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Hail Hail Chuck Berry!

Sacré vieux Chuck! Sacré vieux grigou pervers et radin! Je pensais même que tu étais déjà mort. Et puis non, de temps à autres tu te pointais sur les scènes locales avec, à ce qu'on m'a dit un groupe monté à l'arrache avec quelques sbires recrutés sur place, pour faire bouillir la marmite. Sacré Chuck. Tu as tout inventé. Le riff qui tue, l'écriture rock, l'attitude. Et tu as pondu tant de standards. Je me rappelle l'état dans lequel m'a mis la première écoute de Johnny B Goode, dans la BO d'American Graffiti. Cette intro!!! Que les p'tits gars de Téléphone ont pompé note pour note quelques années plus tard. Tu a filé tous les plans, posé les bases de l'édifice, premier inventeur, génie - ouais allons y carrément. Réputation de merde, atrabilaire, de mauvaise foi. Ca je l'ai lu. C'est ce qui se dit.

Chuck Berry, prince du rock. Le King a fini confit dans ses chiottes de Memphis. Toi, tu as trainé ta Gibson jusqu'à 90 piges. Mais tu n'avais pas fait le bravache, comme certains en disant qu'il était mieux de mourir avant d'être vieux. Aujourd'hui, il sont vieux... Leurs fans froncent le sourcil. L'air grave. 

Chuck Berry aurait-il mérité le Prix Nobel? Peut-être pas, le Pulitzer peut être. Tout comme Springsteen. Dans cet art de raconter des histoires en moins de 3 minutes. 

Des histoires de bagnoles :

As I was motivatin' over the hill I saw Maybellene in a Coupe DeVille

Cadillac rollin' on an open road but nothin' outrun my V8 Ford

Cadillac doin' about ninety-five bumper to bumper rollin' side to side

Oh Maybellene...

Des histoire de mecs qui s'appellent Johnny B. Goode qui jouent de la guitare :

Deep down in Louisiana close to New Orleans,

Way back up in the woods among the evergreens

There stood a log cabin made of earth and wood,

Where lived a country boy named Johnny B. Goode

Who never ever learned to read or write so well,

But he could play a guitar just like a ringing a bell.

Des histoires où l'on évoque des musiciens classiques

Well, early in the mornin' I'm a-givin' you a warnin'

Don't you step on my blue suede shoes

Hey diddle diddle, I am playin' my fiddle,

Ain't got nothin' to lose

Roll Over Beethoven and tell Tschaikowsky the news

Et des histoires d'ados en pleine montée de sève :

'Cause they'll be rockin' on Bandstand

In Philadelphia P.A.

Deep in the heart of Texas

And 'round the Frisco Bay

All over St. Louis

Way down in New Orleans

All the cats want to dance with

Sweet little sixteen

Un peu plus sophistiqué que les standards pourtant absolus du rock comme Tutti Frutti ou Louie Louie... 

Chuck Berry... et revient en mémoire cette scène hilarante de Retour vers le futur où un improbable Marvin Berry passe un coup de fil à son frère Chuck pour lui faire écouter le son de demain... en l'occurence Marty McFly en train de jouer Johnny B. Goode devant un public de lycéens hallucinés (petit coup de whitewashing inconscient au passage, mais n'en voulons pas à Zemeckis).

Chuck est mort. Il reste l'increvable Jerry Lee, le révérend Penniman aka Little Richard... 

Et Keith Richards va bien. C'est déjà ça.

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