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Festivals - Page 3

  • La Route du Rock 2016 - Jour 2

    Le soleil est au zénith, je ressuscite. Converse aux pieds, Eastpack sur l'épaule, à la limite de la parodie, faut pas déconner non plus, on ne va pas se mettre au tote bag et aux je ne sais quoi de branchouille. Déjà que je n'ai pas mon t-shirt Ramones fétiche... Sachant que le noir, certes amincit, et que le t-shirt noir, comme la petite robe de même couleur, c'est le basique qui va avec tout mais ça absorbe la chaleur. Et déclenche la consommation effrénée de bière, la perte de contrôle, le mosh pit, le crowd surfing et la gueule de bois... Bref, la cata. Mais je m'égare dans mes pensées en ce deuxième jour de festival alors que je longe l'expo photo de Renaud Monfourny et qu'Anna Calvi me fait un clin d'oeil. L'armée veille. Treillis, fusils d'assaut. Il s'est passé un truc depuis le 13 novembre. La manifestation ludique est empreinte de gravité. La chicane de blocs de béton à l'entrée du site en témoigne, le monde a changé. Le rock est toujours vivant, le fun, la joie. La bièèèèèère!

    L'occasion d'acheter le livre de Jean-Marie Pottier, ci-devant rédac-chef de Slate, et auteur d'un livre sur la musique et le 11 septembre. Ground Zero. Notre monde est parti en vrille le 11 septembre 2001. On ne l'a pas vu venir. Le bordel général a suivi... L'angle du bouquin est intéressant en tout cas.

    Mais revenons au rock, au bruit qui fait saigner les esgourdes, et concentrons nous sur le groupe qui ouvre le feu en cette seconde journée, mes bien chers frères et soeurs, amen, en vérité je vous le dis, ça va faire mal. Enfin, ça devrait.

    la route du rock,festival,ulrika spacekUlrika Spacek n'est pas une blonde suédoise généreuse mais un groupe de chevelus anglais, 3 guitares, une basse, une batterie, tendance bruitiste. Ca décrasse, ça met de bonne humeur, rien à dire, c'est impeccable. Pas d'une folle originalité non plus... Le programme les décrit comme la conjonction entre le shoegaze et le krautrock. Soit... Les mecs, z'êtes pas seuls sur le créneau me semble-t-il. 

    la route du rock,luhLa bonne surprise vient ensuite... LUH, Lost Under Heaven, le nouveau projet d'Ellery Roberts, ci-devant chanteur/leader de Wu lyf. Que les choses soient claires, Wu Lyf, je n'ai jamais compris l'engouement pour ce groupe du fait de la voix indescriptible - hurlement étranglé du  mec en train de vomir tripes et boyaux après une soirée plus qu'arrosée agrémentée d'un écorchage à vif par Ramsay Bolton -  du chanteur. Donc, évidemment, quand le bipède se produit, on peut s'attendre au pire... Et c'est là que j'admets être tombé sous le charme de LUH, en fin, soyons précis, factuels, scientifiques, au charme d'Ebony Hoorn, délicieuse brune dont la voix harmonieuse se combine étrangement harmonieusement avec celle de son compagnon énervé. LUH, c'est un peu comme Cat's Eyes (Faris Badwan + Rachel Zefira), le mariage de la Belle et la Bête. Ca marche, c'est prenant.  

    Point météo : Le soleil baisse légèrement en intensité. 

    la route du rock,festival,tindersticksStuart Staples et ses Tindersticks investissent la scène. Et c'est l'enchantement. Que celui qui ne s'est jamais laissé embarquer par la voix de Stuart Staples me jette la première pierre. Tindersticks c'est magique, c'est beau, c'est encore et toujours cette pop intemporelle, ces chansons superbes... Moment de grâce, moment rare. Je suis loin d'avoir tous les albums des Tindersticks, loin d'être un exégète du groupe. Mais il y a cette pure beauté de la belle ouvrage, des mélodies ciselées. Mais tout doit avoir une fin. Les lois de la gravitation universelle nous ramènent inexorablement au ras de pâquerettes. J'avouerai quand même, au risque de me mettre à dos  les inconditionnels des Tindersticks, que ça finit malgré tout par être un peu longuet... Est-ce la faim qui me tenaille? Est-ce le cri de la galette saucisse? Bref, je laisse Stuart à sa souffrance.

    Entre temps, The Field a annulé son concert, La Femme avance son horaire de montée sur scène. 

    la route du rock,festival,la femmeEt là, il faut se positionner, se préparer. Je vais être dithyrambique. Il le faut. Il existe en 2016 un groupe français qui est capable de fédérer, de rendre fou son public. C'est La Femme. Un groove electro hallucinant, une heure de transe, bon enfant, entre déconne et fun à l'état pur. Le groupe est capable de lancer une queue-leu-leu sans sombrer dans le ridicule. les sonorités de pop synthétique rappellent le meilleur des années 80, sans pour autant tomber dans la citation nostalgique ou passéiste. C'est frais, c'est excitant, le public est aux anges. Sur la planche, Antitaxi pour finir. On a la banane. 

    Petite pause...

    la route du rock,festival,exploded viewEt la surprise du soir, Exploded View. Une blonde, un peu glaciale, comme il se doit. Des rythmes synthétiques. Des intonations à la Nico. Une ambiance cold wave parfaitement envoutante. Et l'occasion de se plonger a posteriori dans la discographie solo de la chanteuse, Anika. Et de se laisser porter. Belle découverte. Parfaite fin de soirée. Je zappe Suuns et Battles, je le regretterai certainement, mais le corps à ses raisons que la raison tente de feindre d'ignorer...

    A suivre...

     

     

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  • La Route du Rock 2016 - Jour 1

    Ecrasé par un soleil de plomb, le Dr Dubuc se dirige vers le bar d'un pas assuré. Il sait que cette première gorgée de bière sera essentielle, qu'elle lui donnera la force d'affronter la foule, la station debout, le piétinement, les éléments, qu'elle ouvrira ses chakras, bref, qu'elle est le booster fondamental à la réussite d'un festival quel qu'il soit. Le sol du Fort Sant Père est sec. D'une sécheresse suspecte. On est en Bretagne, point de cirés ni de Kways à l'horizon. les bottes Aigle, bleues marine et blanches sont invisible. Mieux, on aperçoit même des naïades et maillot de bain. Là, c'est sûr, le réchauffement climatique est en marche. On va tous mourir. Al Gore avait raison. La vérité dérange. Le complot climatique ourdi par les Reptiliens et les Illuminatis est une évidence. Il fait BEAU. C'est louche...

    Assez rigolé...

    Place aux choses sérieuses. Place au rock. 

    La Route du Rock, Psychic IllsScène des Remparts, Psychic Ills, lunettes noires, mal rasé pour lui, longue robe bleue, longue chevelure pour elle. Psychic, psyché. Pas mal sans pour autant être transcendant.C'est dark. Longues plages de guitares, bourrées de réverb, C'est psyché, quoi. Du coup, depuis les Black Angels (pour ne citer que le premier nom qui me vient à l'esprit) qui déjà faisaient un truc déjà un peu entendu, on sait un peu à quoi s'en tenir. C'est agréable. Sans plus. A réécouter allongé dans un transat, les yeux fermés. Faut voir. Ne jetons pas les Quaaludes avec l'eau du bébé dans le grand bain... Euh, keske je raconte là...

    La Route du Rock, Kevin MorbyTranslation vers la scène du Fort, avec passage au bar VIP, histoire de voir qi est là, en attendant le set de Kevin Morby. Sympa le gars. Sympa le set. Je le prends tel quel, brut de décoffrage, pas eu le temps de réviser, de faire l'exégèse de sa discographie, de me faire une idée avant pour savoir si je devais être déçu pendant - ou hystériquement extatique. Des chansons, pas vraiment d'idée sur le fait qu'il est le nouveau Dylan ou le nouveau Cohen ou le songwriter le plus puissant du moment. On en a vu d'autres... Mais il dégage quelque chose de sympathique. qu'il faudra là  aussi réécouter à tête reposée. Le chroniqueur, à ce instant n se rend compte qu'il ne peut pas citer un morceau de Kevin Morby. Et se dit au passage que la magie de la Route du Rock, c'est justement de venir au contact d'artistes nouveaux, de nouvelles têtes, de nouveaux sons, histoire d'ouvrir les portes de la perception. Musicalement parlant, rien de fondamentalement nouveau. Nos services vont se pencher sur le songwriting. On est professionnel ou on ne l'est pas. 

    Bière.

    Avant Belle and Sebastian

    Le gros morceau de la soirée. Attendu. De la belle pop, comme on l'aime. 

    La Route du Rock, Belle and SebastianPremière question: où est le chien? Euuuuh... Vous pouvez prendre la porte, mon petit. Ca c'est de la blague de l'époque de la télé en noir et blanc et de l'ORTF... Belle et Sébastien. lolilol. Rire intérieur pas très convaincu. Une équipe de foot monte sur scène. Belle and Sebastian, c'est la groupe infernal pour un tourneur... 10 sur scène. Multi-instrumentistes. Rotation entre chaque morceau. Flute traversière (Dieu merci, personne ne joue de solo, perché sur une seule jambe, comme aux pires jours de Jethro Tull), violon, violoncelle. Envolées pop, chansons, quelques incursions electro (pas du meilleur goût, à mon humble avis, mais cela n'engage que moi, les inconditionnels de Belle and Sebastian me pardonneront j'espère). Stuart Murdoch clame son amour pour l'Europe. On se sent écossais, malgré l'absence de bagpipe et de kilt. La force de Belle and Sebastian, c'est de mettre son art dans sa musique et de se foutre totalement de son look ou de son attitude. Simplicité, proximité. Monter sur la barrière de sécurité, la parcourir comme on marche sur un fil, être soutenu par son public. On frôle l'enchantement. C'est LE beau moment de la soirée. Un peu long pour le fan occasionnel. C'est le genre de groupe qu'on aime, mais qu'on adore pas. Mais c'est déjà ça.

    Juste le temps de passer à la galette saucisse. Car on est en Bretagne. Et qu'il faut en passer par là. En écoutant un peu distraitement Haelos

    Voir les potes. Discuter. 

    La route du Rock, Minor VictoriesSe positionner pour le set de  Minor Victories. Prometteur sur le papier, même si objectivement, et encore une fois, cela n'engage que moi, je ne suis pas fan de Slowdive. Se dire qu''il y a un peu de Mogwai et d'Editors dans Minor Victories, c'est en soi assez prometteur... Bon, il y a une voix diaphane, de grosses lignes de basse, au final quelque chose de plutôt mélodique... Mais pas assez de chansons, de ce je ne sais quoi qui t'accroches, qui te prends, qui t'embarques. Déception personnelle. Peut-être attendais-je le côté parfois sépulcral des débuts d'Editors. Du coup, l'electro de Pantha du Prince vient redonner un peu d'allant au chroniqueur, qui devant reprendre la route se dirige tranquillement vers le parking, passant devant quelques militaires en faction, quelques blocs de béton qui rappellent que le monde extérieur ne vit pas dans la sérénité. 

    Un contrôle de gendarmerie plus tard, en un échange courtois entre gens de bonne compagnie, retour au bercail. 

    Affaire  suivre...

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  • Rock en Seine 2015 - Jour 3

    C'est dimanche. Alleluia. L'Eternel en sa bienveillance a réglé la météo sur beau fixe. On aborde la dernière journée du Rock en Seine avec une forme de sérénité. Wayfarer, Converse... Classique, quoi. Ca c'est un peu le trip blogueuse mode, "mon look spécial festival". Je vous épargne toutefois la photo en mode duckface... On a passé l'âge... Au programme du lourd et du soft. Du gros son qui fait saigner les esgourdes et de quoi faire un tri cosmique... Bref, prometteur. Même si, l'arrière du mollet commence à chauffer. Tout est dans la préparation physique, on ne le répètera jamais assez!

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  • Rock en Seine 2015 - Jour 2

    Un festival c'est physique. Il faut s'attendre à marcher, d'une scène à l'autre. Il faut s'attendre à rester debout pendant quelques heures. On hésite à chiller, tant la programmation peut être dense. Le genre de plan qui pousserait à s'allonger dans l'herbe au soleil bercé par la musique, les beats martiaux, le grondement des basses... On ne le fait pas. Enfin, moi je... C'est un choix. 2ème jour de Rock en Seine, et plein de choix sous un soleil de lomb, rythmé par l'ingestion de liquides houblonnés, selon un vieux principe de consubstantialité: bière et rock font partie d'une même cosmogonie. Comme me le rappelait un pote en rock'n'roll, la bière, la bière, qu'a-t-elle fait de toi la bière... Bon, pas de quoi se déguiser en licorne, en Totoro ou en banane (choses vues)... Résumé des affaires en cours...

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  • Les 10 plaies d'un public de festival

    On a beau s'y être préparé, on a beau le savoir, le festival rock demande un entrainement particulier, une résistance physique hors du commun, un estomac solide pour absorber bière et saucisses, plusieurs bras façon Vishnou pour tenir un gobelet de bière, un smartphone, une portion de frites, applaudir, rouler une cigarette, etc. 

    Le pied est chaussé de bottes en caoutchouc dans les pays à risque de précipitations élevés (Bretagne, Normandie) afin d'épargner ses Converse... Cela dit, se pose éternellement la question de fond: jusqu'à quel âge se portent les Converse? Tout le monde a des Converse. Tout le monde a un t-shirt Ramones, aussi. Ca calme. Même ceux qui n'ont jamais écouté les Ramones à l'époque des Ramones. 

    Mais revenons aux 10 plaies des publics de festivals...

    #1: le mec qui est plus grand que toi. Genre 2m05. Et qui se place juste devant toi. Au moment où tu t'y attends le moins. Tu te dis que tu fais 1m92, que tu ne risques rien. Pas de bol. La période où tu dominais tes potes de classe ou tes clients japonais est loin derrière. Dans les festivals (et les concerts en général) le jeune est grand, de plus en plus grand. C'est énervant. 

    #2: le mec qui prend sa nana sur ses épaules pour qu'elle voie ce qui se passe sur scène (et capte l'attention du caméraman qui manie la Louma). Elle convainc sa meilleure copine de faire de même, bilan, toi, derrière, tu ne vois rien. Notons tout de même qu'un mec résistant qui tient plus de 10 minutes avec une masse pondérale de 30 à 40 kilos sur les épaules est rare... On manque d'athlètes!

    #3: le groupe de mecs ou de filles qui essaie de rejoindre le premier rang, en fendant la foule compacte. Ils sont quinze, ils ont des gobelets de bière à la main, ils sont éventuellement un peu pétés. Là, tu as toujours la tentation de faire un blocage, façon rugby. Mais c'est pas dans l'esprit festival. 

    #4: le fumeur de joint qui t'envoie la fumée, mais ne fait pas tourner. Insuffisant pour finir totalement en vrac. T'es pas cool, maaaan.

    #5: le lourd qui crie "à poil" parce qu'il y a des filles avec des guitares sur scène. Il est souvent jeune. Il n'a pas compris que la femme est l'avenir du rock. Et ce de Pat Benatar à Jehnny Beth en passant par Courtney Love, les GoGo's, les Bangles, Elastica, L7, et j'en passe...

    #6: le fan prépubère qui a conquis son carré de pelouse au tout premier rang et qui n'est bougera pas. Tant pis si tu dois le piétiner. C'est moche. 

    #7: le hispter dont tu te demandes, s'il est traité scotchgard tant sa tenue au négligé étudié est nickel, quelles que soient les conditions atmosphériques. Pas une plaie, mais agaçant. Surtout quand tu regardes la boue et les taches de gras (frites, kebab) qui constellent ton jean de festival...

    #8: les bavards qui continuent leurs conversations pendant les morceaux lents, méditatifs, les ballades acoustiques... Ceux qui cassent ton moment de communion avec l'artiste. De COMMUNION, oui, le mot est fort. Mais quoi, on a le droit de décoller. 

    #9: celui qui a l'accréditation et va aller se gaver de bonnes choses au sec, dans l'espace VIP, alors que toi, tu vas carburer pendant 3 jours au régime kebab-bière (ou crêpe-cidre en Bretagne) les pieds dans l'eau...

    #10: le type bourré-foncedé titubant qui traverse à grand peine le public, à contresens... Ta zone de confort s'envoit altérée. Tu t'angoisses. Tu espère secrètement que s'il se répand, ça sera sur le rang derrière...

    Allez hop, on arrête la socio à deux balles. Prêt pour le prochain festoche. Le gobelet recyclable à la main, et le poncho anti-pluie (celui de la Route du Rock étant siglé Arte, il ne nuit pas trop à la street cred...) dans le sac...

    Enjoy!

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