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Hellfest 2022, le récit - Part 2

Le Hellfest 2022, comme les vaccins. Deuxième dose. 4 jours avec une grosse programmation. Récit purement subjectif.

Damned, murmurai-je en mon for intérieur. Nous sommes déjà jeudi. Et le Hellfest recommence pour 4 jours cette fois-ci. Avec du lourd, du très très lourd, l'affiche où il ne manque presque personne hormis Maiden et ACDC. Il est déjà tard, on manquera Phil Campbell et ses Bastard Sons. Arrivée sur zone, il fait clairement moins chaud que la semaine précédente. Température extérieure acceptable. Premier pichet de bière en direction de la Warzone pour Dragged Under. Du punk hardcore bien agressif, idéal pour se remettre les oreilles en condition. Suivent diverses pérégrinations, socialisations, discussions, dégustation de burgers patate.

Le temps file. Steve Vai monte sur scène précédé de sa réputation. Il a fait ses débuts avec Frank Zappa. Il est un maître de la guitare. En effet. Autant de guitares que de titres joués. Démonstration, virtuosité. Il a son public. Dont j'avoue ne pas faire partie. Désolé Steve. Décrochage vers la Valley pour découvrir un groupe suédois, Lowrider. Du stoner bien lourd, bien gras. Pas de démonstration technique, droit au but. Efficace. Et fort plaisant en attendant les poids lourds de la soirée. Helloween, beaucoup de monde sur scène, citrouille géante comprise et kit de batterie avec 4 grosses caisses… C'est lourd, finalement assez joyeux. Les gars ne sont pas de première jeunesse, le vent latéral envoie tous les ballons lancés par le groupe et ses roadies à gauche de la scène. Sympathique mise en bouche en attendant Scorpions. 

Scorpions, souvenirs de pochettes borderline, de slows ayant alimenté la moiteur des soirées du milieu des 80s. Scorpions, actifs depuis 1965… Klaus Meine, 74 ans, Rudolph Schenker, 74 ans… Mikkey Dee (59 ans) ex-Motörhead dernière mouture, apporte un peu de jeunesse en matraquant consciencieusement ses futs (cliché rock classique). Show net et sans bavure. Meine se déplace relativement doucement sur scène et ne pousse pas trop sa voix. Winds of Change est expédié, avec soutien à l'Ukraine. Le groupe déroule. Break, solo de batterie, le temps que les vétérans rechargent leurs batteries. Et arrive l'instant "sortez vos smartphones", Still Loving You!!!! Et Meine donne de la voix. Et on a beau connaitre par cœur le titre, reviennent en mémoire les moments humides auxquels il est irrémédiablement associé. Still Living Yououououououououou!! Je verse ma larme. Phil Campbell se pointe pour Rock You Like A Hurricane. C'est puissant. On peut bramer en chœur!!! Fin du set. Adieux. Campbell et Dee lancent l'hommage au parrain des lieux, Lemmy. Dont les cendres, telles des morceaux de la Vraie Croix, vont être placée dans une niche au pied de la nouvelle statue du Maître, érigée en surplomb de la Warzone. On écoute Ace Of Spade en visionnant des photos de Lemmy Kilmister. Lemmy, sa vie, son oeuvre. We're Motorhead and we play rock'n'roll. 

Retour à la casa après quelques kilomètres de marche à pied.

Un festival sous la pluie a son charme. Ça a commencé à Woodstock. Le public a chanté No Rain, no Rain !!! Ça n'a pas eu grand impact mais ça a marqué les esprits. Après la canicule de la semaine précédente, le festival se rappelle soudain ses origines bretonnes. La météo devient bretonne. Après avoir écouté les excellents Pogo Car Crash Control d'une oreille un peu distraite, en sirotant un verre d'IPA, on se positionne pour découvrir Opium du Peuple, un groupe dont la promesse est la rencontre de la variété et du metal. On demande à voir. Et on voit !!! Les Corons, le Tourbillon, Fais-moi mal Johnny, La Mauvaise Réputation, Le Lion est mort ce soir passent à la moulinette. C'est réjouissant. Final sur une version revisitée de Rockollection qui cite notamment Metallica et Slayer. Que du bonheur. C'est délicieusement trash, délicieusement décontracté. Joyeux. Idéal pour compenser une météo morose.

Petit passage par l'Altar pour se faire démonter l'audition par Benighted, défini comme groupe de brutal death metal. En effet, y'a pas de surpromesse. C'est brutal. Translation devant Dragonforce, power metal extrême. Pas de surpromesse non plus. Bière et pluie. Pluie et bière. Kreator nous réjouit avec sa déco scénique d'un goût parfait. Des pendus drapés de rouge sont accrochés ça et là. L'optimisme et la joie de vivre nous gagnent. Il est temps, de dérives en dérives, de se positionner devant la scène de la Warzone pour le set des Sheriff. J'aime bien ce groupe de Montpellier (avec l'accent), que j'ai vu pour la première fois ici-même il y a 3 ans. Du punk rock efficace. Qui ne déçoit pas. Même sous une pluie battante. Même avec le K-way ruisselant. Et que dire de l'ironie d'être devant un groupe qui chante Sous un soleil de plomb quand tu es en train de te faire rincer comme jamais !!!! Fin du set, le temps d'aller faire un tour côté Mainstage pour voir les derniers titres d'Alice Cooper. Je suis fan du Sieur Vincent Furnier, je l'ai vu il y a quelques années, son show est rodé et sans bavure. J'ai loupé I'm Eighteen, je me contenterai de School's out, avec un petit extrait d'Another Brick in the Wall (part II). Le temps aussi de jeter un coup d'œil à Nita Strauss, guitariste du Coop. La journée se termine avec un bout de Nine Inch Nails. N'étant pas fan hardcore de Trent Reznor, et ayant la flemme d'attendre le rappel pour entendre Hurt (dont je préfère la version de Johnny Cash, cela dit en passant), tant pis pour Bad Religion. Retour casa, histoire de s'essorer et de tenter de retrouver une figure humaine pour les deux jours à venir.

Sommeil.

Sommeil.

Grasse mat'.

6ème jour, 3ème du second Hellfest. L'équipe arrive tôt sur zone. 13h30, car Stereotypical Working Class, des lyonnais, jouent à 13h45. Gros set de punk mélodique. Propre. Sans bavure et idéal pour démarrer une journée à la météo une fois de plus incertaine. Même si le pire a été vécu la veille. Le terrain est gras, comme on dit en hippisme. La pelouse est un souvenir ancien. On patauge joyeusement par endroits. Mais l'humeur est au beau fixe. Mode warrior activé. Il faut tenir. Une fois le x-ième burger boeuf-pomme de terre ingéré. Une fois le second pichet vidé dans la joie en la bonne humeur, rien de tel que Xibalba pour faciliter la digestion et éviter dans l'hébétude postprandiale. Californiens impitoyables, hardcore brutal. Que du bonheur.

Quelques temps plus tard, côté Valley, moment de répit avec les Toulousains de Slift et leur stoner psyché. Longues plages torturées, images hypnotiques en fond de scène. Un petit détour pour éviter l'ennuyeux Myles Kennedy sans Slash et une tentative d'accès à la Warzone pour The Rumjacks et leur punk celtique. Apparemment, nous ne sommes pas seuls à avoir eu cette idée. Ça ne circule plus. Ça bouchonne dans les allées. Repli stratégique vers le bar, faute de mieux. Entre temps, les bataves d'Epica envoient leur metal symphonique. Soit. C'est épique.

Avec Airbourne, on reviendra aux fondamentaux. Les meilleurs copycats d'ACDC sont en grande forme. Joel O'Keeffe paye de sa personne. On se dit qu'il pourrait aisément remplacer Brian Johnson au sein du groupe kangourou précédemment cité. Il se fracasse une canette de bière sur le crâne, envoie des gobelets pleins de bière dans le public avec dextérité, boit un coup de rhum-coca en hommage à Lemmy. Gros son, gros set. On finit en sueur. Le soleil est là. Nightwish enchaine. Floor Jansen joue les Walkyries. Ça envoie, c'est agréable. C'est symphonique, ça balance parfois du côté d'Abba version metal, parfois côté celtique. C'est un peu long, mais c'est un jugement personnel qui n'engage que moi et ma noire conscience. Laquelle m'enjoins d'aller faire un tour du côté du set de Myrkur. Myrkur vient du black metal. Elle est dans sa phase folk. Un folk scandinave avec sylphides, ambiance Vikings, psalmodies et tambourins traditionnels. C'est chamanique à souhait ! Skol !

Moment calme avant le point d'orgue de la soirée… Guns N’Roses. 

Moment très attendu. Le public est dense. Axl, Slash, Duff apparaissent. Et c'est parti pour 2h30 de show. Axl a semble-t-il un peu minci depuis que je l'ai vu au Stade de France. Il bouge plus. Slash est impérial, la guitare toujours parfois un peu bavarde. Duff est Duff. Surtout quand il balance son I Wanna Be Your Dog. L'occasion de brailler en chœur. Un petit détour par ACDC avec Back in Black. Tous les tubes y passent. Ambiance compile, best of. Public chéri, tu en auras pour ton argent. On donne tout. Bon, on va pas s'mentir, Axl n'a plus la voix d'antan. On le sent notamment dans November Rain. Un peu massacré. Sauvé par Slash qui envoie ses solos de la mort qui te collent au mur, même si sans surprises. Sweet Child O Mine pour finir. Cahier des charges rempli. Les Guns étaient au rendez-vous. Par pure nostalgie imbécile, je regarderai un de ces jours à nouveau le concert de 1992 à l'Hippodrome de Vincennes. Comme ça. Juste pour le plaisir.

Mais pas le temps de mollir, rendez-vous sur la Warzone pour le dernier set de la soirée. Du brutal. The Exploited. Le bon vieux temps de crêtes, comme le chantaient les Ludwig von 88. Wattie attaque direct, crête rouge dressée. Deux tueurs à ses côtés. Le batteur matraque. Wattie est en grande forme. Ambiance hardcore. Dernier rappel avec, estimation au doigt mouillé, peut-être 100 personnes (?) sur scène. Ça pogote, ça slamme. C'est le bordel le plus total. Wattie a la banane. Mission accomplie. Il est un peu plus de 2h00 du mat.

Retour casa. Douche, dodo.

Dimanche matin. Jour 7. Courbatures un peu partout. Météo favorable. Petit déj pantagruélique. C'est le jour des finishers. 

On ne se précipite pas, on prend son temps. Faut se préserver si on veut durer (Bashung, Rebel). Un peu de Tagada Jones en faisant le plein des pichets de bière. Et en chantant la la la la la la, où sont passés les camarades. Un petit tour devant Ugly Kid Joe. Sympa. Sans plus. Le temps de chanter le refrain de Cats in the Cradle. Le groupe nous gratifie d'un petit Ace Of Sade tout à fait sympathique. Un petit coup de Lionheart. Un petit coup de Destruction, du thrash allemand qui fait mal. Un peu de MGLA, post black metal polonais. Sombre et mélodique. Et pour finir, après quelques moments posé tranquillement pour se préparer au climax de la soirée, je tente Napalm Death. Légende s'il en est. J'ai tenu 1/4 d'heure. Du death sans compromis. On ne les sent pas prêts pour la power ballad qui détend. Abrasif. Violent. Respect. 

Sabaton se met en place, tentative de rapprochement de la Mainstage pour faire d'une pierre deux coups : être en place pour Metallica. La foule est dense, très dense, de plus en plus dense. Sensation d'être sur la ligne 13 un jour de grève de la RATP. Sensation d'autant plus désagréable qu'il reste encore plus d'une heure du set martial de Sabaton. Repli stratégique. Le terme est totalement raccord avec la scénographie du groupe. Char d'assaut sur scène, sacs de sable. On est dans le viril et le martial. Le soleil se couche. 

Metallica débarque. 

Carcass aussi. Pour un set d'une heure. Et quand tu es positionné relativement loin de la Mainstage, tu bénéficies des riffs de Metallica, et dans l'oreille droite, de ceux de Carcass. Gloubi-boulga un peu indigeste. Qui occulte l'entrée en scène des cavaliers de l'Apocalypse sur fond d'Ennio Morricone. The Ecstasy of Gold, séquence mythique du Bon, la Brute et le Truand, projeté rituellement en ouverture de tout concert de Metallica qui se respecte. Le groupe déroule. Forme olympique. Enter Sandman n'attend pas le rappel. Les classiques s'enchaînent. Le moment Nothing Else Matters est le moment smartphone. Final sur Master Of Puppets. Sanglant. Feu d'artifice. 

Quelques instants de calme relatif. 

Re-feu d'artifice, au moment où l'organisation annonce les dates du Hellfest 2023. Sur fond d'Iron Maiden. Les cerveaux sont en ébullition. Maiden en 2023 ? Suspense !!!

Dernières fusées. Exfiltration. La foule est dense. 

Retour casa.

Le jour d'après : courbatures

Les jours d'après : quelques heures de sommeil à rattraper. Quelques vestiges d'acouphènes, malgré les bouchons d'oreille. Ecoute de belles pièces de Satie. Puis écoute en boucle de Myrkur. Le folk danois, c'est cool….

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