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rock

  • Gimme Danger, Oncle Iggy raconte la geste stoogienne

    Certes parfois un peu verbeux, mais réellement passionnant le documentaire de Jim Jarmusch consacré à la chaotique histoire des Stooges. Racontée par ses protagonistes. Last man standing, Jim Osterberg aka Iggy. Une pure histoire rock, pleine de bruits, de fureur, avec le moins de glam possible. Une histoire de crasse, de dope, d'excès, une tension permanente, des hauts, des plus bas que bas. Une histoire où tout le monde meurt à la fin, ou presque. Mais une histoire où chacun est reconnu à sa juste valeur, pour son apport indéniable à la geste rocknrollienne.

     

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  • Le retour du vinyl

    Je pose la galette noire brillante sur la platine. Je saisis précautionneusement le bras entre le pouce et l'index et dépose délicatement le saphir sur le bord extérieur du disque. Des craquements délicieusement familiers envahissent l'espace pendant quelques instants. Bruits de bottes. Premier riff. Je viens de me lancer dans l'écoute de Never Mind The Bollocks, Here's The Sex Pistols. Dans sa version 33T. Que je viens d'acheter. Presque 40 ans après sa sortie dans les bacs. Un album que je n'ai eu qu'en K7, un album déterminant, un album fondamental dans mon panthéon musical personnel. Un album, un groupe, pierre angulaire de ma passion pour la chose rocknrollienne. Et pourtant, quand je l'ai écouté pour la première fois, le groupe avait splitté depuis déjà un an. Les bases du mythe étaient posées. Revenons à 2017. Le rayon disques vinyls de la Fnac commence a occuper de l'espace. Il réoccupe l'espace perdu. Celui des CD s'étiole. Qui achète encore des CD? J'ai perdu presque tous les miens (Histoire racontée ici-même il  a quelques mois. Histoire d'un désarroi). J'ai ressorti ma platine. J'ai exhumé de la cave mes disques. J'ai repris goût à la manipulation des pochettes, ces grands formats aux graphismes travaillés. Sur lesquels il n'était même pas utile de se tuer les yeux pour déchiffrer des paroles souvent cryptiques... Je me rappelle parfaitement des deux derniers disques que j'avais acheté, avant de basculer dans le tout CD. 1988, Peepshow de Siouxsie & the Banshees, Rattle & Hum de U2. Deux albums tout à fait décents. Tout à fait écoutables, même 28 ans plus tard. Et réécoutés. 

    28 ans entre deux achats d'un même produit. Etonnant, non? Sans parler des recherches effectuées dans les bacs des brocanteurs, des disquaires spécialisés. Avec la petite jouissance de la redécouverte. Bien sûr, tous ces albums mythiques, j'en possède déjà les versions numérique. Il y a eu le basculement radical vers le CD qui était l'innovation absolue de la fin des 80s. Plus besoin de se lever, de retourner le disque. On pouvait zapper l'inévitable morceau qu'on aimait pas sur un album. Le CD on le baladait partout, c'était simple. Le mp3 a tout balayé. Avec l'iPod, j'ai TOUT numérisé, j'ai téléchargé. Je les ai tous testés, les Napster, Kaazaa, eMule, j'en oublie. Il y a eu les torrents et le téléchargement frénétique, les intégrales. Il y avait toujours un grand malade pour mettre en ligne un répertoire avec 40 albums de Neil Young, des dizaines d'heures de live de Springsteen. Des raretés, aussi. Bref, le grand supermarché. L'accumulation de matos au coeur des disques durs. Des centaines de Go de musique. Au hasard d'une lecture en mode aléatoires, on redécouvrait une pépite oubliée. Tiens j'avais ça... j'avais oublié. 

    Mais revenons au vinyl. Etrange idée. La grande galette noire. Avec sa pochette cartonnée. Le plaisir de se replonger dans les lyrics, de retrouver des sensations anciennes. J'ai déniché chez un disquaire le premier album des Pretenders. Quelques titres mémorables, Stop Your Sobbing, Brass In Pocket. La frange de Chrissie Hynde, le Perfecto rouge, les mitaines de dentelle noire... J'ai dégoté sur eBay le New Gold Dream de Simple Minds, un album qui m'avait marqué à sa sortie. Pas mal diffusé par Bernard Lenoir. Des titres mémorables qui ont hanté les nuits des années 80, Someone Somewhere in Summertime... J'ai réécouté l'envoutant 17 Seconds de Cure. A Forest et son climat lugubre et aérien. J'ai flippé en réécoutant Subway Song, avec ce hurlement glaçant qui clôt le morceau, cette histoire sinistre... She dare not turn around... J'ai réécouté London Calling. Album d'époque, acheté 5£ outre-Manche. Je vois bien le moment où je vais progressivement racheter tous les albums punk - new wave des mes 15 ans... Une obsession comme une autre. Je vais me mettre en quête du premier Marquis de Sade, du premier Taxi Girl, de quelques Jam, Costello, Jackson, Joy Division, PIL, Stranglers... J'en frémis à l'avance. Pas de collectionnite, pas de recherche - pour l'instant de machins rarissimes numérotés... Même si un Metal Box d'origine me tenterait...

    Affaire à suivre.  

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  • Rock & Folk et moi

    Tout a commencé en septembre 1979. N°153, Blondie en couverture. A l'affiche, Led Zep, Leonard Cohen, Véronique Sanson, les Stones, Boston. Mis à part Boston, tout ce petit monde continue à faire l'actu. Voire à sortir des disques. Voire à être arraché à l'affection des siens. En ayant sorti un ultime skeud. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je suis retombé dessus un peu par hasard un jour, il y a deux-trois ans, aux Puces de Saint Ouen. Et je suis tombé en arrêt, comme le chien du même nom, comme le couteau à cran éponyme. Catalepsie. Catatonie. Holy shit! Holy fucking Jesus! Gabba gabba hey! One two three four! LE numéro de Roquéfloque qui a TOUT déclenché. 

    Je l'avais acheté un peu en loucedé. Pink Floyd et les Beatles étaient tolérés à la casa. Mon père aimait Brel, période Abbé Brel. Il avait quelque chose de rock, mon père. Un peu comme ces fans des Stones qui t'affirment que depuis le trépas de Brian Jones, les Stones, bof... Ou que Pink Floyd sans Syd Barrett, c'est plus vraiment ça... Il aimait le jazz. Le Count, le Duke, les émissions et les bouquins d'André Francis. Mais le rock... Je suis passé d'Okapi/Phosphore à Rock & Folk. Tranquille. De quoi alimenter les conversations avec les potes. Au lycée. Les clivages étaient forts. Si tu aimais le hard, tu ne pouvais pas écouter du punk ou de la new wave. Si tu écoutais Supertramp, tu n'écoutais pas Clash. Point barre. Et à Versailles, on préférait Téléphone qui se mariait mieux avec les mocassins américains, les mèches et les pulls négligemment jetés sur les épaules. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je le connaissais par coeur. Il fut ma Pierre de Rosette, mon Petit Livre Rouge, mon catéchisme. Je tombais raide dingue de Chrissie Hynde. Ses mitaines en dentelle noire, sa frange, cuir noir et Perfecto rouge. Dwight Twilley m'intrigua, je n'en entendis plus parler. Je me plongeais dans la scène rennaise. Et découvris Marquis de Sade. Et Hunter S Thompson. Dont le Las Vegas parano venait d'être réédité. Je découvris le gonzo journalisme chroniqué par Manoeuvre. 

    PhilMan... Certains revendiquent des parentèles littéraires directement puisées dans le Lagarde & Michard ou dans la Pléiade. Des z'influences prestigieusement académiques, avec grand uniforme, palmes, pompes et circonstances, passages sur France Cul et tout le toutim. Mon maître ès-écriture fut PhilMan. Le PhilMan des années 80. Tout en délire, déconne, emballements, et mauvaise foi absolue. Il y en avait d'autres, bien sûr, le cryptique Garnier (qui n'avait pas aimé Apocalypse Now, va comprendre...). Jean-Eric Perrin et son Frenchy But Chic. Blanc-Francard. Je n'écrivais pas une ligne. J'ai écrit plus tard. Après avoir lu les oeuvres de HST. 

    La suite... J'ai acheté religieusement Rock & Folk chaque mois. J'ai décroché au milieu des années 80. Presque 10 ans de break. J'y suis revenu. vers 94 ou 95, je ne sais plus. Une couv avec un Polnareff annonçant l'un de ses premiers retours. 

    On reste marqué par la musique de ses quinze ans. J'y pensais encore en voyant Republik et Kas Product sur scène, il y a quelques semaines. Une soirée Frenchy But Chic, organisée par Jean-Eric Perrin. On ne se débarrasse jamais de son adolescence. Le monde du rock devient une grande nécro. Mais de jeunes branleurs comme Lemon Twigs viennent donner un petit coup de frais. Combien de temps dureront-ils? L'espace d'un album, d'un engouement. Ils succèderont à tous ceux qui nous collent la gaule, le frisson rock'n'rollien. Et qui nous permettront de rester éternellement jeunes.

    Solid as a rock. 

    Bon anniv Rock & Folk!

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  • Prince et moi

    Encore un type qui va y aller de son anecdote personnelle, de son récit de concert, de sa larmichette, vous dites vous déjà lassé à l'avance... Et je vous comprends. Encore un RIP. Encore un billet, un articulet laudateur où l'on parera le défunt de toutes les vertus et où l'on évoquera la vide immense qu'il laisse dans un monde à la dérive, etc, etc, etc... 

    Bref, vous êtes mal. Vous avez déjà cliqué ailleurs. Vous avez raison.

    Prince, ça faisait des années que j'avais plus ou moins décroché. Plutôt plus que moins. Voila c'est dit. Ca va mieux.

    Et pourtant, si je devais retenir de Prince un seul morceau, ce serait The Cross. Ne me demandez pas pourquoi. Enfin si, demandez.

    Ca remonte aux années 80, au milieu. On échange de la salive sur Purple Rain. On se secoue épileptique sur When Doves Cry. Arrive Sign O' The Times. Un double. Avec de tout dedans. Le couteau suisse straight from Minneapolis. D'ailleurs, je suis en Suisse à cette époque. Mais ceci n'a rien à voir avec cela. The Cross, le genre de morceau qui te chope, comme ça au moment où tu t'y attends le moins. Parce qu'il commence soft. Presque timide. Black day, stormy night. Petite rengaine tranquille qui se finit en déluge de grosses guitares hyper saturées. Un son metal, punk, sauvage. Et tout à coup la jonction se fait dans mon petit monde mental entre mes racines rock et l'univers polymorphe du Kid de Minneapolis (appellation déposée, cliché journalistique trademarké). The Cross m'a hanté, pendant des  années  et aujourd'hui encore.

    Vola, c'est tout. 


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