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La réinvention des Inrocks, une réussite

couv775vignette.pngJ'ai attendu le N°4 des Inrocks nouvelle version. Pour avoir un peu de recul, un tout petit peu. Pour savoir si la nouvelle équipe n'avait pas mis toute son énergie dans le premier numéro. Car les Inrocks ont changés. Il y a de moins en moins de rock, même si le mot rock est ce qui saute aux yeux au premier abord dans le nouveau logo du magazine. Va comprendre... 

Côté forme, beau papier. Mat, classieux. Plus épais. Belle main. Le mag fait cossu, sans esbrouffe. On retrouve le côté élégant de la formule mensuelle ante-1994, l'austérité absolue en moins. Le jansénisme, on le trouve dans l'approche éditoriale. Toujours un peu sérieuse, parfois compassée et un tantinet snob. Le côté bobo parisien.  De gôche. Une gôche plus militante, plus agressive, toujours bourgeoise chic et bien sapée. Car le gôchiste lecteur des Inrocks n'est pas forcément touché par les délocalisations et les plans sociaux. Il est plutôt du côté des think tanks et de Terra Nova. Mais on l'aime quand même. Même s'il agace. Il est toujours moins insupportable que le bobo de droite néo-réac branché, qui camoufle quelques idées nauséabondes sous le vernis de la coolitude. Et est culturellement à la ramasse. Mais en l'espèce, l'exemple vient d'en haut.

Petit défaut des Inrocks nouvelle version, la densité. Gros hebdo. Beaucoup à lire. Avec les tics Inrocks. Le point fort, les dossiers thématiques. Le spécial "dope" de la semaine dernière, complet et renseigné. Le spécial Brésil du numéro de relancement, documenté. On sent la fibre militante façon gauche américaine, à la Rolling Stone. Même s'il manque aux Inrocks un journaliste gonzo de type Hunter H. Thompson. Pierre Siankowski fait bien son boulot. Les Inrocks pratiquent un journalisme classique et propre.

Côté culture, toujours ce parti-pris des niches. C'est la mise en pratique de la Théorie de la Longue Traîne. Grace aux Inrocks, l'artiste ne sera plus un inconnu aux yeux d'une minorité éclairée. Un classique. 

Potentiellement, le titre peut séduire une clientèle qui ne se retrouve pas dans les marronniers des newsmagazine et ne lit ni Marc Lévy ni Amélie Nothomb. Celui qui ne saisit pas les mises en abîme du cinéma de Douglas Sirk, ou n'a jamais vibré sur un album de Scott Walker aura plus de mal à adhérer. Mais il n'appréciait pas les Inrocks avant non plus.

J'aurais dû écrire cette chronique plus tôt. Ne serait-ce que pour anticiper les communiqués annonçant pour l'instant un succès de diffusion.

A suivre.

Enjoy!

 

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Et la pub ?? Il faut bien vivre mais là elle me semble bien plus présente que ds l'ancienne formule. Sinon globalement d'accord avec toi!!

  • Non je n'acheterai pas.
    Par principe, parce que je suis un vieux crétin parfaitement borné.
    A cause du nouveau boss, MP, dont Libé avait fait un portrait consternant, du temps où il était "banquier d'affaire", autrement dit un valais dont le boulot grassement rémunéré consiste à faire cracher de la plus value en détruisant des vies (aka "optimiser les ressources humaines") et qui la ramenanit avec The Clash...

    Sauf que, face B du single "London Calling" :

    No man born with a living soul
    Can be working for the clampdown

    Ecco...

  • Non je n'acheterai pas.
    Par principe, parce que je suis un vieux crétin parfaitement borné.
    A cause du nouveau boss, MP, dont Libé avait fait un portrait consternant, du temps où il était "banquier d'affaire", autrement dit un valais dont le boulot grassement rémunéré consiste à faire cracher de la plus value en détruisant des vies (aka "optimiser les ressources humaines") et qui la ramenait avec The Clash "qui lui avait tout appris"...

    Sauf que, face B du single "London Calling" :

    No man born with a living soul
    Can be working for the clampdown

    Ecco...

  • @alxh: attention à l'effet relancement. Les agences média adorent. Il faut voir dans la durée si c'était juste un effet d'aubaine, ou un vrai choix stratégique. On verra les perfs dans les études d'audience.
    @Olivier L.: Bien vu! MP et The Clash c'est un beau coup de storytelling bien construit depuis plusieurs années. La banquier punk!^^ T cites Clampdown, on pourrait ausi citer Koka Kola...

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