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Humeur

  • Requiem pour CD évaporés

    L'iPod a changé ma vie. Il y a déjà plus d'une dizaine d'années. Finies les valises de K7. Finis les pochettes bourrées à blocs de CD, extraits de leurs boîtes, le temps d'un voyage ou des vacances. L'iPod, puis l'iPhone, l'iPad, l'ordi ont permis de se balader partout avec du son. Avec une collection complète. Sacré Steve, je te dois une fière chandelle! J'en ai passé des nuits à numériser ma collection de CD. Des heures à ripper. A classer. A laisser Gracenote rechercher les références. Puis j'ai acheté moins de CD. j'ai téléchargé. Mea culpa. Mea maxima culpa. Désolé Lars, j'ai aimé Napster, puis Kaazaa, puis les torrents. J'ai rempli des disques durs. J'ai mis mes CD de côté. D'abord sur des étagères. Ils y ont pris la poussière. Puis un jour dans des cartons. Dans une cave.

    Cinq années ont passé. 

    Et l'envie m'a pris de me revisiter la collection. Pour y retrouver des sons oubliés, des notes de pochettes, des raretés un peu oubliées. Pour le plaisir tactile de manipuler l'objet. Et là, tout à coup, le drame... CD disparus. Evaporés. 

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  • Sirènes

    C'est l'été. Le temps du break, le temps du chill, le temps de la pause. Il était temps. 

    Il était temps de poser les bagages. De se poser quelque part. De presser la touche pause. De se vider la tête, le coeur et l'âme. Le temps de laisser le corps se reposer. Le temps de ne plus penser à rien, sinon au bruit des vagues sur les rochers, du vent dans les ajoncs. 

    Echapper au bruit des sirènes, qui depuis janvier 2015 n'est porteur que de mauvaises nouvelles. De sang. De mort. De merde. Echapper au bruissement obscène de l'information qui tourne en boucle. Du mensonge, de l'approximation qui répétée ad lib. devient vérité première, certitude absolue. Echapper aux images qui s'agrègent en un carrousel infernal. Jusqu'au vertige. Jusqu'à la nausée. Echapper aux gueules de circonstance des professionnels de la compassion qui ont tout compris a posteriori et qui anonnent ce qu'ils feraient si...

    Les pieds nus dans le sable, ressentir quelque chose de vrai, de pur ou presque. Frissonner au contact de l'eau toujours trop froide. S'allonger sur le sol, sur un carré d'herbe fraîchement coupée. Fermer les yeux. Sentir la chaleur du soleil qui crame la peau. Pencher la tête au dessus du bastingage, se prendre des embruns dans la gueule, trouver ça bon, prendre une vague, être trempé et même en rire.

    Fuir les rageux, les cons, les aigris, les frustrés, les haineux, ceux qui savent tout, ceux qui ne savent rien mais font comme si ils savaient, ceux qui ont la certitude d'avoir raison. Ne pas parler politique, ne pas parler fric. Fermer les écoutilles. Se taire. Ecouter. Tenter d'être attentif. 

    Marcher dans le silence. Jouir du son du silence.

    Tenter de s'émerveiller de la beauté des choses.

    Tenter le reset, le reboot. 

    Ralentir le temps, marcher à pas comptés, comme si rien ne pressait plus, comme en suspension. 

    Dormir, sans le bruit des sirènes.

    ...

    Garder quelque part à l'esprit que ce n'est qu'une parenthèse, qu'il faudra reprendre pied dans le bruit et la fureur du monde. Mais que ces instants de lâcher prise, d'abandon absolu sont nécessaires et qu'il faut en jouir tant qu'il en est encore temps. Aussi longtemps que possible.

     

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  • Je suis un cri

    Assommé. Sidéré. Mal au crâne. Mal à l'âme. Je marche comme un zombie. J'erre. Envie de rien. Envie de partir, loin. Envie de ne plus entendre la rumeur du monde.

    Je n'en peux plus des cris de douleur de ceux qui souffrent. J'ai mal à la compassion, je suis compassion, je suis l'autre, qu'il soit niçois, parisien, bengladais, irakien, turc, américain... la liste est infinie.

    Je n'en peux plus des leçons de ceux qui savent tout sur tout et qui tentent de faire croire qu'ils ont tout compris, qu'ils ont la solution, les rois du yakafaukon, les experts en tout (donc en rien), ces permanents des plateaux, en érection permanente dès qu'apparaît le micro ou l'oeil de la caméra, qui te racontent tout et son contraire, qui savent, eux, et qu'on est prêts à croire, parce qu'à force de les écouter en boucle on en devient trop cons...

    Je n'en peux plus de la fausse compassion des politiques en campagne perpétuelle, prêts à la récupération la plus crapoteuse, se jetant sur les micros tels le nécrophage sur la charogne, qui savent tout sur tout, qui ont un avis sur tout, et qui sur le fond ne font que penser à leur réélection et à leur petite carrière... 

    On n'a pas fini de les entendre, ceux qui vont réclamer des mesures d'exception, plus de flics, plus de flingues, plus de surveillance, plus d'état d'urgence, plus de restrictions des libertés au nom de la sécurité, et ceux qui vont relayer en boucle ces paroles au nom de l'audience, au nom du clic...

    La machine à fabriquer le consentement est en marche. Pour aller tranquillement vers le pire, oeil pour oeil, dent pour dent. Ce que doivent attendre tous ceux qui dans l'ombre fabriquent ces hordes de décérébrés prêts à se faire sauter, pour nous mener au chaos.

    Le vent se lève... il faut tenter de vivre...

     

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  • Au bout du bout de la life (quand j'étais blogueur)

    Quand je dis que je suis blogueur... Non en fait je ne le dis pas, plus, enfin... peut-être que si en fait. Enfin, mes potes, ceux avec qui je descends des bières et des burgers et de la bouffe de gros... enfin, bref, je m'égare déjà. Parce que l'âge. Parce que too old for this shit. Parce que, donc quand je ne dis pas que je suis blogueur, tout le monde s'en fout. Et quand je dis que je le suis, c'est vraiment parce que je suis désespéré de la life et que je n'ai pas envie de me payer un ticket de concert... Ah non, ça c'est n'importe quoi. Shut the fuck up, Donny, you're outta your element...

    Donc, je vais te parler de ma life impitoyable de blogueur... Bref, ça fait un paquet d'années, mais je ne compte plus. On ne m'imagine même pas en vacances dans des lieux improbables entouré de naïades aux mensurations de rêves. Je rentre quand même le ventre, ajuste mon polo Gap et passe un coup d'éponge sur le caoutchouc de mes Converse... La looooose, je ne suis même pas sponsorisés par une marque hyper green vendue uniquement dans un magasin équitable du bord du Canal Saint Martin qui mise à mort sur le développement durable.  Putain, c'est sûr, mes Converse sont faites par des petits enfants ou des travailleurs du tiers-monde payés en dessous du dessous du dessous du minimum; Mélanie Laurent et Pierre Rabhi me regarderont de travers lors de la prochaine conférence TEDx...

    Je regarde ma boîte mail. Il est 7heures du mat. Je me lève, je te bouscule, tu te réveilles et tu ne te rendors pas, comme d'habituuuuuuuuuude. Et je regarde immédiatement ce damné smartphone. Pas d'invite pour Calvi on the Rocks et la Villa Schweppes s'obstine à m'ignorer. Je regarde dans les courriers indésirables, ça occupe. On ne sait jamais. Coool! On m'invite à une opé "enlarge your penis"... Oooooooh, magie des internets, il y a aussi une dame d'Afrique, veuve d'un ministre qui me propose un pourcentage sur les 40 millions de dollars que feu son cher et tendre a mis de côté. Ca vaut bien le coup de lui filer mon numéro de carte de crédit, voire de faire un petit post sponsorisé que je ne dirai pas que c'est sponso... un peu d'humour et d'authenticité. Et hop! Astuce! Ca va passer! Mes lecteurs vont  adorer...

    Bon, je me gratte l'entrejambe avec délicatesse. Le chat me regarde avec cet air accusateur que seuls les chats peuvent avoir. Je le soupçonne de vouloir me buter. Mais seulement une fois que j'aurai rempli sa gamelle de croquettes. 

    Tiens, un mail de gens qui mettent en relation des blogueurs et des marques hyper cool. Et j'ai une invite pour un vide-dressing. Parce qu'ils adooooorent ce que j'écris et que je suis quelqu'un d'hypeeeer sympa. Et que c'est sûr je vais adorer ces jolis bijoux de créateur et ces petits tops de jeunes créateurs à partir de matières recyclées et durables qui sont bonnes pour ma planète... D'ac, c'est un peu chéro, mais comme disait Pascal, première gachette chez Volfoni, le prix s'oublie, la qualité reste. 

    50 mails pro plus tard. Retour à la vraie vie. Café. Re-café. 

    Envie de mordre. 

    Tweets vengeurs en mode humour noir. Réveille le troll en toi petit homme. Zaz a sorti un nouvel album. Hanouna fait des émissions de télé. Toutes ces bonnes nouvelles me mettent en joie. Une belle journée s'engage. Voici venu le temps des rires et des chants. Je me sens de l'humeur d'un Patrick Bateman qui vient d'apprendre que son restau favori est fully booked à l'heure du déj. De quoi sortir la tronçonneuse...

    Je regarde ma webcam. J'hésite. Vais-je la recouvrir de scotch noir à la Mark Zuckerberg et filmer la chose? Je devrais peut-être en faire un tuto pour faire des millions de vues sur YouTube... Au passage, je pense au Professeur Choron, qui aurait été un sublime YouTubeur... Des routines beauté à base de déjections, de vomi... Cool concept. Je note. Au cas où.

    Discute avec les collègues de bureau. Entre blogueurs. On pense concepts. On se dit qu'il y aurait un concept de télé-réalité à développer. Mettre des candidats des Anges, des Marseillais ou des Chtis dans une salle de cinéma fermée à double tours, les obliger à regarder des films de Bergman, Godard, Pasolini, filmer les réactions. On pourrait aussi inviter des blogueurs à une projection surprise de Salo ou les 120 jours de Sodome et organiser leur libération en fonction du nombre de RT... Il y a des concepts à creuser. C'est quand même hyper dur d'être créatif.

    Au bout du rouleau. Au bout de  la life. Ah, quand même une une invite de dernière minute. A un truc, je ne sais même pas quoi ni qui invite vraiment. Mais il y a marqué dans le mail qu'il y aurait à boire et à manger. Ca vaut quand même le coup de passer 15 minutes, le temps de serrer quelques mains ou pas, claquer des bises, émarger la liste, choper trois gadgets tech, un tote bag, un badge, une clé usb, une carte de visite, quelques zéro six et zéro sept, et balancer un tweet ou un instagram ultra filtré et avec les bons hashtags qui vont bien qui sont marqués sur les murs, le plafond, les ordis, le chien, les coupettes, les couverts et assiettes en bambou développement durable, les serviettes, les stickers... Hop hop hop, go go gadgeto. Vite fait, bien fait. Coupettes en mode binge. Razzia en mode Dothraki sous amphètes sur le buffet. Tuer ou être tué. Marcher sur l'eau, éviter les péages, jamais souffrir, faire hennir les chevaux du plaisir, osez Joséphine. Buffet nettoyé. 

    Hop, hop, hop, hey ho let's go. Je file chez les beaux du Silencio. Il y a showcase.

    Gratos.

    L'entrée.

    Parce que le verre est cher (et le prix s'oublie, la qualité reste, n'oublions pas...). Mais les gens sont beaux, insouciants. Les jambes longues, fuselées, bronzées. Les seins, parfaits. Les yeux, de biche. Les parfums, envoûtants. Tweets, hashtags et tout le bazar.

    Remonter à la surface.

    Se coucher la tête pleine de rêves.

    Quelle vie... Je suis au bout du bout de ma life. Il parait que je suis blogueur.

    Love. 

     

     

     

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  • Euro 2016 : je me fous du foot

    A cette minute, à ce  moment précis où je tape sur mon clavier ces mots, oui, c'est indéniable, je me tape de l'Euro 2016. Comme de ma première gamelle en vélo. Rien  cirer, à caguer, à secouer, à carrer. Je m'en tamponne le coquillard. Je sature déjà à l'idée que ça va durer un mois et qu'on va enquiller direct avec le Tour de France  et les JO de Rio. Non pas que je n'aime pas le sport... quoique... Non. Je conçois que l'on puisse se passionner pour des exploits physiques, commis plus ou moins sous l'influence de quelques substances euphorisantes pas vraiment autorisées par la faculté, mais néanmoins connues d'icelle. L'esprit de compète, le citius altius fortius, l'important c'est de participer, la grande communion solennelle, les valeurs du sport, bref, le bla bla qui va nous être déversé dans les esgourdes en mode multicanal, multimédia, multibullshit me fatigue déjà à l'avance. Pas tant pour le fait du spectacle sportif, que du décret voire du quasi-oukase qui impose de se  passionner pour la grande fête du sport. Et de soutenir les Bleus... La fête obligatoire. 

    Quel bonheur insoutenable.

    Mais il est vrai que "ça va mieux"... Reprenons en choeur, frères  et soeurs: "ça va mieux!". Ca doit déjà aller mieux rien qu'en le disant. Un peu sur le mode des moulins à prières. "Ca va mieux", c'est le nouveau "Om Mani Padme Om", ou le "Hare Krishna, Hare Rama, Hare Hare"... Ca va mieux... 

    Tenez, rien que jeudi soir, le grand pestacle d'ouverture de l'Euro 2016 avec Louane Bélier (Waouh!), Slimane (Qui est-ce?), Amir-j'ai-fini-6ème-à-l'Eurovision, Kendji Girac (qui vend des milliers de skeuds), Florent Pagny (et sa liberté de pensée), David Guetta (l'homme qui joue de la musique sans les mains)... Et Alexandra Sublet en mode "on est contents, on est avec les Bleus, ça va être top bien, on s'amuse piske ça va mieux" sous amphétamines. On ne m'ôtera pas de l'idée que même Metallica jouant The Star Spangled Banner en ouverture d'un match des Giants de San Francisco a plus de gueule que ce pauvre panel de chanteurs qui cartonnent en tête de gondole chez Carrefour et Leclerc... A  chacun son sale goût. 

    Je passe sur le cérémonie d'ouverture du match d'ouverture... Note créative : zéro. Note artistique : zéro. French cancan, Edit Piaf... 100% cliché. Sans oublier David Guetta et sa clé usb. Bref, je repense au show de Danny Boyle pour les JO de Londres, et je pleure (enfin presque). Gros malaise.

    Je passe sur le match d'ouverture ennuyeux, certes gagné... Aaaah , les larmes de Payet. Je dois dire que je m'étais un peu assoupi. Pas certain d'avoir vu le but sinon en replay. Mais le rosé était bon et la  pizza aussi. 

    Le lendemain, le russe en découd avec l'anglais, sur le Vieux Port. Les valeurs du foot, l'amitié entre les peuples, bref, le bullshit des zélateurs de la chose sportive en prend un coup. J'émets quelques ricanements. Et suis tenté par quelque raccourcis douteux....  Je m'abstiens. pas de vanne, pas d'amalgame. Rien qui puisse choquer tous ceux qui sont convaincus de l'intelligence du bon supporter de foot (le distinguo entre bon supporter et mauvais supporter est aussi subtil que celui qui sépare le bon chasseur du mauvais chasseur sorti d'un vieux sketch des Inconnus...) qui me conforterait dans l'impression originale qui me fait fuir la chose footballistique depuis un paquet d'années... Autant dire que je ne vais pas traîner mes Converse dans les "fanzones" et suggère la création d'"I don't give a fuck zones" pour les irrécupérables... Je devrais déposer le concept. J'ai choisi une dénomination anglophone pour viser large.

    Pour finir (quand même) sur une note joyeuse, et sur une contradiction, je finirai probablement (quand même) par faire le footix de base si jamais l'équipe de France fait le show. Ca sera toujours une occasion de boire des coups entre potes. Ne m'en demandez pas plus. Et ne cherchez pas à m'offrir une place pour un concert de David Guetta. Même en carré or super VIP.

     

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  • Allez les Verts

    J'avais 12 ans, je n'y connaissais à peu près rien en science footballistique. Je ne regardais pas le foot à la télé. Je n'avais même pas la télé, c'est dire. Mon cauchemar, les parties de foot dans la cour du collège. Ou le prof dont la seule passion était le ballon rond...

    Et pourtant, j'avais affiché dans ma chambre un petit poster avec les Verts, ceux de 76. Je connaissais par coeur, va savoir pourquoi les noms des joueurs, Piazza l'argentin, Curkovic le goal, Janvion, Revelli, Rocheteau, sans oublier Herbin le coach. Bref, porté par la vague verte, j'en aurais presque rêvé de le porter ce maillot vert frappé des lettres blanche MF pour Manufrance... Quoique... Je n'avais pas découvert le rock'n'roll. On se raccrochait aux mythes qu'on pouvait. Et puis les exploits de l'ASSE étaient LE sujet de conversation de ce printemps-là. Bref, il y a eu l'excitation de l'avant-match, suivie de la déprime de l'après. Post matchum animal triste. Et les poteaux carrés... Saleté de poteaux carrés. Aussi sournois que les Ardennes qui ont permis le contournement de la Ligne Maginot! Le Génie Français mis à bas par la fourberie écossaise alliée des forces tudesques! 

    J'ai du ressentir la même chose 6 ans plus tard quand l'infâme Schumacher fit sauter la dentition du vaillant Battiston. Noch einmal Gott n'était pas mit uns... Kolossale Katastrophe!!! Mais cette fois-ci en direct, devant la télé.

    Bref, en ce 12 mai, il faut oublier le bon goût, ressortir les shorts en satin et chanter en choeur, qui c'est les plus forts évidemment c'est les Verts... Presque de meilleure tenue que l'affligeante version d'I was made for loving you, concoctée par Skip The Use qu'on a connus plus inspirés...


    Allez les Verts!

     

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  • Flaneries parisiennes

    J'ai fait du sport. Et j'ai carrément mal partout.

    J'ai traversé Paris, en roller. Il faisait beau. Je suis allé du côté de République. 

    J'ai vu les slogans, les poèmes, les citations écrites sur les murs, sur le sol. Ca m'a rappelé quelques épisodes de ma jeunesse. Les mots, les phrases de Gandhi, Dom Helder Camara. C'était le matin. Un mec grattait sa guitare à l'entrée d'une construction genre yourte modèle bidonville. J'ai compris qu'en gros, le grand capital c'était le mal et qu'il fallait de l'amour. J'ai pensé à Simon & Garfunkel. Les mots des prophètes sont écrits sur les murs du métro, qu'ils disaient. So what? On va où? 

    J'ai repris ma ballade en écoutant Iggy. 

    Il faisait beau.

    J'ai pris un café en terrasse.

    Les jambes raidies par le manque d'exercice.

    Voila. 

    Fin de la parenthèse.

     

     

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  • Eagles of Death Metal, rock'n'roll et attitude

    Les Eagles of Death Metal ont fini leur concert parisien. La chose a été plus que médiatisée. L'Olympia est devenu hier soir plus qu'un lieu hype. Les psychologues se sont exprimés, on a vu fleurir dans des médias improbables des considérations sur la setlist du groupe. Quelques avis ont tranché ça et là, revenant sur les déclarations tonitruantes de Jesse Hughes à propos des flingues... Bref, comme d'habitude, il y a eu du sérieux, du moins sérieux et du n'importe quoi. J'adore le n'importe quoi. Surtout quand il s'agit de rock'n'roll. 

    In antiquis temporibus, le rock était chose maudite, le truc qui faisait peur aux parents, aux bourgeois, aux institutions. Et ceci était bon. Celui qui en écoutait le faisait d'abord par plaisir, et pour le plaisir de faire chier son prochain. Plaisir secondaire, mais néanmoins procurant une forme de jouissance. Don't criticize what you don't understand. Dylan avait raison. Vos mômes ne sont plus sous votre contrôle. Eclats de rire narquois des mômes. Les sales gosses ont gagné. Il y eût Tipper Gore dans les années 80, l'épouse de Al "une vérité qui dérange" Gore, en croisade contre les affreux métalleux sataniques. Je revois ces images de Frank Zappa en costard allant défendre la cause devant le Sénat américain... Jouissance. Le rock conservait sa dimension consubstantiellement hédonique. Le son à fond, hey ho, let's go. 

    Les mômes ont eu des mômes. Il y a eu passage, transmission générationnelle. On allait au concert en famille. On se réjouissait de voir ses enfants puiser dans la discothèque familiale pour remplir leur iPod de pépites issues du répertoire des Who, des Stranglers. Il y eut même ce glorieux moment personnel où l'une de mes filles de demanda de baisser le son alors que j'écoutais Suicidal Tendencies à un volume sonore forçant le respect, dans le but probablement inconscient d'emmerder mes voisins, comme je l'avais pratiqué pendant ma sage adolescence... Ecouter du rock avait quoi qu'il en soit, perdu son potentiel de nuisance. C'était devenu une affaire de goût personnel. De sale goût. Mais quelque part quelque chose de mainstream. PhilMan était juré de la Nouvelle Star, Ungemuth pigiste au Figaro...

    Mais revenons aux Eagles of Death Metal. Pas un groupe majeur jusqu'au 13 novembre. Un groupe qui entre dans l'Histoire de manière follement, tragiquement, atrocement contingente. Un groupe comme il y en a des dizaines aux Etats-Unis. Un groupe que j'avais vu à Rock en Seine en 2009, parce que porté par la complicité entre Jesse Hughes et Josh Homme. Cette année-là, j'avais laissé glisser le concert puissant et sympathique des EODM, et avais franchement joui quelques minutes plus tard en écoutant Them Crooked Vultures, Josh Homme, Dave Grohl, John Paul Jones. Comme j'étais en transe lors du concert des Queens of the Stone Age l'année suivante. Josh Homme, toujours. Il n'était pas à Paris le 13 novembre. Qu'importe. Il fait partie de ces hyperactifs de la cause rock'n'rollienne, toujours sur la brèche, toujours sur un projet. Ne se reposant pas sur les ventes colossales d'un seul album et faisant des breaks interminables le temps d'assurer le service après-vente. Il crée. Comme Ty Segall, mais aussi comme les grands des 70s. Comme Bowie, capable de sortir coup sur coup, sans plan marketing particulier un album majeur par an. Comme Picasso, créatif, touche à tout. Multi-instrumentiste, expérimentateur, apprenti-sorcier. D'EODM, j'avais retenu l'attitude toute en déconne de Jesse Hughes, parodiant les postures des stars du rock. Un côté volontairement Spinal Tap. Et une musique puissante. Pas follement originale, mais finalement conforme aux standards de base du rock, jouer fort, se donner à fond pour son public, suer, déconner, faire le show. 

    Aujourd'hui, EODM est entré dans la légende. Par la case attentat. Il y a eu des concerts tragiques, des morts dans des festivals. Mais jamais de tuerie de masse. On peut comprendre l'émotion, le trauma du type qui est sur scène dans une posture hédoniste, qui se prend la tragédie dans la gueule, qui voit son monde d'entertainment et de déconne inoffensive s'effondrer devant lui. Ce n'est pas rien. Qu'aurions-nous fait à sa place, hein? On se serait chiés dessus, on aurait flippé, on aurait pas joué les Rambo. Je suis prêt à le parier. Et ouais, Tuco, dans la vie, il y a deux type d'individus, ceux qui ont des Kalach et ceux qui creusent. Hélas. EODM est un groupe mineur et tragique. Fin de l'histoire. Un groupe de rock'n'roll, sans prétention particulière autre que le fun, le gros son. L'une des multiples facettes du rock, entre Bono (je vais à Davos causer avec les grands de ce monde de la planète qui va mal), et Chris Martin (je suis tellement transparent que je ne dis rien et le rock c'est un job comme un autre)... 

    Finalement, il est réjouissant que d'aucuns s'offusquent encore de déclarations à l'emporte-pièce sur Dieu, Donald Trump et les flingues. Il est réjouissant que certains s'étranglent à propos des gestes obscènes de Phil Anselmo. Dans un monde où tout est lissé, calculé, où chaque parole est pesée, marketée, calibrée. C'est la légende du rock. C'est son essence, faite de sueur et de foutre. D'attitude. Ted Nugent est un vieux con, chasseur et fan de la NRA. N'empêche que même plus de 30 ans après sa sortie, Cat Scratch Fever est un monument. Jerry Lee Lewis est un vieux con méchant. Whole Lotta Shakin Goin' On, une des pierres angulaires du rock. Iggy, même assagi, restera toujours le vieil oncle sale qui montre sa bite et raconte des histoires salaces devant les enfants le soir de Noël. La liste est longue. 

    Le rock doit conserver son potentiel de nuisance. Continuer à faire un petit peu peur. Ne pas être un exemple pour la jeunesse. Ni pour la vieillesse d'ailleurs. Et faire chier. Agacer. Enerver. Choquer. Etre excessif. Bordélique. Faire saigner les esgourdes. Etre mal élevé, doigts dans le nez, majeur levé, mal coiffé. Pour nous rappeler qu'on est vivants. Et pas juste de braves petits soldats qui font où on leur dit de faire, dans un monde aseptisé fait de limiteurs de bruits, de législation anti-tout, de religieux hyper-sensibles de tous poils et plumes, de politiques prêts à tout pour plaire, de divertissement de masse et esprit festif obligatoire. 

    Hey Hey My My Rock'n'roll Will Never Die

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  • Fin d'année

    Quelle année... Qui commence dans le sang alors qu'on ne demandait rien à personne. Qui se termine dans le sang. Ou presque. Enfin c'était il y a presque 6 semaines. C'est déjà presque loin, ça commence tout doucement à s'estomper. Tout comme Charlie. Quoique. Janvier et ses courtes journée, janvier et son petit froid, sa pluie. Janvier et ses journées glauques. Janvier. Et ce soir de novembre, où Twitter t'apprend que ça tire dans Paname. Et... La suite est connue. Les impressions du moment et de  l'après, je les garde. 

    Faire un bilan, faire le tri. Ne garder que les jolies choses. Les choses fortes. Réconfortantes. Les concerts, les festivals, les films, les livres, les séries, les rencontres, les bonnes choses, un paysage, une image, un rire, un instant de plaisir. Se remémorer tout ça, ne garder que ça. 

    Voila le programme.

    Pour repartir tout fringant vers 2016. La truffe humide, l'oeil vif, la queue frétillante (métaphore canine que les choses soient claires). 

    A part ça, que retenir, sans tenter le best of à la con, meilleur album, meilleur concert, meilleur film, meilleur livre... 

    Juste une liste en vrac de moments... Pour le prochain billet. #flemme (prononcer "hashtag flemme" en faisant le signe avec les doigts croisés...)

    A+

    Mr Dubuc

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  • Rock'n'roll attitude

    Musique avant tout. Musique à fond. Partout, tout le temps. Depuis longtemps. Faire du bruit. Mettre tous les curseurs sur 11. Coller tous les niveaux dans le rouge. Danser comme un fou devant la scène. Ivre de sons, ivre de bière. Pogoter sur 3 accords. Jouer de l'air guitar les yeux fermés. Tenter de chanter plus fort que les Marshall. Se faire péter les cordes vocales en braillant Highway to Hell ou Stairway to Heaven. Secouer la tête à s'en déboîter les cervicales. Rester debout des heures. Sauter en l'air. Tendre le majeur vers le ciel. Lever le poing. Index et auriculaires tendus. Onduler avec ses frères et soeurs de concert juste quelques heures. Etres ébloui par les projecteurs. Sous la pluie. En plein soleil. Dans un stade, une arène, un champ, un parc, un club, un bar. Moments inoubliables. Moments de folie pure. Moments de communion. Moments d'émotion. Moment de délire. Moments juste beaux. 

    La folie avinée des Pogues. La folie pétique d'Higelin. Les harmonies des Fleet Foxes. Les riffs d'Angus Young. Les rythmes martiaux de Rammstein. La furie électrique de Neil Young et Crazy Horse. Le gigantisme de Pink Floyd à Versailles. Le Mur de Roger Waters. Le mur de son des Queens of the Stone Age. La déglingue d'Iggy et des Stooges. La voix incertaine de Rodriguez. Les nuits Fauve au Bataclan. Le jeu de guitare de Willie Nelson. L'épure d'Eyeless in Gaza. Le picking de Mark Knopfler. Les Shiny Happy People de REM. Le Karma Police de Radiohead. Les trois heures de Springsteen qu'on aimerait voir durer encore et encore. Le bordel des Libertines. L'araignée de Robert Smith. La voix de Siouxsie. Les mélodies des Bewitched Hands. Le délire communicatif de Didier Wampas. Le weekend à Rome de Daho. Les harangues de Jello Biafra. Le blues crade de Seasick Steve. Les cheveux d'Alison Mosshart. La magie des Sparks. Les yeux d'Anna Calvi. Quelques souvenirs en vrac. Il y en a tant d'autres.

    On fait quoi maintenant? On y retourne. On y retournera. Pour le fun. Pour la joie. Pour être ensemble. Parce que c'est léger. Parce qu'on a besoin de cette légèreté dans un monde qui part en vrille. 

    Mais on gardera inscrit quelque part, gravé dans la chair, imprimé dans la mémoire, ce putain de 13 novembre 2015. On chialera en silence. On pleurera notre innocence définitivement perdue. On se regardera. On regardera l'autre, on ne sait jamais. On aura ce petit pincement quelque part. Et si... Difficile d'évacuer. Les salles de concert, les festivals. Tous les lieux que ces crevards frustrés, aux cerveaux abominablement lavés aux croyances moyen-âgeuses, rêvent de voir effacés. Au nom de quoi? Au nom de qui? Dieu, Yahvé, Allah s'en battent les cojones. Ils ont créé l'Homme libre. Pour qu'icelui ait la latitude de ne pas croire en eux, les gars. What else? What the fuck?

    En attendant, messieurs-mesdames les talibans, Hey Hey, My My, Rock'n'Roll Will Never Die.

     

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