Fréquenter de vrais journalistes avec une vision et des convictions rassure sur l'avenir de la presse quotidienne. Bien sûr, parler de lueurs d'espoir un jour où les quotidiens sont absents des kiosques relève de l'acte de foi teinté d'un
zeste d'optimisme béat, assaisonné d'un soupçon de naïveté probable... Point de cynisme, l'absence des kiosques relève une fois de plus de ce qui constitue, sous couvert de défense d'on ne sait plus très bien quoi sinon une conception aristocratique du syndicalisme, un des facteurs de la déconfiture de la presse. La presse quotidienne sera tuée, entre autres, par ceux qui la fabriquent. Vae victis.
Vision et conviction, c'est ce qui ressort de conversations récentes avec un de ceux qui pensent l'avenir de la presse, qui l'ont pratiquée, qui ont observé ce qui se passe ailleurs, qui ont une vision de ce que doit être un titre de presse pour s'adapter à un environnement nouveau. L'essentiel tourne autour de la valeur de l'info. Le nouveau paradigme: la gratuité et l'abondance, voire la surabondance. L'information, au sens très large à laquelle les publics sont exposés, est produite en masse, aggrégation de multiples sources. Démêler le vrai du faux, la rumeur de l'information, le fait avéré de la désinormation pure, le fait précis de l'approximation relève de la gageure. Trop de tout réduit la valeur de l'ensemble à pas grand chose. On en revient aux thèses d'Andrew Keen. L'amateurisme s'il est sympathique et démocratique en apparence n'est pas gage d'intelligence collective...
Comment donner de la valeur à l'information et au média qui la véhicule? Une fois de plus MacLuhan nous apporte la clé: the medium is the message. Il faudrait ajouter: the value of the medium comes from the value of its message. La valeur de l'info, c'est le retraitement, l'analyse, la synthèse, la mise en perspective. Moins mais mieux. Pas d'exhaustivité, un
journal généraliste s'il cherche à entrer en concurrence avec sa contrepartie en ligne sera tenté par la volonté d'aborder tous les thèmes possibles et imaginables. Pour tenter de grapiller ça et là les franges marginales de son lectorat potentiel. Les publics sont fragmentés. Le risque est de dérouter ceux qui cherchent dans un titre un style, un angle, une identité. A chercher à jouer le jeu de la Long Tail, la presse généraliste perdra. Matériellement, physiquement. Ne pas intégrer trop de niches dans son contenu, mais devenir une niche en soi. Etre dans le haut de la courbe de la Long Tail. Convaincre vos lecteurs que vous êtes encore payants parce que vous le valez bien. Value for money. Un journal vaut-il les 1,20€ que vous allez débourser pour l'acquérir?
Tout n'est pas perdu. Mais il faut faire vite!!!
Enjoy!
Pas acheté le JDD hier. Histoire de lire autre chose que la Pravda le jour du Seigneur. Pas
d'humeur. Surtout après avoir lu
A propos de djeunz et de musique, un concert à incrire sur vos agendas: le 11 décembre prochain, à la Boule Noire:
Lancement mercredi 21 novembre de la nouvelle version de Télérama.fr. Télérama se décrit comme le journal global qui se lit, se voit et s'écoute. On entre dans une nouvelle dimension! Le magazine culturel papier limité à la vue et aux sens, par nature. Le site donnant à la marque une grande touche de SiSoMo (voir notes publiées icitte en 2006, Kevin Roberts, etc... Pour mémoire, SiSoMo signifie: Sight, Sound and Motion) Le site offrira un espace personnalisable, Mon Télérama, et une plateforme collaborative de production artistique, Wizzz. Le lecteur devient acteur, producteur de contenu. Totalement dans l'air du temps.