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Requiem pour CD évaporés

L'iPod a changé ma vie. Il y a déjà plus d'une dizaine d'années. Finies les valises de K7. Finis les pochettes bourrées à blocs de CD, extraits de leurs boîtes, le temps d'un voyage ou des vacances. L'iPod, puis l'iPhone, l'iPad, l'ordi ont permis de se balader partout avec du son. Avec une collection complète. Sacré Steve, je te dois une fière chandelle! J'en ai passé des nuits à numériser ma collection de CD. Des heures à ripper. A classer. A laisser Gracenote rechercher les références. Puis j'ai acheté moins de CD. j'ai téléchargé. Mea culpa. Mea maxima culpa. Désolé Lars, j'ai aimé Napster, puis Kaazaa, puis les torrents. J'ai rempli des disques durs. J'ai mis mes CD de côté. D'abord sur des étagères. Ils y ont pris la poussière. Puis un jour dans des cartons. Dans une cave.

Cinq années ont passé. 

Et l'envie m'a pris de me revisiter la collection. Pour y retrouver des sons oubliés, des notes de pochettes, des raretés un peu oubliées. Pour le plaisir tactile de manipuler l'objet. Et là, tout à coup, le drame... CD disparus. Evaporés. 

Il ne restait qu'un vague carton... Celui avec la musique classique. Le plus maigre. Avec un peu de jazz, un tout petit peu de rock. Mais l'essentiel, des années d'accumulation, d'achats d'impulsion, avec du bon, du moins bon, rien de totalement inavouable, mais souvent des galettes liées à un moment précis... Perdus. Volatilisés. 

Etrange sensation d'impuissance. Les souvenirs remontent. On fouille à la fois la mémoire et les tiroirs. mais l'essentiel est parti. J'ai longtemps adoré trainer dans les magasins de disques. Quelque soit l'endroit. A commencer par les longues errances dans les rayons de la Fnac, à l'heure du déjeuner. j'ai toujours aimé avoir une Fnac à proximité du bureau. L'occasion, avant YouTube, avant Spotify, avant le "tout disponible à tout moment", de découvrir des sons nouveaux, de mettre une musique sur un nom découvert dans Libé, les Inrocks ou Rock & Folk. Et il y a eu les voyages. Toujours aller chez le disquaire. Toujours essayer de trouver LE truc local, le truc du moment. Toujours curieux. 

New York, avril 1990, je débarque aux Etats-Unis pour la toute toute première fois... Dans la tête, la BO de Do The Right Thing. J'y ai découvert Public Enemy. Fight the power, get free. Premier achat, deux albums, It takes a Million to hold us back, Fear of a Black Planet. L'association est immédiate. des années plus tard, Public Enemy évoque NYC. 

J'ai été fan de Garth Brooks. J'ai tous les albums. Enfin, j'avais. je les commandais sur Amazon, directement des Etats-Unis. On ne les trouvais pas en France. 

J'avais trouvé à Francfort une compil de Spliff, fleuron de la Neue Deutsche Welle. dans sa boîte métallique du meilleur goût. 

J'avais trouvé à Tokyo un live de Blur. Magnifique. Evaporé. 

J'avais acheté par curiosité When I Look In Your Eyes, de Diana Krall. Qui se clôt par la sublime Why Should I Care? co-écrite avec Clint Eastwood. Je me rappelle de l'année, du moment. J'ai acheté tout les albums de Diana Krall par la suite.

Les albums d'Iggy, les albums de Clash. Gainsbourg, Bashung, le premier Air, la BO des Blues Brothers, celle des Ailes du Désir.

Je ne suis pas fétichiste de l'objet. Mais, cette dépossession brutale m'a collé un petit coup.

Je regardais un film. J'y entends un classique de Bing Crosby, I'm an old cowhand (from the Rio Grande)... Et je repense à la version de Harry Connick Jr. Dans un album de 1992, 25. Gros kif à l'époque.

Je me rappelle de ma redécouverte de Springsteen, dont j'avais décroché. Human Touch et Lucky Town. Pas les meilleurs. The Ghost Of Tom Joad, puis le retour du E-Street Band. The Rising, commandé dès sa sortie.

Neil Young. Harvest Moon.

Bowie. Stage.

Joe Jackson. Big World.

Nougaro. Nougayork.

Rita Mitsouko. Marc et Robert.

Violent Femmes. Hallowed Ground.

J'en oublie.

Aujourd'hui ma collection de mp3 est largement plus étendue que ce que je pouvais posséder en version physique. Certes. Mais c'est autre chose.

Bref, je n'ai plus que quelques dizaines de CD. En vrac. Avec des vides. Des pans béants.

Voila. Une pointe de nostalgie. 

Il me reste quand même mon Nightfly de Donald Fagen. Mon Nevermind de Nirvana. Des bribes. J'ai quand même, ô symbole, retrouvé le tout premier CD que j'ai jamais eu en ma possession. Strong Persuader de Robert Cray. C'est déjà ça...

That's all.

Les sons évoqués dans cette note sont ici: 

Lien permanent Catégories : Humeur, Musiques, Playlists 0 commentaire

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