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  • Expendables 2, quand le budget botox est supérieur au budget scénario

    expendables 2Ancien ado des années 80, ayant grandi bercé par une forme de cinéma bourrin (qui fut produit à une époque lointaine par Menahem Golan et Yoram Globus, Cannon Group) où de gentils américains aux muscles hypertophiés allaient mitrailler tout ce qui sentait de près ou de loin le communiste, qu'il soit Russe, Vietcong ou Chinois, je ne pouvais manquer le deuxième volet de la franchise Expendables. 

    Le premier opus fut la bonne surprise de l'été 2010. Certes, ce n'était ni du Godard ni du Bergman. Mais ce film où l'action prime sur la réflexion avait le mérite d'une relecture presque classieuse de ce cinéma d'action des années 80 filmé à l'arrache sans trop d'effets spéciaux ni de travail sur les cadrages, les plans classieux et les effets de caméra. Les années 2000, l'esthétique clip ont fait monter en gamme, du moins visuellement parlant ces nanars où le taliban et les narcos ont allègrement remplacés les Rouges. 

    Que dire d'Expendables 2? C'est joyeusement débile, comme une blague potache de vieux potes, qui un soir de biture se disent que ça serait cool de faire un gigantesque mashup de toutes leurs exploits passés. Et accessoirement d'empocher un peu de cash au passage. Voire beaucoup. On peut clairement affirmer que le scénario a été écrit sur un coin de nappe en papier, voire un sous-bock de bière, genre: "les gentils musclés américains surarmés vont aller péter la gueule à des mecs chelous surarmés d'Europe centrale qui veulent s'approprier du plutonium qui ne leur appartient pas pour se faire un max d'argent sale". OK, le scénario, c'est fait. Stallone appelle Schwarzy, Willis, Van Damme. Il n'appelle pas Chuck Norris, on n'appelle pas Chuck Norris. D'ailleurs Chuck Norris n'a même pas eu besoin de participer au tournage de ses scènes, car il EST Chuck Norris. Stallone rappelle Jason Statham, qui se dit qu'ayant fait Transporter, qui plus est produit par Luc Besson, il ne peut descendre plus bas, et qu'en plus ça va l'inscrire au panthéon des burnés stéroïdés, dont un a été Gouvernator de Californie, c'est dire... Ca ne mange pas de pain, comme on dit.

    expendables 2, chuck norris, stalloneNos musclés vont à la salle de gym, soulèvent la fonte (un peu), se gavent de créatine (un peu plus), et comptent sur l'imagerie numérique pour faire des miracles. Et ça marche. Le biceps est saillant comme il faut. Côté tronches, le botox fige un peu les expressions. Enfin, Sly avait déjà la moitié du visage statique. Pas de miracle. Statham, bien que plus jeune, a une seule expression. Tout comme Dolph Lundgren. Quant à Chuck Norris... Well, le Botox s'est chucknorrissé. Imaginons le possible: Sly Stallone invité à Paris pour recevoir un César d'Honneur en février 2013, pour l'ensemble de sa carrière. Standing ovation, discours: "Well, I wanna thank the R&D team that made all this possible, my surgeon, etc." A cette aune-là d'ailleurs, à la fin de la même année, les Bogdanoff Brothers pourraient recevoir le Prix Nobel de Physique...

    Mais revenons à nos Expendables. Le film est très pédagogique. L'Amérique, c'est cool, il y a des bars de bikers sympa, des Harley et de la bière. L'Europe centrale, c'est crade, les gens sont mal sapés, il y en a un ou deux qui parlent anglais, toujours pour se plaindre de leurs petits problèmes de pauvres. Une scène du film se passe à Paris, scène assez fugace, il faut le dire... Plan 1: Vue aérienne avec Tour Eiffel. Plan 2: Immeuble HLM craspec, plan manifestement tourné en Europe centrale pour des raisons budgétaires. Mais avec une Citroën DS vintage en arrière plan pour faire français. Pour revenir à l'Europe centrale, on se croirait dans Borat... Pédagogie toujours, le bad guy du film, interprété par JCVD, au top de sa forme, aware comme jamais, s'appelle Vilain. Au moins, on est prévenu. Pas de rédemption possible. Comme si dans un film d'Olivier Marchal, le super badass s'appelait Enculé...

    Expendables 2, c'est environ 1h30 de baston, mitraillages et explosions. Et à la louche, 12 minutes de dialogues, avec philo virile à deux balles (un peu) et auto-citations (beaucoup).

    A part ça, ai-je aimé la chose? A chaud, oui. On ne risque pas l'AVC avec ce type de film. J'aurais aimé un petit effort supplémentaire côté scénario. La même chose confiée à Robert Rodriguez et Tarantino. A choisir, autant revoir Rambo (First Blood), Last Action Hero et Piège de Cristal (Die Hard)...

    Enjoy! 

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  • Le nouveau clip des Bewitched Hands

    "Thank you, Goodbye, it's over", un nouveau morceau des Bewitched Hands, réjouissant, enthousiasmant, pop comme il faut pour attaquer une rentrée sous le soleil!

    A déguster comme une confiserie!

    The Bewitched Hands - Thank You, Goodbye, It's... par BewitchedHands-Official

    Enjoy!

    Catégories : Musiques Lien permanent
  • Du vent dans mes mollets, le film à voir

    carine tardieu, agnes jaoui, denis podalydèsSpontanément, je ne me serais pas laisser embarquer. Surtout quand sort Expandables 2, l'archétype du film burné sorti directement des cerveaux cramés par les stéroides des musclors testostéronés qui ont dominé le ciné de grande conso des années 80... J'irai voir la franchise Expandables, j'ai eu 16 ans dans ces années-là...

    Mais quitte à revisiter les années 80, il FAUT (impératif catégorique) aller voir le beau film de Carine Tardieu, "Du vent dans mes mollets", et pas uniquement pour son casting impeccable et juste. D'abord, il y a Agnès Jaoui. Contre-emploi total, la Jaoui mordante et sophistiquée s'est transformée en mère juive étouffante, empâtée, négligée, cheveu gras... Ophtalmo et ménagère. La femme qu'on ne remarque plus. Isabelle Carré, jeune divorcée avec enfants, sorte de pré-bobo chez qui on dit des gros mots en se gavant de Nutella devant la télé. Denis Podalydès, le père, installateur de cuisines, discret et amoureux. Judith Magre, la grand-mère un peu aphasique. Il y a surtout deux petites filles à la présence sur l'écran incroyable, deux personnages qui portent le film, Rachel et Valérie, deux copines de classe qui découvrent le monde avec leurs yeux d'enfants. L'école, la vie, les gens, le sexe. Une psy, Isabella Rossellini, qui recueille les confidences d'enfants et d'adultes un peu largués.

    La bande-son est juste, chaque morceau est amoureusement choisi et donne du sens aux images. On y entend Kare Bush, Richard Sanderson. Chapeau au décorateur qui a su reconstituer la France de 1981. On entend le candidat Mitterrand parler à la télévision. On revoit quelques pubs d'époque. On voit une sublime R16 jaune. On est en immersion totale. On replonge dans une part d'enfance. Mais qu'on ne s'y trompe pas. "Du vent dans mes mollets" n'est pas une reconstitution sociologique minutieuse des années 80. On y trouve ce qui faisait le charme du "Skylab" de Julie Delpy, la chronique familiale, l'humour. On y trouve aussi beaucoup de profondeur et de gravité. Le regard de l'enfant sur le monde des adultes est parfois cruel, toujours décomplexé. Le film est une sorte de psychothérapie accélérée avec une légèreté enthousiasmante, sans pathos. Un vrai regard d'enfant.

    Le film sort demain, 22 août! Courez-y!

    Enjoy!

     

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