17/09/2010

Quai d'Orsay

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J'ai adoré Quai d'Orsay, de Blain et Lanzac. Tranches de la vie au Ministère des Affaires Etrangères sous Alexandre Taillard de Worms, grand escogriffe, sosie de Dominique de Villepin. Splendeurs et misères des courtisans sous les ors de la République... Le narrateur est engagé aux "langages", pour rédiger les discours du Ministre. Grandiloquence du personnage. Interventions de conseillers occultes, poètes et philosophes. Briefs abscons. 100 fois sur le métier remettez votre ouvrage, un enfer! Obsédé par Héraclite, le ministre se déplace en coup de vent, s'exprime en 4 points, considère que "tous des cons". Une visite en coulisses du monde politique, très drôle, grinçante à souhait, avec ces conseillers qui cherchent à faire carrière, attachés à un homme. Pas de conviction idéologique, juste la vie  impitoyable d'un microcosme désabusé.

Pas sûr que le livre serve Villepin, même si la démesure mégalomaniaque du personnage le rend sympathique, un peu comme le Chirac des Guignols. 

Enjoy!

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25/08/2010

Retour de vacances

Hello jeunes gens! Mr Dubuc is back.


ArcadeFire-TS.pngD'ici la fin de la semaine, je vous concocte une 45ème Madeleine et je passe à autre chose... Mais rassurez vous! Septembre, avant l'automne, c'est le grand retour de la série hebdomadaire "Dans mon iPod ce weekend". En septembre, pas avant car ce weekend, programme lourd! Rock en Seine. 3 jours de bruit et de fureur. 3 jours d'un régime alimentaire à base de kebab et de bière. Du lourd, vous dis-je! De toutes façon le Docteur Dukan n'est pas rock.

Parlons de vacances, dont la bande-son a été The Suburbs, le dernier opus d'Arcade Fire. Une pure splendeur. Mais en matière d'Arcade Fire, je ne suis pas objectif. Quoique. Inconditionnel. Régine, Win et leurs chums chanteraient l'annuaire du Québec que je hurlerait de joie, nu sous la lune. En plus Arcade Fire fermera le ban à Rock en Seine, dimanche soir.

 

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01/09/2008

Bloc-note express N°50

50ème Bloc-note express du lundi!!

the rose.jpgPour commencer, retour sur Rock en Seine... Inutile de gloser sur la défection d'Amy Winehouse... Et si on revoyait The Rose, le film de Mark Rydell... La déchéance d'une rock star, alcolo-dépressive-junkie... La compassion du public pour la choucroutée-tatouée anglaise commence à se fissurer... Une question au passage... Amy Winehouse, on y va pour la musique ou pour le plaisir malsain de la voir se vautrer sur scène? L'exposition publique de la déchéance est probablement devenue l'une des pierres angulaires de la société du spectacle...

raconteurs.jpgRock en Seine, encore... Prestation hénaurme des Raconteurs. Gros son. Grosses guitares streets.jpgsaturées à l'extrême. Coup de chapeau à The Streets, Mike Skinner et son groupe pour avoir sû conquérir un public venu pour Miss Crakhouse... Bain de foule final spectaculaire! Gros son! Hip hop à l'anglaise, mêlé à du R'N'B, pas ma tasse de thé en temps normal. Rythmique plombée, beats façon pluie d'enclumes... Du lourd! Pas de frustration!

axlrose.jpgA part ça... parlons de Guns'n'Roses... Alors que la date de sortie de Chinese Democracy, la nouvel album d'un combo dont ne subsiste de la formation originale que le psychopathe-chanteur, Axl Rose est nimbée d'un flou total, quelques morceaux traînent sur le web... A la première écoute... bonne impression et morceaux pas inintéressant de la part d'une franchise dont on n'attend objectivement plus rien... Une question au passage: comment l'ensemble sera-t-il ficelé? Les pièces du puzzle sont hétérogènes. Axl chante toujours comme le goret qui vient de réaliser que l'égorgement est proche... Hard rock, grosses guitares, claviers, machines... Y'a un peu de tout...

gomorra.jpgCôté lectures d'été, Gomorra, de Roberto Saviano (Gallimard), une plongée hallucinée et hallucinante dans la crade winterkill.jpgréalité d'une Italie gangrenée par la Camorra. Le Parfum d'Adam, de Jean-Christophe Rufin (Folio), thriller à l'écriture fluide, découverte des thèses disjonctée de l'écologie radicale... Flippant. Winterkill, Détonations rapprochées, Sanglants trophées, de CJ Box (Seuil), polar en plein coeur du Wyoming... Connelly nous a habitués au polar urbain. CJ Box nous fait visiter l'Amérique profonde, ses rednecks, ses milices d'extrême droite, ses porteurs de flingues et chasseurs de wapitis... Code 10, de Donald Harstad (Seuil), toujours du polar américain... en plein plouc-land. Prenant. Quelle Famille! de Tom Sharpe (10:18), la quintessence de l'humour anglais. Féroce!

Côté consommation de médias... Bilan personnel morne pour la presse... Achat de Libé, deux fois en un mois. Achat de Voici, plus régulièrement... Lecture très régulière des sites du Monde, du Figaro, de Libé, de 20 Minutes, sur l'écran de l'iPhone. Chacun ayant travaillé son ergonomie de façon a être d'une utilisabilité maximale.

Voila pour l'essentiel...

Enjoy!

14/03/2008

Rockothèque

Le rock ça s'écoute. Certes. Mais ça se lit aussi. Car le rock c'est une histoire, riche. C'est une plongée dans l'histoire de la musique populaire. C'est le reflet de l'état d'esprit ambiant d'une époque. Le rock, ce n'est pas uniquement une horde de headbangers décérébrés, la tête dans les enceintes, les oreilles qui saignent et les neurones flingués à coup de décibels. Ce n'est pas non plus l'analyse intello sur le signifiant et la valeur du symbole... Quoique... C'est tout à la fois. Avec le rock est né le rock-critic. Le rock-critic n'a pas été seulement un pisse-copie juste capable de dire "j'aime-j'aime pô". Il y a eu des plumes de talent. Des fous qui faute de jouer d'un instrument, ou n'ayant pas été adoubés par le Diable, ont inventé une écriture... Les Charles Shaar Murray, Lester Bangs, Nick Kent, Nik Cohn... Même Philippe Manoeuvre, dans sa prime jeunesse. Aux côtés de Tom Wolfe ou Hunter S. Thompson... Pas des rock-critics à proprement parler, mais des écrivains férus de contre-culture, soucieux d'aller au delà des performances scéniques et des soli rageurs...
Peut-on encore écrire sur le rock aujourd'hui? La dématérialisation de la musique et la surabondance de l'offre a changé la donne. Le rock-critic a un rôle de passeur, de découvreur, de déchifreur. Il est filtre de recommandation (Chris Anderson - The Long Tail, encore et encore...) mais sa tâche est immense.
Et le rock est plus familial. Moins transgressif, voire consensuel, voire organisé, orchestré. La révolte canalisée. Marketée. 
Pour les amateurs, les fans hardcore, les curieux, une sélection de livres indispensables... Sélection courte et subjective. Volontairement. Que vous pouvez enrichir! Suggestions et commentaires bienvenus!!!
 

 

 

Un ouvrage indispensable, incontournable, une Bible, sinon LA Bible... Le Dictionnaire du Rock de Michka Assayas (Bouquins). Subjectif, parfois surprenant, mais très documenté, très riche. Publié en 1999, il mériterait un enrichissement, mais reste une somme impressionnante. A acquérir immédiatement pour qui s'intéresse à la musique.

L'Envers du Rock de Nick Kent (Austral), articles et interviews, des Stones aux Beach Boys en passant par les Guns'n'Roses, les Happy Mondays, Iggy Pop, Sid Vicious... L'envers du décor. Truffé d'anecdotes, par un infiltré de talent. Sans complaisance, avec point de vue et parti-pris.

I Need More d'Iggy Pop. Autobiographie racontant les années Stooges de l'Iguane. Brut de fonderie comme l'écoute de Raw Power. Une vision de l'intérieur, sexe, drogue et rock'n'roll. Un zeste d'auto-complaisance, une forte dose d'authenticité. 

Je me souviens du rock'n'roll de Gilles Verlant (Actes Sud)... Sur le modèle du Je me souviens de Pérec, à la sauce rock. 500 souvenirs. Un magnifique exercice de style passionnant, mélangeant le futile et l'essentiel.  

Mort aux Ramones de Dee Dee Ramone (Le Diable Vauvert), traduit par Virginie Despentes. Vie et mort d'un groupe essentiel. Les faux frères se détestaient, mais ont cohabité pendant 25 ans, à la poursuite du succès. Sexe, drogue... beaucoup de dope et des scènes d'anthologie.

1684689209.jpgThe Mansion on the Hill de Fred Goodman... Un ouvrage indispensable jamais traduit en français et pourtant essentiel narrant la naissance du music business. Comment à la fin des années 60, les artistes et leurs agents ont pris le contrôle de leur production artistique, et ont échappé au contrôle absolu des maisons de disques qui avait prévalu pendant la décennie précédente. Les acteurs incontournables de cette période dorée, Dylan, Neil Young, Springsteen...

Autre opus majeur: Hit Men, de Fredric Dannen ou la naissance de l'industrie du1803623055.jpg hit aux Etats-Unis, depuis les années 30 jusqu'aux années disco. Encore du business, mais aussi du scandale, avec entra autres celui des payolas qui coûta sa carrière à l'un des deejays américains les plus fameux, Alan Freed. Non traduit en français, dommage!

Nightclubbing d'Alain Pacadis (Denoel)... Pacadis, le chantre des nuits parisienne des années 80. Punk, disco, dope, naufrage... Témoignage d'une époque révolue, et belle écriture.

Je pourrais aussi mentionner la bio de Jimi Hendrix par Charles Shaar Murray, il y en aurait tant d'autres... Commencez par ceux-là... et keep on rockin'!!! 

 Enjoy!