe de chevelus anglais, 3 guitares, une basse, une batterie, tendance bruitiste. Ca décrasse, ça met de bonne humeur, rien à dire, c'est impeccable. Pas d'une folle originalité non plus... Le programme les décrit comme la conjonction entre le shoegaze et le krautrock. Soit... Les mecs, z'êtes pas seuls sur le créneau me semble-t-il. 

    la route du rock,luhLa bonne surprise vient ensuite... LUH, Lost Under Heaven, le nouveau projet d'Ellery Roberts, ci-devant chanteur/leader de Wu lyf. Que les choses soient claires, Wu Lyf, je n'ai jamais compris l'engouement pour ce groupe du fait de la voix indescriptible - hurlement étranglé du  mec en train de vomir tripes et boyaux après une soirée plus qu'arrosée agrémentée d'un écorchage à vif par Ramsay Bolton -  du chanteur. Donc, évidemment, quand le bipède se produit, on peut s'attendre au pire... Et c'est là que j'admets être tombé sous le charme de LUH, en fin, soyons précis, factuels, scientifiques, au charme d'Ebony Hoorn, délicieuse brune dont la voix harmonieuse se combine étrangement harmonieusement avec celle de son compagnon énervé. LUH, c'est un peu comme Cat's Eyes (Faris Badwan + Rachel Zefira), le mariage de la Belle et la Bête. Ca marche, c'est prenant.  

    Point météo : Le soleil baisse légèrement en intensité. 

    la route du rock,festival,tindersticksStuart Staples et ses Tindersticks investissent la scène. Et c'est l'enchantement. Que celui qui ne s'est jamais laissé embarquer par la voix de Stuart Staples me jette la première pierre. Tindersticks c'est magique, c'est beau, c'est encore et toujours cette pop intemporelle, ces chansons superbes... Moment de grâce, moment rare. Je suis loin d'avoir tous les albums des Tindersticks, loin d'être un exégète du groupe. Mais il y a cette pure beauté de la belle ouvrage, des mélodies ciselées. Mais tout doit avoir une fin. Les lois de la gravitation universelle nous ramènent inexorablement au ras de pâquerettes. J'avouerai quand même, au risque de me mettre à dos  les inconditionnels des Tindersticks, que ça finit malgré tout par être un peu longuet... Est-ce la faim qui me tenaille? Est-ce le cri de la galette saucisse? Bref, je laisse Stuart à sa souffrance.

    Entre temps, The Field a annulé son concert, La Femme avance son horaire de montée sur scène. 

    la route du rock,festival,la femmeEt là, il faut se positionner, se préparer. Je vais être dithyrambique. Il le faut. Il existe en 2016 un groupe français qui est capable de fédérer, de rendre fou son public. C'est La Femme. Un groove electro hallucinant, une heure de transe, bon enfant, entre déconne et fun à l'état pur. Le groupe est capable de lancer une queue-leu-leu sans sombrer dans le ridicule. les sonorités de pop synthétique rappellent le meilleur des années 80, sans pour autant tomber dans la citation nostalgique ou passéiste. C'est frais, c'est excitant, le public est aux anges. Sur la planche, Antitaxi pour finir. On a la banane. 

    Petite pause...

    la route du rock,festival,exploded viewEt la surprise du soir, Exploded View. Une blonde, un peu glaciale, comme il se doit. Des rythmes synthétiques. Des intonations à la Nico. Une ambiance cold wave parfaitement envoutante. Et l'occasion de se plonger a posteriori dans la discographie solo de la chanteuse, Anika. Et de se laisser porter. Belle découverte. Parfaite fin de soirée. Je zappe Suuns et Battles, je le regretterai certainement, mais le corps à ses raisons que la raison tente de feindre d'ignorer...

    A suivre...

     

     

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  • La Route du Rock 2016

    Rien à signaler sinon qu'il fait beau. Et ça en soi, c'est un événement à part entière. Une rupture avec les fondamentaux qui voudraient qu'un festival breton soit nécessairement humide.

    Check-list : crème solaire, lunettes de soleil. Bottes et veste de quart dans la voiture, on ne sait jamais, prudence est mère de sûreté comme dit le dicton. Plus le kit habituel du festivalier. Heures de sommeil accumulées. Préparation psychologique à l'ingestion de bière, cidre et autres nourritures locales, autres que les frites et le kebab. 

    Encore quelques heures avant de fouler d'un pas frétillant le sol (sec) du Fort Saint Père, après avoir dûment collecté, pass, accréd, eco cup, bracelet cashless et tout le bazar... 

    That's all folks...

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  • Les 10 plaies d'un public de festival

    On a beau s'y être préparé, on a beau le savoir, le festival rock demande un entrainement particulier, une résistance physique hors du commun, un estomac solide pour absorber bière et saucisses, plusieurs bras façon Vishnou pour tenir un gobelet de bière, un smartphone, une portion de frites, applaudir, rouler une cigarette, etc. 

    Le pied est chaussé de bottes en caoutchouc dans les pays à risque de précipitations élevés (Bretagne, Normandie) afin d'épargner ses Converse... Cela dit, se pose éternellement la question de fond: jusqu'à quel âge se portent les Converse? Tout le monde a des Converse. Tout le monde a un t-shirt Ramones, aussi. Ca calme. Même ceux qui n'ont jamais écouté les Ramones à l'époque des Ramones. 

    Mais revenons aux 10 plaies des publics de festivals...

    #1: le mec qui est plus grand que toi. Genre 2m05. Et qui se place juste devant toi. Au moment où tu t'y attends le moins. Tu te dis que tu fais 1m92, que tu ne risques rien. Pas de bol. La période où tu dominais tes potes de classe ou tes clients japonais est loin derrière. Dans les festivals (et les concerts en général) le jeune est grand, de plus en plus grand. C'est énervant. 

    #2: le mec qui prend sa nana sur ses épaules pour qu'elle voie ce qui se passe sur scène (et capte l'attention du caméraman qui manie la Louma). Elle convainc sa meilleure copine de faire de même, bilan, toi, derrière, tu ne vois rien. Notons tout de même qu'un mec résistant qui tient plus de 10 minutes avec une masse pondérale de 30 à 40 kilos sur les épaules est rare... On manque d'athlètes!

    #3: le groupe de mecs ou de filles qui essaie de rejoindre le premier rang, en fendant la foule compacte. Ils sont quinze, ils ont des gobelets de bière à la main, ils sont éventuellement un peu pétés. Là, tu as toujours la tentation de faire un blocage, façon rugby. Mais c'est pas dans l'esprit festival. 

    #4: le fumeur de joint qui t'envoie la fumée, mais ne fait pas tourner. Insuffisant pour finir totalement en vrac. T'es pas cool, maaaan.

    #5: le lourd qui crie "à poil" parce qu'il y a des filles avec des guitares sur scène. Il est souvent jeune. Il n'a pas compris que la femme est l'avenir du rock. Et ce de Pat Benatar à Jehnny Beth en passant par Courtney Love, les GoGo's, les Bangles, Elastica, L7, et j'en passe...

    #6: le fan prépubère qui a conquis son carré de pelouse au tout premier rang et qui n'est bougera pas. Tant pis si tu dois le piétiner. C'est moche. 

    #7: le hispter dont tu te demandes, s'il est traité scotchgard tant sa tenue au négligé étudié est nickel, quelles que soient les conditions atmosphériques. Pas une plaie, mais agaçant. Surtout quand tu regardes la boue et les taches de gras (frites, kebab) qui constellent ton jean de festival...

    #8: les bavards qui continuent leurs conversations pendant les morceaux lents, méditatifs, les ballades acoustiques... Ceux qui cassent ton moment de communion avec l'artiste. De COMMUNION, oui, le mot est fort. Mais quoi, on a le droit de décoller. 

    #9: celui qui a l'accréditation et va aller se gaver de bonnes choses au sec, dans l'espace VIP, alors que toi, tu vas carburer pendant 3 jours au régime kebab-bière (ou crêpe-cidre en Bretagne) les pieds dans l'eau...

    #10: le type bourré-foncedé titubant qui traverse à grand peine le public, à contresens... Ta zone de confort s'envoit altérée. Tu t'angoisses. Tu espère secrètement que s'il se répand, ça sera sur le rang derrière...

    Allez hop, on arrête la socio à deux balles. Prêt pour le prochain festoche. Le gobelet recyclable à la main, et le poncho anti-pluie (celui de la Route du Rock étant siglé Arte, il ne nuit pas trop à la street cred...) dans le sac...

    Enjoy!

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  • Un soir au Festival des Inrocks... Anna Calvi

    Bien sûr il y a eu Dum Dum Girls et leur power pop  pleine de fuzz et de fureur. Bien sûr il y a eu l'intéressante Prince Miiaou. Bien sûr il y avait a quelques encablures de l'Olympia, le concert blindé de la prometteuse Lana del Rey. Mais les Inrocks cloturaient le festival 2011 par Anna Calvi.

    Belle, intense, hypnotique, magique, guitariste douée, chant puissant contrastant avec sa parole discrète, presque timide. Un grand show, l'album, une reprise d'Elvis presley (It's Now or Never, tempo ralenti au maximum). Vivement le second album!

    Preuve vidéo, les deux derniers morceaux du set, en rappel: The Devil et Jezebel.

    Enjoy!

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  • Un soir au Festival des Inrocks

    Petit plaisir annuel, le Festival des Inrocks. J'ai loupé James Blake, sans trop de regrets, quoique. Agnes Obel aussi. Séance de rattrapage en vue. Ce soir, je me déplace pour Foster the People, dont je ne connais qu'un morceau, et surtout Miles Kane, déjà vu à Rock en Seine et dont l'album éponyme est une tuerie.
    Il fait 40° à la Cigale, la bière est fraiche, les bobos sont beaux, les hipsters barbus, les filles court vêtues. La vie est belle.

    Passons sur Morning Parade, des gars sympas qui balancent une musique déjà entendue ailleurs, en un peu moins bien. On pense à un Joy Division cheap et joyeux, un New Order désincarné... Bref, pas particulièrement intéressant, même si un quasi-quinqua barbu, grisonnant et déplumé se déchaîne dans la fosse au milieu des djeunz. On leur pardonne, on oublie.

    Break. Bar. Bière. Potes.

    Foster the People sur scène. Charisme du chanteur, scène encombrée de synthés et de Macbooks. La température passe à 45° au moins. C'est énorme. Preuve vidéo:



    Break. Bar. Bière. Potes.

    Miles Kane. Le gars a le bon goût d'annoncer son arriver sur scène en diffusant à donf' One of these days de Pink Floyd. Histoire de chauffer la salle. Le lad débarque sur scène, tout en longueur, futal slim, pompes pointues, gourmette et coupe de cheveux mod. Bonne tête de branleur. Mais Miles sur scène ne se limite pas à la pose. Guitar hero, manipulateur de foules, il paie de sa personne. La température passe à 50° au moins. Un nouveau morceau, non moins pêchu que ceux de son premier album. Preuve vidéo en bonus, Rearrange.



    Break. En attendant Friendly Fires, un groupe dont j'ignore à peu près tout. Curiosité. Et qui monte sur scène avec une énergie dévastatrice. Un chanteur déchaîné, une section de cuivres, un guitariste fou. Ed MacFarlane se jette dans le public, traverse une foule en transe. Le thermomètre explose. Le groove est monstrueux. Il y a l'énergie des Happy Mondays, la joie, la fête, le bordel total. On en redemande. C'est énorme.
    La preuve vidéo a du mal a restituer l'atmosphère.



    Enjoy!

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  • Rock en Seine, retour sur l'édition 2010

     

    IMGP5290.JPGD'abord une impression de brume au loin, en arrivant à quelques centaines de mètres du Pont de St Cloud. Brume qui s'avère plus qu'humide... Première averse et sortie de l'équipement de pluie. On continue, bravement, on gare le scooter dans le parc. Moins de nuages, pas d'averse. On cache nos yeux derrière des Wayfarer, façon Jake et Elwood Blues. On replie majeur et annulaire, index et auriculaires tendus! Rock'n'roll!

    Rock en Seine / Day 1 - Premier concert, All Time Low, gamins insolents, niveau pipicacaprout, pour punk-pop efficace. Le tout dans la bonne humeur... "J'aimeuh la chatta" hurle le chanteur, trop fier d'avoir ajouté une phrase en français à son vocabulaire... Les filles montrent leurs seins, le groupe hurle "boobs!", dans la bonne humeur générale.

     

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