11/11/2012

J'ai rencontré The Bewitched Hands

bewitched hands, vampiri waysJ'ai adoré le premier album des Bewitched Hands. Ca c'est dit. De la pop pêchue, euphorisante, bref tout ce qu'il faut pour plaire. Chantée en anglais. Un album dont on attendait presque avec angoisse le successeur. Le groupe aurait-il tout donné dans sa première production et surpris du résultat se retrouverait condamné à tenter de réitérer l'exploit sans jamais réellement y parvenir? Ca s'est vu. J'ai reçu le deuxième, Vampiric Ways. Je l'ai mis dans le lecteur de CD, avec un petit pincement, une petite appréhension. Et j'ai été emballé, embarqué. Un album énergique et mélodique à la fois. 

J'ai rencontré le groupe, dans un bistrot du 9ème arrondissement. On a bu des bières. On a causé. De pop, de Reims, d'influences, de business, de téléchargement, de composition, du quotidien d'un groupe pop qui cartonne. J'y allais confiant, ils étaient plus nombreux que moi. Pas de provocation, ne pas dire le truc qui fâche. On ne sait jamais... Alors j'attaque directement en citant Arcade Fire... Bah, oui, les groupes qui alignent une tribu sur scène, occupant tout l'espace disponible... Les Bewitched à leurs débuts ont été jusqu'à 12, 12 potes se connaissant depuis le lycée, mus par l'envie de faire de la musique ensemble. Les années ont passé. les contraintes des tournées aussi. Ils ne sont plus que 6, dont une fille, Marianne. Un vrai collectif de gens qui se connaissaient bien avant de faire de la musique ensemble. Une vraie bande de passionnés qui ont démarré sur un label plutôt spécialisé dans les DJ et l'électro, Savoir Faire. Un DJ se déplace avec une valise. Un groupe pop de 6 membres, c'est tout de suite une économie différente. "On ne gagne pas d'argent en étant aussi nombreux" en rigolent ils, tout en avouant le plaisir de pouvoir faire ce qu'ils aiment. Le groupe est taillé pour la scène, il a déjà tourné 6 fois aux Etats-Unis, dans le cadre de festivals, dont le prestigieux SXSW d'Austin. A propos de concerts aux US, dans des salles de 300 personnes, le groupe se marre en rappelant l'une des premières questions qui leur avait été posée sur place: "En quelle langue chantez-vous?"... Car The Bewitched Hands, nourris de Pixies, de Nirvana, de Pavement, de sons anglo-saxons ont pris le parti de chanter en anglais. Pas d'album en français au programme. Est-ce un mal d'ailleurs? Vampiric Ways, dans les bacs depuis le 24 septembre est un superbe album pop.

bewitched handsAyant vécu à Reims il y a des années, je n'en avait pas gardé l'image d'une ville ausi marquée musicalement que Rennes, Rouen ou Bordeaux. Les choses ont changé depuis 4-5 ans, avec l'émergence d'une scène locale qui explose au niveau national, The Shoes, Yuksek, Brodinsky... et les Bewitched Hands. Le groupe a connu son premier succès public en étant repéré par Jean-Louis Brossard et propulsés sur une des scènes des Transmusicales de Rennes. Début d'un engouement. Qui mène le groupe au niveau où il en est actuellement. Deux années de tournées. Un break, le temps de travailler sur ce nouvel album, enregistré et mixé en 3 mois. Les Bewitched sont passés de l'auto-production à une approche plus structurée, apport de Julien Delfaud, producteur entre autres de Herman Düne. Les Bewitched lui savent gré de leur avoir apporté une méthode de travail. Au final, 30 démos, 16 morceaux enregistrés, 12 retenus pour l'album. Un mixage confié à Craig Silvey, connu pour avoir travaillé avec Portishead, The Horrors (et Arcade Fire...).

La principale évolution du goupe depuis sa signature avec une major est son approche globale. Initialement, les membres de The Bewitched Hands ne souhaitaient faire que de la musique. Sur Vampiric Ways, ils ont conçu la pochette, réalisé un premier clip (Thank You, Goodbye, it's Over) et travaille sur deux autres vidéos... Sans oublier le travail scénographique réalisé pour le concert de Reims en septembre dernier. Le groupe s'est produit devant la cathédrale de la ville avec une chorale, dans le cadre des 10 ans du festival Elektricity.

Deuxième tournée de bières. On parle influences, concerts, premières parties, on passe de Led Zeppelin à Michel Berger, on évoque même un concert de Larusso... On cite Can, Gong, le prog rock. On parle de John Maus, Ariel Pink, Stephen Malkmus, Deerhunter, Pendentif... de ce que les Bewitched écoutent. On parle de la démocratie dans les groupes pop, de la place des filles. On passe un bon moment, avec Baptiste, Anthonin, Marianne, Benjamin, Nicolas et Sébastien... Et la promo continue. Le groupe est attendu ailleurs.

J'ai rencontré The Bewitched Hands, et c'était bien. Reste à les voir sur scène!

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07/05/2012

Bloc-note express N°197

Il était temps que ça se termine pour que nous puissions enfin revenir à l'essentiel: les trucs de g33k, les chatons, les cupcakes, le bullshit bingo spécial "social media experts". Il était temps. Certes il y aura des traumatisés, qui s'en prendront aux médias. Un peu comme Giscard qui avait laissé entendre qu'il avait été vaincu par les forces de la dérision.

Malgré tous les insupportables jeunes punks à mèche et pull sur les épaules réunis à La Mutualité hier soir, il faut reconnaître que le discours d'adieu de Nicolas Sarkoy était plein d'une dignité, d'une maturité qui m'a surpris. Tellement en décalage avec l'image du matamore qu'il a pu véhiculer pendant cinq années. Belle sortie. Belle com. Belle authenticité, ou belle mise en scène de l'authenticité.

Pour le reste...

Pour le reste, il était temps que cela se termine...

A part ça, life goes on and on and on... Et une vidéo vintage en cadeau...

Enjoy!

24/03/2012

Réécouter Jean Ferrat, la femme est l'avenir de l'homme

Plonger dans son iPod et réécouter quelques trésors cachés... Comme cette chanson de Jean Ferrat... à l'heure où la parité est toujours en question, où le voile, où l'IVG "de confort" (ou pas), ou plein de signes entre conservatisme, politique religieux, machin. Entre chiennes de gardes, féministes radicales, lanceurs de fatwas ou d'oukases de toutes obédiences, bref dans le grand bazar des idéologies plus ou moins raides... Un peu d'espoir, Ferrat.

 

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02/03/2012

Clap de fin et pop culture française

Les Charlots, histrions des années Giscard, c'est un petit pan marrant de la pop culture française. Un peu ce que Weird Al Yankovic est aux Etats-Unis, quelque chose de rigolo et inoffensif, mais sympathique. Dans les Charlots, il y avait Gérard Rinaldi. Il y eut aussi Luis Rego, plus délirant. Voila quoi.


Clip Video - LES CHARLOTS - Merci Patron par guenael76

11:26 Publié dans Actualité, Musique, Politik | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : les charlots, gérard rinaldi, rip | |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it!

20/04/2011

All that I love: punk, Pologne et Solidarnosc

all that I love, jacek borcuk, punk, solidarnoscUn film polonais étonnant, "All that I love" de Jacek Borcuch. 1981, montée en puissance du syndicat libre Solidanosc à Gdansk, pui dans toute la Pologne. Un contre-pouvoir se met en place, clivant la société. Les jeunes choisissent le punk rock pour exprimer leur rage contre un  système bloqué. 13 décembre 1981, le Général Jaruzelski prend le pouvoir, donnant des gages à Moscou. Raidissement du régime. Suspiscion. 

Un film plus léger que La Vie des Autres, vu du point de vue d'une jeunesse ayant trouvé dans le No Future des punks un cri de ralliement. Avec les moyens du bord. Non sans efficacité. Un film sur l'adolescence derrière le Rideau de Fer, sur les émois amoureux, un film politique, pas un film punk. Le punk n'est que le symbole de l'expression de la jeunesse contre l'absence de liberté. Un film à voir parce qu'il nous replonge avec une certaine tendresse mêlée à de la gravité dans une époque oublié, un monde simple partagé entre Est et Ouest. 

"All that I love", un film qui sur la même thématique que les films de Wajda (L'Homme de Fer, L'Homme de Marbre) avec 30 ans de recul. Un regard un peu plus distancié, moins d'urgence. Un teen movie à propos d'une période révolue. Une époque où l'on croyait encore que la musique pouvait changer le monde. 

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08:04 Publié dans Actualité, Choses vues, Politik | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : all that i love, jacek borcuch, solidarnosc, pologne, punk | |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it!

14/04/2011

Guéant, Inrocks et blagues de potache

A découvrir dans le numéro de cette semaine des Inrocks... une carte à envoyer à l'Elysée... Blague de potache, un peu; humour noir, un peu aussi... Cliquez sur l'image pour découvrir le verso de la carte...

claude guéant, les inrocks

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10/09/2010

Sarko, le Président qui rétrécit (The Economist)

Les anglais ont la dent dure quand il s'agit de tacler l'ennemi héréditaire. The Economist excelle dans l'art de la banderille impitoyable. La une de cette semaine est assassine.

L'article est à lire ici: Shrinking_Sarko_Economist.pdf

 

Photo294.jpg

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20/03/2010

Sic Transit Gloria MoDemi (Vie et mort du MoDem)

Veille d'élections. Demain, deuxième tour des régionales. J'accomplirai mon devoir citoyen. Avec les mêmes interrogations que l'ami Vinvin. Il n'y a pas de raison à ce que les irakiens bravent attentats et fusillades pour se rendre dans les bureaux de vote, et que nous, occidentaux ramollos, nous restions sous la couette. La perspective de se prendre une balle d'AK47 serait-elle le meilleur argument pour pousser l'électeur à exprimer son suffrage? Un projectile de 9mm mal placé, ça fait des dégats. Va comprendre. L'envie de coller une claque au pouvoir en place. Comme ça. Expression consumériste. Vote sanction. Un vote en creux. On vote contre. Mais pour qui? Des Verts talibans de l'écologie, source ineffable d'emmerdements au quotidien. Des Verts qui lavent les couches souillées de leurs nains, rendent la circulation automobile infernale pour pouvoir faire de la bicyclette en sens interdit à l'heure de pointe en plein coeur de Paris. Qui bouffent des graînes de chez Biocop. Pour qui? Un PS qui se cherche - se trouvera-t-il un jour? Entre les martinolâtre, les ségolénophiles, des DSKistes, les Fabusiens, les Hollandais et que sais-je encore... Pas bien excitant tout ça. Et pourtant on va y aller. Mettre l'enveloppe dans l'urne. Entendre le "A voté" libérateur. Récupérer les résultats avant 20h00 sur Twitter. Et s'en foutre.


IMGP2038.JPGIl y a eu l'aventure Modem. La découverte de Bayrou en 2007. La possibilité d'une alternative aux blocs de droite et de gauche. Mossieur Resse raconte bien l'histoire. Donc 2007, on y croit au baratin du père Bayrou, les racines paysannes et modestes, le tracteur. Quand Ségolène nous promet les lendemains qui chantent, la lune, la semaine des 4 jeudis et des 32 heures, le premier jour du grand soir du reste de ta vie et du chabichou pour tous. Et quand Nicolas te promets de travailler plus pour gagner plus. On l'aime bien le Bayrou. On soutient. On s'investit, on adhère même. Au tarif du marché du militant 2.0, soit 20€. Avec reçu fiscal. Carte reçue. On est un peu fiérot d'avoir adhéré à un parti pour la première fois parce que ça sent encore la peinture orange, le neuf.

 

Et puis on va à la première rencontre au siège de l'UDF. Et on sent un truc qui ne fonctionne pas. La querelle des anciens et des modernes. Les militants UDF-canal historique qui énoncent doctement qu'il faut ne point se hâter, qu'il faut des structures. Bref un truc qui ressemble à un parti politique. Les nouveaux militants, sympathisants de gôche, jamais encartés veulent passer à l'action. Tout de suite. On leur file un t-shirt orange. Deux cacahouettes et un verre de kir. Et hop. L'affaire est faite. Tchao bye! En attendant Seignosse, l'Université d'été. Il y a eu des élections, où l'on a cru au 2.0, et où on s'est rendu compte qu'un parti, comme tout parti, veut du militant pour tracter sur les marchés. De la chair à canon. De l'idiot utile pour faire les trucs chiants. Echanges de mails surréalistes entre militants. "Voila, je tracte de 7h43 à 8h53 à la gare de ..., quelqu'un peut-il me prêter un t-shirt orange taille L?" A cette époque j'ai été impressionné par la foi du militant. Je voyais en eux les vrais croyants. En me voyant en hérétique potentiel.

 

Vinrent les échecs électoraux et cette propension du centriste palois à se victimiser, à s'inventer un destin supérieur, à devenir un Lider Maximo. Novice en politique, j'ai découvert au MoDem TOUS les travers des partis auxquels je n'avais jamais adhéré pour les mêmes raisons. Culte du chef. Ligne politique rigide. Manque d'humour. Capacité à gloser doctement sur tous les sujets sur le mode du "yaka-faukon".

 

Le t-shirt orange a fini dans un container de vêtements destinés aux nécessiteux. La carte de militant a été découpée en petits morceaux et jetée. L'intérêt pour la chose publique est retombé.

 

Reste le devoir électoral. J'irai. C'est un devoir. L'essence de la démocratie. Mais, bon...

 

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18:02 Publié dans Actualité, Choses vues, Politik | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : modem, bayrou, politik | |  Imprimer | |  Facebook | | | | Pin it!

30/09/2009

Intermède politico-musical #14

Increvable Dutronc. Service minimum. Quelques concerts tous les 15 ans. Un répertoire inusable. Pour preuve, L'Opportuniste. Bijou cynique et portrait à l'acide.

 

Et pour le fun, la version d'Indochine, en 1986.

 

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16/09/2009

Intermède politico-musical #13

Midnight Oil... Beds are Burning... Un morceau qui va connaître dans les mois qui viennent une sorte de retour de flamme... Midnight Oil groupe australien dont le chanteur Peter Garrett fut un activiste écologiste acharné. Acharné au point d'investir la scène politique et d'entrer au gouvernement australien. La Roche Tarpéienne étant proche du Capitole, on lui reproche actuellement d'avoir renoncé à quelques unes de ses convictions au nom du pragmatisme politique en approuvant récemment l'ouverture d'une mine d'uranium... Ministre de l'Environnement depuis 2007, parlementaire depuis 2004... Pour le contacter directement, une visite icitte s'impose.

Retour de flamme car une cover de Beds are Burning par des artistes actuels ressurgit à l'occasion de la préparation du sommet de Copenhague en décembre prochain.

 

Teaser Beds are Burning (Dry Riverbed Version)

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