28/02/2008

Juno

937662385.jpgA priori le pitch était compliqué, risqué, franchement casse-gueule... Un film sur une ado enceinte... Oooops! Achtung Minen! Le genre de pitch qui donne, en Roumanie, un truc atroce sur la difficulté d'avorter sous Ceaucescu... Pas vu. Pas d'humeur. Un film américain sur le monde des ados... Soit ça défouraille à tout va, façon Elephant, déconstruction du récit en sus. Soit ça partouze sur le canapé, façon Larry Clark. Soit, dernière option, ça dégouline de guimauve régressive sur un pitch crétin, façon American Pie. Les ados sont dépressifs, perdus ou décérébrés. Gloups.
Restait l'option non explorée de l'ado solide, intelligente bien qu'hors du système, dotée d'un solide sens de l'humour et d'une maturité hors du commun, Juno. Juno, c'est d'abord une performance d'actrice. Ellen Page. Puissante, lumineuse, une présence, un applomb. Un vrai personnage, pas une pâle imitation de la vie. Un personnage adulte.
 
Une question au passage... Juno est-il un film pro-life? Juno fait le choix de garder cet enfant non désiré. Mais Juno envisage813587549.jpg des solutions, la solution radicale, d'abord, puis une solution alternative. Aller jusqu'au bout. Etre généreuse, ne pas le faire pour l'argent. Etonnant, inattendu. Portrait sociologique léger d'une Amérique où les enfants ne sont pas ceux que l'on croit, où le système génère des adultes immatures, des wonder women un peu frustrées (Jennifer Garner en future mère adoptive livrée aux âffres de la grossesse par procuration, du désir d'enfant inassouvi). Où la middle class se montre attentive au devenir de ses enfants, pragmatique. Vision idéalisée des rapports parents-enfants? Le père de Juno, J.K. Simmons, qu'on avait découvert dans Oz, dans le rôle d'un nazi raciste, est ici à contre-emploi, plein d'humanité et d'amour pour cette ado unique, différente dans une situation inattendue... Il gère. La belle-mère, femme de caractère, qui malgré l'incongruité de la situation prend les choses en main - la confrontation avec l'échographe est un régal... - assume l'incongruité, ne juge pas. Belle réflexion au passage sur ce que c'est qu'être mère...
 
Un film qui plaira à un public large, par la richesse de ses personnages.  Juno n'est pas un film militant. Il n'apporte pas de réponse simpliste à la problématique de l'adolescente enceinte. Pas un film pro-life, un film pro-choice. Une tranche de vie, forte. Choisir sa vie, choisir son destin, le faire en conscience, en connaissance de cause, avec un zeste d'idéalisme, de naïveté, de fraicheur. C'est la bonne surprise de Juno, aller au fond des choses, aborder toutes les dimensions de son sujet sans pathos, avec une certaine foi en l'être humain. Une divine surprise.
   
 

 

Enjoy! 
 
 

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02/06/2007

Rambo revient...

Rambo, First Blood en VO... Le premier, le meilleur de la série. Le pitch: un réel problème de société, la réinsertion des vétérans du Vietnam dans la société civile... Ou comment John Rambo, machine à tuer surentraînée, a du mal à envisager sereinement une carrière de vendeur de Quarter Pounder with Cheese au MacDo du coin de la rue. Du fait du plein emploi et de sa coupe de cheveux, le sheriff local, un redneck borné le pousse à bout. Problème qui devrait par ailleurs se réitérer avec les vétérans d'Irak dans les années à venir. Quelques scènes croquignolettes, comme celle où John Rambo rafistole une plaie béante avec une aiguille et du fil de pêche, à vif... Yummy!

Rambo 2... grosse daube anticommuniste. Le pitch: le retour de la vengance. Rambo revient au Vietnam pour sauver les MIA des griffes des meuchants niaks cocos. Séances de tir à l'arc mignonnettes, égorgements au couteau de chasse. Grosse compétition à l'époque avec Chuck Norris sur un thème similaire... Guerre des studios sur un créneau porteur sur fond d'exorcisme du 'Nam... Et volonté inconsciente de faire oublier la désagréable impression laissée par Apocalypse Now et Voyage au bout de l'Enfer...

Rambo 3... über-bouse anti-communiste. Le pitch: Rambo n'est pas content du tout. Il y a de meuchants cocos russes qui se tiennent très mal en Afghanistan (who have an unappropriate behavior in Afghanistan, en version politically correct). Il faut aider les rebelles pour détruire l'Empire du Mal, Darth Vador et l'Etoile Noire... C'est la version américaine du devoir d'ingérence cher à Bernard Kouchner... Il y avait sûrement déjà à l'époque des Talibans sur place... Des barbus avec des turbans... qui grâce à la formation dispensée par ce pédagogue-né de John Rambo, donnent du fil à retordre aux troupes américaines quelques années plus tard... Comme quoi, faites des cadeaux et donnez des coups de main...

On pouvait craindre le pire l'an passé avec la réapparition de Rocky Balboa... Le film a finalement tenu ses promesses, enfin, disons plutôt, tenu la route, car qui en 2006 en attendait encore quelque chose... On osait toutefois pas croire que Rambo pouvait faire une réapparition... Et pourtant... La preuve par l'image, dénichée sur Youtube:

Le pitch (source Allociné): John Rambo est engagé par une ONG pour les protéger des pirates Birmans durant une mission humanitaire destine à aider le peuple Karen... Selon un site de fan, découvert au hasard d'une recherche Google, Sly aurait même "souhaité que le héros revête une attitude plus chrétienne"... Il est vrai qu'il a rarement tendu la joue gauche... sauf pieds et points liés... Et avec des dommages collatéraux assez conséquents, pour manier la périphrase...

Une question me taraude... Stallone revisite ses personnages fétiches... Un homme se penche sur son passé. Je sens que les Cahiers du Cinéma et les Inrocks vont adorer cette mise en abyme. Mais à force de remonter le temps, rien ne nous garantit que Sly n'aura pas la tentation de tourner l'Etalon Italien 2... Sponsorisé par Cialis ou Viagra?

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29/04/2007

Mots d'enfants...

Séance de cinéma scolaire pour ma 3ème fille (7 ans). Au programme, Le Corsaire Rouge de Robert Siodmak, classique de l'âge d'or d'Hollywood. Elle en revient enchantée. "C'était gé-nial!" dit-elle. "C'était un vieux film?" sondé-je. "Meuh non, c'était en couleurs!" répond-elle avec naturel...

Cool, non? 

12:14 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : siodmak, le corsaire rouge, cinéma, hollywood | | |  Facebook | |

05/04/2007

Avant-première

Pierre Vallet organise une avant-première le 12 avril prochain à l'Entrepot (Paris 14ème) à 20h00. Le film qu'il vous propose:  "L'Ami de la Famille" de Paolo Sorrentino.

Amateurs de cinéma, c'est une occasion de découvrir avant tout le monde ce film, dont le réalisateur nous est annoncé comme le croisement entre Jarmusch et Fellini!!! Paolo Sorrentino sera présent le soir de la projection! L'occasion rêvée d'une rencontre et d'un échange direct entre un réalisateur et son public!

Pour info, le film ne sort en salles que le 2 mai! Alors profitez-en tout de suite! Inscrivez-vous sur le site, ici

Quelques images, en prime avec la bande-annonce:

 
 
 

09/03/2007

David Lynch chez Cartier

medium_lynch_cartier.jpgLynch s'expose à la Fondation Cartier. Etonnant. "The Air is on Fire". Un univers de cauchemars, un certain humour noir, des choses absconses, des choses sombres, des sons, des images, des sculptures, des toiles... Un univers riche, une manifestation surprenante. Pas d'optimisme. Un univers très personnel de chair et de sang, de situations absurdes. De grandes toiles, variations de gris et noirs. Des photographies, bonhommes de neiges, nus, photos érotiques retouchées à l'aide de Photoshop, corps mutilés, décapités, floutés... Des accumulations d'oeuvres et oeuvrettes du maître, dessins sur des post-it, des serviettes de restaurant, en papier, des blocs notes d'hôtels. Graffitis, grifonnages, dessins automatiques. Je ne suis pas un inconditionnel de Lynch, je n'ai pas vu tous ses films, et le peu que j'ai vu m'a laissé perplexe. J'ai donc abordé cette visite avec curiosité. La curiosité du béotien. Comme souvent, lorsqu'on est confronté aux travaux de plasticiens contemporains, on est partagé entre l'adhésion totale - et certaines oeuvres sont très fortes et dégagent une forme d'émotion - on hurlerait presque au génie; et le rejet face à la facilité avec laquelle la note des courses sur laquelle l'artiste à tenté de réveiller ses stylos-bille asséchés est offerte au public comme ébauche ou partie prenante incontournable de la démarche artistique... Bref, on marche à pas comptés sur le fil du rasoir, génie absolu ou escroquerie intellectuelle? Il y a des deux. C'est peut-être pour cela que je recommande cette exposition. Plongée dans la folie (?) d'un homme.
 
 Enjoy! 

Sans transition, ni lien avec l'expo, un spot publicitaire mis en scène par Lynch, déniché sur Youtube... Flippant!!!