Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Musiques - Page 182

  • Je me souviens du rock (30 ans d'addiction) - N°12

    benatar3.jpgPat Benatar... Objectivement, pourquoi exhumer Pat Benatar en 2009. Pourquoi exhumer une icône des années 80 dont tout le monde se contrefout, et dont les plus jeunes d'entre-nous, biberonés à Beyoncé ou Rihanna ignorent l'existence?

    Parce que, les p'tits gars, être une fille dans le rock n'a pas toujours été une évidence... Soit tu avais une voix d'enfer, mais un physique bof-bof, comme Janis Joplin... et tu te finissais seule dans ta loge avec tes bouteilles de Southern Comfort... Fin tragique à 27 ans garantie. En plus, aisselles pas nettes, maillot pas fait, poils au pattes et seins lourds qui tombent sous le t-shirt tie & dye... Cheveux pas nets et fleurs dans les cheveux... Soit tu étais black, dans un girls group, sous la houlette d'un Berry Gordy ou Phil Spector... Choucroutes laquées, oeil de biche, minirobes sixties... Harmonies vocales, statut iconique garanti... Ascenseur social... Au final, quarante années plus tard, Michelle Obama à la Maison Blanche, et Condy Rice, quelques années plus tôt. Autre configuration, les jambes, le cheveu lissé, la sensualité exhalée à chaque syllabe chantée, Tina Turner. River Deep, Mountain High... Et Ike qui vous dérouille en coulisses...

    Dans le rock, la fille est d'abord un objet décoratif... Le rocker est le marlou, le mauvais garçon, jean, baskets et cuir, qui va tenter de subvertir l'oie blanche tout juste sortie de son collège Ivy League ou du Couvent des Oiseaux... Quand il monte sur scène, il a au mieux quelques choristes sexy et décoratives qui font wop-doo-woop en se trémoussant...benatar.jpg

    Et puis un jour les filles se sont emparées du micro, ont accaparé la Fender... Renversement des rôles, le frontman met une jupe, un jean ultra-moulant, un cuir... Hyper-féminité... Et reprise en main... Pas toutes des Poison Ivy, résilles, corsets, cravaches et stilettos... Mais tenant d'une main ferme aux ongles parfaits les emblèmes phalliques, le micro, le manche de guitare... Menant la danse. Menant les foules. Alliant hyper-sensualité et postures dominatrices. Le mâle est vaincu. Il se rend. Magie du rock.

    Pat Benatar... Menue, frais minois, jambes gainées de cuir ou de latex sur talons aiguille... Bombe d'énergie sur scène sur fond de guitares saturées, elle balance, dans ses 3 premiers albums, un rock dur, agressif et mélodique... des messages bruts de décoffrage, Treat Me Right, You Better Run... Une voix puissante, de formation classique-lyrique.

    A la réécoute, ça tient encore la route... Un hard rock basique, mais là où les hardeux mâles brâmaient l'excitation sexuelle, les conquêtes improbables, les performances sexuelles... Qui se rappelle de Animal (Fuck Like A Beast) de WASP? Bref, effet miroir sur les kids... Des chevelus en futes hyper-moulants en lurex, exhalant la testostérone et s'adressant à un public de frustrés binoclards boutonneux... Des velus emballant les groupies et les jetant après usage comme de vieux kleenex... Arrive Pat Benatar... Les mecs s'affolent... Dans le hard rock, il y avait les moches de Girlschool, grandes copines de Lemmy et son gang de psychopathes de Motörhead... Prend un boudin, donne lui une guitare... Les boutonneux du public voient la girl-next-door sur scène, même physique que leur voisine de palier, le cuir et les ongles sales en plus... Affolement, montée d'adré, poussée d'hormones... Parce qu'avec Pat, si le rock n'était qu'efficace, la voix, le look, la silhouette... Raaah lovely!

    On la retrouve, ça et là sur le web, on apprend qu'elle tourne encore de temps en temps avec son guitariste de mari, Neil Giraldo. La chirurgie plastique est passée par là, la cinquantaine aussi...

    Restent les trois premiers albums de sa discographie, Crimes of Passion, Heartbreaker et Precious Time...

     

     

    Enjoy!

    technorati tags:
    del.icio.us tags:
    icerocket tags:
    keotag tags:
    Catégories : Musiques Lien permanent
  • Dans mon iPod ce weekend...

    Transvision Vamp... Un combo oublié... La sublime Wendy James au chant... et ce morceau inoubliable... Descritption vitriolée et lucide du showbiz... "Born to be sold"... Ecoutez les paroles...

     

    Enjoy!

    technorati tags:
    del.icio.us tags:
    icerocket tags:
    keotag tags:
    Catégories : Musiques, Playlists Lien permanent
  • Dans mon iPod ce weekend...

    A l'occasion de la sortie du premier opus des archives de Neil Young, un concert purement folk de 1968, "Sugar Moutain - Live at Canterbury House", où se succèdent morceaux devenus mythiques et ébauches de chansons à quelques mois ou années de leur enregistrement et sortie sur vinyle - un document à réserver aux monomaniaques du Loner...

    Icitte, un extrait d'émission télé américaine, où CSN & Y interprète "Down by the River"... Stills et Crosby sont minces... Young est jeune...

     

     

    Enjoy!

    technorati tags:
    del.icio.us tags:
    icerocket tags:
    keotag tags:
    Catégories : Musiques, Playlists Lien permanent
  • Je me souviens du rock (30 ans d'addiction) - N°11

    bon scott.jpgIl y a 29 ans, Bon Scott, ci-devant chanteur d'AC/DC et grand buveur devant l'éternel, rejoignait le territoire des chasses éternelles, le Panthéon des rockeurs morts. Dans la case "étouffé par son vomi", comme quelques années avant lui, l'immense Jimi Hendrix, gaucher flamboyant, grand camé devant l'éternel...

    Il y aurait un côté trivial à la mort de ces bêtes de scènes, prêtes à tout pour vivre la grande expérience de la vie rock'n'roll... Destruction de chambres d'hôtels, Rolls plongées dans les piscines, cohortes de groupies, saladiers de coke, murs d'amplis Marshall et potards sur 11. Tout ça pour ça. Vivre vite, pour mourir bêtement sur la siège d'une voiture par une nuit d'hiver. Trop bourré pour rentrer dévaster son hôtel. Tout ça pour ça. Etouffé dans son vomi. Moche, puant, sordide. La face sombre de la légende du rock.

    Le paradoxe du rock, soulever les foules, porter 1000, 10 000, 50 000 fans au bord de l'orgasme collectif, et se démolir en coulisses... La musique du diable est terriblement sélective, injuste. Live fast and die young, better burnout than fade away, hope I die before I get old... Les lyrics abondent en fanfaronades... Pour un Iggy Pop ou un Keith Richards, combien de Bon Scott, de Janis, de Jimi, de Tim, de John "Bonzo"...

    Pour en revenir à AC/DC, qui connait un retour de flamme hallucinant depuis la sortie de leur dernier opus, lequel reprend la même formule, classique: rythmique de plomb, hurlements, 3-4 accords, et débauche d'énergie testostéronée... tellement classique qu'elle en devient intemporelle... Une question... Pour le fan inconditionnel, le groupe d'origine c'est celui de Bon Scott, soit une carrière de 5 années... Tout comme les vrais Stones, ceux de Brian Jones, soit 6 ans... Comme Pink Floyd, le Floyd de Syd Barrett... 2 ans... Force est de constater que les combos en question ont survécu, ont vécu et bien vécu... Question fondamentale: qu'est-ce qui fait un groupe? Le répertoire? Les interprètes? Quel pourcentage du line-up d'origine doit composer un groupe pour qu'il soit perçu comme authentique? C'est l'alchimie du groupe. Le groupe devient concept par l'osmose de ses membres. Que l'une des composantes disparaissent... Que serait AC/DC sans le son de guitare, le toucher d'Angus? Que seraient les Stones sans le duo Jagger/Richards? Le public ne s'y est jamais trompé, accordant un accueil anecdotique aux albums solo des deux comparses...  Vous m'objecterez... "Oui, mais Phil Collins"... Phil qui? Le Genesis de Peter Gabriel et la machine à tubes des eighties n'ont pas grand chose à voir... Quant à la carrière solo de Phil Collins... Il est des mystères qu'il ne faut point chercher à percer...acdc.jpg

    Il n'y a pas de belle mort. Celles de George Harrison ou de Rick Wright, cancer... Une maladie de "Monsieur Tout-le-monde" qui fait tomber les barrières... Les dieux de la scène sont mortels, ils meurent en fin de chimio ou sans avoir même eu le loisir de l'entamer... Celle de Joe Strummer, arrêt cardiaque, naturelle. Pure, presque austère à l'image du personnage. Celle de John Entwistle, arrêt cardiaque, moins naturelle... Les substances, le côté vieux gamin pervers qui malgré l'âge continue de s'adonner aux addictions de sa folle jeunesse... Les morts qui ont de la gueule, l'assassinat de Lennon... Plus célèbre que le Christ. Revolvérisé, non crucifié. Les morts obscures, celle d'Elvis, dont on murmure qu'elle eût lieu dans ses toilettes... Manque de dignité d'un King bouffi qui avait déjà perdu son lustre... L'étouffement dans le vomi... Pas joli-joli... Et finalement, tellement rock'n'roll... Il vécut sur le fil du rasoir, il tira sur la corde... Le vomi comme clé d'accès à la postérité...

    Enjoy!


    technorati tags:
    del.icio.us tags:
    icerocket tags:
    keotag tags:
    Catégories : Musiques Lien permanent