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Interview Express : Bertrand Betsch

Bertrand Betsch est un artiste rare. Le genre qui distille ses albums au fil du temps sans faire de bruit. Artisan et esthète. La passion du travail bien fait, ciselé, précis. Les albums sont façonnés avec amour des mots et de la mélodie. Une fois qu'on a dit ça qu'ajouter. Déjà partir à la découverte de Bertrand Betsch. Poser l'album sur sa platine. je précise qu'on est dans la métaphore, les cédés sont acceptés, le streaming aussi (même si on peut discuter des heures de la répartition de la rémunération, mais là n'est pas le débat icitte pour le moment). On est là pour parler du dernier album de Bertrand Betsch, La Traversée. Il y a eu opération de crowdfunding sur Ulule. Il y a quelque chose d'excitant dans cette participation du public au financement de l'oeuvre de l'artiste. Un sentiment de proximité. Une relation de confiance. J'avais vu Bertrand sur scène vers 2015 lors de la sortie de "La nuit nous appartient". Artiste attachant. "La Traversée" est sorti pendant le confinement. L'album a fait partie de la bande-son de cette période si singulière, qui va laisser en chacun de nous des traces indélébiles. 

J'ai contacté Bertrand pour lui proposer l'interview express. Ses réponses sont à l'image du personnage. Tout en réserve, en humour "tongue in cheek" et en profondeur. 

Si tu devais ne garder qu’un seul album de toute ta discothèque?

"Prisonnier de l’inutile" (Gérard Manset)  

Si tu ne devais garder qu’une seule chanson ?

"Quand les jours se suivent" (Gérard Manset)

Le truc le plus inavouable caché dans ton iPod (iPad, collection de CDs, K7, vinyles, favoris de ta plateforme de streaming, etc.) ?

Rien d’inavouable. J’assume tous mes goûts. Par exemple, le premier 45 tours que j’ai acheté et dont je suis toujours fan : "Femmes des années 80" de Michel Sardou.

Le truc le plus triste - celui qui te plonge dans un abime  insondable  de tristesse ?

Happy" de Pharrell Williams. Les chansons joyeuses me foutent invariablement le cafard, et au delà de ça, tout ce qui est médiocre.

Le truc le plus joyeux - qui te donne la patate et que tu écoutes systématiquement pour te rebooster ?

"Danse" de Marvin Jouno.

Le morceau que tu ne peux plus écouter ?

 "La lavande" (Pomme). Trop déchirant.

Le morceau ou l’artiste que tu zappes systématiquement ?

Bjork. L’artiste la plus surestimée de ces 30 dernières années.

Idole absolue - s’il n’en reste qu’une ?

Claire Pommet, justement parce qu’elle n’est pas une icône et que, de par son naturel, elle rend impossible toute forme d’idolâtrie.

Kim Jong-un ou Kim Kardashian (ou Kim Wilde, Kim Basinger, Kim Deal, Kim Dotcom, Kim Fowley, etc.) ?

Kim Jong-un. J’adore sa coupe de cheveux. La Corée du Nord est le seul pays qui me fasse rêver. Tout y semble si calme. Tout est ordonné. Les rues sont propres, silencieuses et dépeuplées. J’aime beaucoup l’idée d’un pays totalement autarcique. Quelque part, je suis moi-même un autarcique.

Ton objet-culte, ton doudou ?

Ma cigarette électronique. C’est le seul objet dont je ne me sépare jamais. 

Drogue préférée ?

Aucune. J’aime toutes les drogues en tant qu’elles sont des voix d’accès à des états de conscience différenciés, des lignes de fuite illimitées, des défis lancés à l’État de Raison.

Alcool préféré ? 

Le rhum vieux.

Tes premiers mots en tant que Miss France ? 

Déshabillez-vous, puis déshabillez-moi. 

Fuir mais où ?

Fuir nous est impossible. Partout où l’on va, on reste avec soi. Rien de plus imbécile et vain que le tourisme, les voyages, les longues destinations, l’idée de changer d’air, de parcourir le monde, de se mettre au vert. Quelque soit l’endroit où l’on va, on véhicule avec soi ce bagage insoutenable qu’est le poids de nos névroses.

Si tu ne devais faire qu’une seule émission de télé ou de radio ?

Aucune. Je ne regarde jamais la télé car la télé ne me regarde pas (ce n’est pas mon affaire). Je n’écoute quasiment pas la radio, à part « Les chemins de la philosophie » en podcast (France Culture), mais je ne me sens pas légitime pour y participer.

Film culte de chez culte ?

"Mauvais sang" (Leos Carax) 

Livre culte de chez culte ?

« Le mal des fantômes » (Benjamin Fondane) 

Marc Lévy ou Guillaume Musso ?

Inconnus au bataillon.

La fin justifiant les moyens, jusqu'où es-tu prêt(e) à aller pour faire partie des 50 personnalités préférées des français ?

À tout prendre je préférerais faire partie des 50 personnalités les plus détestées des français. Le peuple français est moutonnier et imbécile. 

Un dernier mot ?

À la fin est le début. À la fin il y a toujours un matin. À la fin, ce qu’on est, on le devient.


L'album en écoute ici : La Traversée (Microcultures Records / Kuroneko)

Catégories : Interview express, Musiques Lien permanent

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