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Quelques jours au Japon

Le Japon est une passion. Au final, j'ai du y mettre les pieds plus d'une quinzaine de fois. Souvent à titre professionnel, pour des instants trop courts, avec toujours cette sensation d'avoir vécu des moments exceptionnels, d'en avoir profité au maximum, et cette légère frustration de n'avoir percé qu'une toute petite partie du mystère. Je ne parle ni ne lis le japonais. Donc, nécessairement, des pans entiers de culture japonaise m'échapperont. Toujours. Il faut faire avec, et c'est ce qui donne à chaque voyage, chaque exploration, son sel et son goût si particulier.

2016, voyage express de 4 jours, le temps de se prendre un gros décalage horaire, de parcourir Tokyo au pas de charge pour ne rien rater, pour revenir sur les lieux préférés, pour humer l'air glacé du métro, pour monter en haut de la Mori Tower, de Tokyo Tower, de trainer à Asakusa, de traverser Takeshita street, de s'allonger dans l'herbe de Ueno Park, d'être fasciné par les mariages shinto de Meiji-jingu. Et de tenter de boire un verre au Park Hyatt sur les traces de Bill Murray et Scarlett Johansson. Habiter dans une petite maison, au sol de tatami, dormir sur un futon. L'anecdote qui tue : prendre l'apéro dans un pub dont le videur 100% japonais portait un t-shirt Jacquie et Michel, lui demander "Merci qui?", exploser mutuellement de rire...

2017, l'ère de la sophistication, plus près d'un centre névralgique de la ville, Shibuya. Connu surtout pour ce fameux passage piéton auquel pourrait s'appliquer la métaphore du tsunami humain à chaque traversée. C'est le Time Square local, bourré de touristes, qui viennent autant trainer dans les shopping malls que faire une caresse à la statut en bronze du brave chien Hachiko. Shibuya, ce sont des bars, des restaus, mais aussi dès qu'on s'éloigne un peu de la foule, des rues calmes aux maisons cossues, avec cette perfection japonaise, ces lignes épurées de béton, de marbre brillant ou de métal. Avec surgissant de nulle part, un arbre taillé, à l'imperfection travaillée minutieusement. Shibuya, ce sont des disquaires, explorés, fouillés, à la recherche de la pépite, du vinyle vintage sur lequel tomber en arrêt, tel le chien du même nom. Des pressages japonais des années 80 en état impeccable, des raretés. Tous les genres, même les plus improbables, de pop, rock, punk, post-punk, metal, hardcore, etc... Bref, le pur plaisir de passer plus de deux heures à passer en revue les bacs, à tenter de comprendre des classements parfois incongrus. Ce sont aussi des rayons de J-pop impénétrables. Shibuya, ce sont des bars où l'on écoute du rock, ou du jazz en dégustant un vieux rhum ou une bière. Le fan de Donald Fagen que je suis a aimé ce Nightfly, découvert par hasard au détour d'une ruelle, avec son DJ-barman et son atmosphère feutrée. 

Tokyo se parcourt aussi à vélo. C'est la nouveauté de l'année. La ballade avec un guide - trouvée sur Airbnb - avec groupe d'américain (Oh... My... God! A...ma...zing!, etc.), et la ballade avec juste un gps (merci le "portable wifi", ce petit boîtier permettant d'être connecté en permanence et se laisser guider par Google Maps). Un enchantement, la découverte des "backstreets" de la ville, de ces rues étroites, de ces quartiers paisibles, qui vous met dans la peau d'un personnage d'une BD de Jiro Taniguchi. Rien de spectaculaire sinon ce Japon calme, ces petits détails, cette successions de maisons basses et petites rues et tout à coup l'irruption d'un grand axe de circulation bordé de buildings à la verticalité minérale. Hormis Roppongi Hills, le parcours est relativement plat, et permet, même avec un fixie de ne pas avoir le sentiment de faire une étape de montagne du Tour de France. Parcourir Tokyo à vélo, c'est loger des canaux, c'est s'arrêter dans un petit restaurant choisi au hasard et y déguster un bol d'udon, accompagné d'une Sapporo glacée. C'est faire un arrêt dans le sanctuaire Gotoku-ji, point de départ de la vénération pour le maneki-neko, le chat porte-bonheur (et sa ou ses pattes levées). C'est juste laisser faire le hasard.

Tokyo, c'est le plaisir gustatif permanent: entrer dans un restau où personne ne parle anglais et où la carte n'est qu'en japonais. Aviser ce qui ressemble vaguement à une omelette sur une photo affichée au mur avec ce qui ressemble à un prix. Se faire comprendre de la patronne du bar. Se voir servir une omelette au riz, enrobée d'une sauce brunâtre. Déguster. Et mener une surréaliste conversation en franco-nippo-anglais avec les 4 clients hilares. Ressortir du lieu repu et content.

Tokyo, c'est aussi marcher des kilomètres de couloirs de métro. C'est tenter de sortir de la garde Shinjuku à l'heure de pointe. C'est essayer de boire un verre au Park Hyatt, toujours sur les traces de Bill Murray et Scarlett Johannson et se faire éconduire pour cause de non-respect du dress code... 

Tokyo, c'est l'art moderne, le design, et la beauté des jardins, comme celui du Nezu Museum.

La prochaine fois, il faudra sortir de Tokyo, et partir dans les campagnes, là où plus personne ne parle anglais, pour être vraiment "Lost in Translation".

A suivre.

Lien permanent Catégories : Choses vues 2 commentaires

Commentaires

  • 4 jours a Tokyo pour acheter des vinyles...Chapeau l'artiste !

  • La passion ;)

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