08/11/2007

Press is dead

L'état des lieux n'est pas brillant. Manque d'argent chronique. Dépendance forte des recettes publicitaires. Et incapacité chronique pour les entreprises de presse à se considérer comme des entreprises normales. Une entreprise de presse "à la française" doit être pauvre pour avoir le sentiment de conserver sa dignité et sa virginité. Au nom de l'indépendance. Indépendance. Le dogme absolu. Le sésame. Le mot magique. Qui ressuscite les morts, chasse les démons, guérit des écrouelles et donne un sentiment d'intouchabilité.

Indépendance. On en rêve tous. De médias arbitres du débat politique, garants du fonctionnement des institutions, frappant là où ça fait mal, dénonçant les abus de pouvoir. L'indépendance  un prix. Tout n'est qu'affaire d'argent, et que ça plaise ou non, de gestion rigoureuse. Avoir les moyens de son indépendance, c'est savoir se rendre désirable aux yeux des lecteurs, aux yeux des investisseurs, aux yeux des annonceurs.

Hélas, et le tableau que présente Rue89, à déguster icitte, est affligeant: faute d'être garante de retour sur investissement rapide, la presse ne représente aux yeux des investisseurs qu'un outil de lobbying au service de leur propre cause. Un porte-voix. Le cas des Echos est symptomatique de cette volonté de maîtriser l'information économique. Les entreprises de presse française, on l'a dit et répété appartiennent à des groupes industriels. Le conflit d'intérêt est toujours latent.

D'où l'intérêt des médias alternatifs. Décomplexés par rapport aux pouvoirs. Incisifs. L'internet n'est pas la solution idéale car il ne touche encore que la moitié de la population française. Mais c'est déjà ça!

Longue vie à Rue89, au post.fr, à De source sûre et à toutes les initiatives qui offriront des angles d'attaque, des opinions, des bouffées d'air pur! Chapeau aussi à Marianne et Charlie Hebdo pour leur engagement!

Commentaires

Et pas un mot sur @si ?
25 000 abonnés payants en vingt jours. Pour un site qui n'ouvrira que dans un mois et demi...

Écrit par : Yamana Yaghan | 09/11/2007

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Et pas un mot sur @si ?
Près de 25 000 abonnés payants en vingt jours. 600 000 euros levés sur la confiance : le site n'ouvrira que dans un mois et demi...

Écrit par : Yamana Yaghan | 09/11/2007

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Et pas un mot sur Facebook, qui vend son âme - et surtout celle de ses utilisateurs, dont les données perso sont épluchées, triées, distribuées - comme autant de cibles publicitaires ? Indépendance, loyauté, transparence : ces mots ont encore un sens, et doivent le garder, que ce soit en presse écrite ou sur le net...

Écrit par : Yaman Yaghan | 09/11/2007

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C'est dans la rubrique "et toutes les autres initiatives"...

Écrit par : dubuc | 09/11/2007

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Facebook, c'était prévisible. Reste à choisir ce qu'on décidera de mettre sur son profil. Car je reste séduit par la chose.

Écrit par : dubuc | 09/11/2007

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Le groupe de presse Ouest France n'appartient pas à des groupes industriels que je sache. De plus, sans ces groupes, de nombreux journaux déficitaires mettraient la clé sous la porte et où partirait le pluralisme ? sur le net ?

Écrit par : Bubble35 | 09/11/2007

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Ouest France est une saine exception! Probablement plus pragmatique dans son approche de la gestion que la plupart des quotidiens nationaux?
Certes les groupes industriels sauvent les titres concernés d'une disparition certaine. Certes, une forme de pluralisme est préservé. Mmais quid de l'indépendance?

Écrit par : dubuc | 10/11/2007

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Un article intéressant publié sur Rue89, à propos d'indépendance:
http://www.rue89.com/2007/11/09/medias-les-petits-coups-de-ciseaux-de-bernard-arnault

Écrit par : dubuc | 10/11/2007

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Oui Ouest-France est un cas de gestion prudente bénéficiant d'un bassin de lecteurs ultra-fidèles. Ils me font penser, tant dans la philosophie que dans le mode de gestion prudent, à La Croix qui mine de rien fait aussi son bonhomme de chemin.

Écrit par : Laurent | 10/11/2007

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