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  • Magistral M83

    Bon alors, M83 ça donne quoi en live? Je m'auto-interrogeais. Ouais, c'est vrai ça donne quoi? Il y avait eu ce petit séisme de Hurry up, we're dreaming. Il y a déjà 5 ans. Avant, je ne sais pas trop. Il y avait eu la BO d'Oblivion. Des climats planants, un sens de la dramaturgie, l'accompagnement idéal d'un film de SF quand Hans Zimmer est en vacances et John Williams a la grippe. Je dé-co-nne! Bon, mais M83, c'est quoi précisément? De l'electro? Trop simple. C'en est, mais pas que. Anthony Gonzalez ne se colle pas en haut d'un petit volcan derrière ses machines comme qui vous savez, il ne passe pas son concert les deux mains en l'air, un demi casque sur l'esgourde, comme qui vous savez aussi... Ca c'est pour la séquence bashing.

    M83, c'est dance, c'est rock, c'est ambient, c'est puissant. Un TRES gros son, avec des basses énormes, du genre qui te secouent la tripaille, et provoquent une sorte de mouvement brownien de tous les morceaux de ton enveloppe corporelle. Pour peu on se retrouverait dispersé façon puzzle, et avec le sourire. Ce qui ne gâche rien. Ajoutons une rythmique monstrueuse. Un guitar hero. Qui nous la joue à l'ancienne, totalement premier degré. Sans faire semblant comme qui vous savez aussi. Des voix. Un light show. Une forte intensité d'un bout à l'autre du set. Mini-bémol, Anthony Gonzalez n'est pas du genre causant, minimum syndical en mode "Pariiiiiiis!". Minimaliste et déclinable à l'infini... 

    Au final, un grand show. Qui te mets de très bonne humeur.

    Dehors, il doit faire 3 degrés. 

    Pour le plaisir, un petit bout de la BO d'Oblivion. C'est pas neuf, mais j'aime.

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  • Rock & Folk et moi

    Tout a commencé en septembre 1979. N°153, Blondie en couverture. A l'affiche, Led Zep, Leonard Cohen, Véronique Sanson, les Stones, Boston. Mis à part Boston, tout ce petit monde continue à faire l'actu. Voire à sortir des disques. Voire à être arraché à l'affection des siens. En ayant sorti un ultime skeud. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je suis retombé dessus un peu par hasard un jour, il y a deux-trois ans, aux Puces de Saint Ouen. Et je suis tombé en arrêt, comme le chien du même nom, comme le couteau à cran éponyme. Catalepsie. Catatonie. Holy shit! Holy fucking Jesus! Gabba gabba hey! One two three four! LE numéro de Roquéfloque qui a TOUT déclenché. 

    Je l'avais acheté un peu en loucedé. Pink Floyd et les Beatles étaient tolérés à la casa. Mon père aimait Brel, période Abbé Brel. Il avait quelque chose de rock, mon père. Un peu comme ces fans des Stones qui t'affirment que depuis le trépas de Brian Jones, les Stones, bof... Ou que Pink Floyd sans Syd Barrett, c'est plus vraiment ça... Il aimait le jazz. Le Count, le Duke, les émissions et les bouquins d'André Francis. Mais le rock... Je suis passé d'Okapi/Phosphore à Rock & Folk. Tranquille. De quoi alimenter les conversations avec les potes. Au lycée. Les clivages étaient forts. Si tu aimais le hard, tu ne pouvais pas écouter du punk ou de la new wave. Si tu écoutais Supertramp, tu n'écoutais pas Clash. Point barre. Et à Versailles, on préférait Téléphone qui se mariait mieux avec les mocassins américains, les mèches et les pulls négligemment jetés sur les épaules. 

    Ce numéro de Rock & Folk, je le connaissais par coeur. Il fut ma Pierre de Rosette, mon Petit Livre Rouge, mon catéchisme. Je tombais raide dingue de Chrissie Hynde. Ses mitaines en dentelle noire, sa frange, cuir noir et Perfecto rouge. Dwight Twilley m'intrigua, je n'en entendis plus parler. Je me plongeais dans la scène rennaise. Et découvris Marquis de Sade. Et Hunter S Thompson. Dont le Las Vegas parano venait d'être réédité. Je découvris le gonzo journalisme chroniqué par Manoeuvre. 

    PhilMan... Certains revendiquent des parentèles littéraires directement puisées dans le Lagarde & Michard ou dans la Pléiade. Des z'influences prestigieusement académiques, avec grand uniforme, palmes, pompes et circonstances, passages sur France Cul et tout le toutim. Mon maître ès-écriture fut PhilMan. Le PhilMan des années 80. Tout en délire, déconne, emballements, et mauvaise foi absolue. Il y en avait d'autres, bien sûr, le cryptique Garnier (qui n'avait pas aimé Apocalypse Now, va comprendre...). Jean-Eric Perrin et son Frenchy But Chic. Blanc-Francard. Je n'écrivais pas une ligne. J'ai écrit plus tard. Après avoir lu les oeuvres de HST. 

    La suite... J'ai acheté religieusement Rock & Folk chaque mois. J'ai décroché au milieu des années 80. Presque 10 ans de break. J'y suis revenu. vers 94 ou 95, je ne sais plus. Une couv avec un Polnareff annonçant l'un de ses premiers retours. 

    On reste marqué par la musique de ses quinze ans. J'y pensais encore en voyant Republik et Kas Product sur scène, il y a quelques semaines. Une soirée Frenchy But Chic, organisée par Jean-Eric Perrin. On ne se débarrasse jamais de son adolescence. Le monde du rock devient une grande nécro. Mais de jeunes branleurs comme Lemon Twigs viennent donner un petit coup de frais. Combien de temps dureront-ils? L'espace d'un album, d'un engouement. Ils succèderont à tous ceux qui nous collent la gaule, le frisson rock'n'rollien. Et qui nous permettront de rester éternellement jeunes.

    Solid as a rock. 

    Bon anniv Rock & Folk!

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  • Jour Polaire

    Imagine ce moment de l'année près du Cercle Polaire, ce moment où le soleil ne se couche pas. Pas de nuit. La lumière intense. Le dérèglement des sens. L'absence de sommeil. L'alcool et la folie. Jour Polaire, c'est cette enquête sur des meurtres monstrueusement orchestrés, avec ce qu'il faut de flics à fractures personnelles. Avec des suédois, dont Peter Stormare - vu chez les Frères Coen dans des rôles mythiques et déjantés - et Leila Bekhti, qui jongle entre le français et l'anglais avec dextérité. 

    Je ne gloserais pas sur le sens profond et l'imaginaire rafraichissant des séries nordiques - que je n'ai pas vues. je pourrais le faire, genre "je suis allé pomper un truc sur Wikipedia pour en parler doctement"... Je ne le ferai pas. Question d'éthique. Question de flemme aussi. Nous partirons du principe que l'exotisme du nord de l'Europe, que nous fréquentons en général au détour d'une visite chez Ikea (Sköl, Sven, Billy!) en écoutant Mamma Mia, c'est familier. Enfin presque. Le truc qui tue (je n'ai vu qu'un seul épisode, je tiens à le préciser), c'est ce jour permanent. Un point de départ déjà expérimenté dans le puissant Insomnia de Christopher Nolan, où l'on voit un Al Pacino, dur à cuire, se décomposer littéralement sous l'effet du manque de sommeil. Insomnia, l'Alaska. Jour Polaire, Kiruna, au nord du nord de la Suède. Les meurtres sont gore à souhait. Leila Bekhti retrouve un rôle de femme flic, fragile - au sens qu'elle n'a pas la carrure de Dwayne Johnson, donc côté baston, j'attends de voir si elle devra se battre à main nues contre un bucheron viking local, mais cette remarque sera peut-être interprétée comme une vision sexiste, donc que dire, que faire? - Bref. Fragile, mais pour comme les flics selon le standard Pagan-Marchal (cheveu gras/mal rasé, veste en cuir, Gamma-GT au max, roulant en Porsche Cayenne armés jusqu'au dents avec une somme de fracture personnelles telles qu'on s'étonne que l'Inspection du Travail n'ai pas émis une alerte RPS au niveau Defcon Red et collé tout le monde en arrêt de travail doublé d'un séjour en HP avec fermeture de la boutique... Re-bref. Bref, Jour Polaire c'est prometteur. Et ça commence lundi.

    Et c'est pas sur Netflix. Va falloir que je trouve un moyen d'accéder à Canal.

    Mais vais-je aller chez Ikea ce weekend pour m'acheter du glög et des bonbons Daim pour rester dans l'ambiance?

    [Jour Polaire, série en 8 épisodes de 52 minutes, diffusée sur Canal+ à partir du lundi 28 novembre]

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  • Un soir au Festival des Inrocks

    Etonnante première soirée de ce Festival 2016. La journée avait été bercée des sons du nouvel album de Metallica. Du brutal. Sauvage. Enfin, sauvagerie parfaitement policée. Presque sans surprise. 

    Et puis La Cigale, avec cette première soirée très orientée nouvelle scène française. Et c'est étonnant. Comme un retour au son des années 80, dépoussiéré, remis en selle. Des sonorités comme on en entendait sur les radios dites libres de bon goût et sur France Inter, déjà. Il est marrant de constater que ce qui a pu paraîtrre ringard au oreilles du public des Inrocks naissants plaise au public des Inrocks 30 ans plus tard... 

    Juliette Armanet, clavier, accompagné d'un groupe très rock, évolue dans un univers musical pas si éloigné de Véronique Sanson, sous influence Steve Stills. J'ai bien aimé. J'en redemande.

    Her, étonnant groupe, entre jeunes gens modernes et soul.

    Paradis, et cette pop synthétique qui évoque Daho, mais pas que. Et qui se lance dans une relecture de la Ballade de Jim. Enflammer la Cigale avec une chanson de Souchon... Paradis l'a fait.

    Lescop qui cloture la soirée, avec ces tonalités rock et synthétiques. Il s'était tu. On était resté sur le sombre et envoutant La Forêt. On l'avait presque oublié. Il revient.  Avec une forte présence scénique, un groupe puissant. C'est fin, c'est beau. 

    Affaire à suivre.

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  • Suzanne...

    Avant d'entendre parler de Leonard Cohen, j'ai entendu Graeme Allwright chanter Suzanne. Je devais être scout. Une ambiance de feu de camp. De balades dans les bois, youkaïdi youkaïda. Petite madeleine proustienne. Lointaine. 

    Des années plus tard, il y a eu Bashung. Mais c'est une autre histoire...

    Et Hallelujah... J'avoue l'avoir vraiment découverte en regardant Shrek avec mes enfants dans la version de Rufus Wainwright. Voila. 

    Pas cool, hein. 

    Mea culpa.

    Mea maxima culpa. 

    Je ne connais finalement de Leonard Cohen que ses "Best of". C'est déjà ça. C'est peu.  On va faire avec. Réécouter. Peut-être est-ce la bande-son idéale de nos temps obscurs? 

    Je vais me passer en boucle The Partisan, tiens.

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